‹ Contribution à l'étude du sarcome des gaines tendineusesChapitre 19 sur 23 · FN OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

FN OBSERVATION VIII

(Bazy. — Bulletin de la Société anatomique, 1907) d : È ) :

\ Fibro-sarcome à myéloplaxes de la gaine des fléchisseurs | de l’auriculaire gauche

J'ai l'honneur de présenter à la Société une petite tumeur analogue à celles que Heurtaux, de Nantes, a décrites le premier en 1891 sous le nom de myélome des gaines tendineuses. Je l'ai enlevé le 26 janvier dernier à un homme de 41 ans, qui l'avait vue apparaître cinq mois auparavant et grossir peu à peu.

Lorsque j'eus l’occasion de l’examiner, je constatai une petite tumeur du volume d’une petite noix, siégeant à la face palmaire de l’auriculaire gauche, en regard du corps de la deuxième phalange. | Cette petite tumeur, dure, lisse, régulière, présentant. cependant une légère trace de lobulation, n'était adhérente ni à la peau qui glissait parfaitement sur elle et en tous sens, ni aux tendons.

Les mouvements du doigt étaient d’ailleurs parfaitement normaux et seul le volume de la tumeur venait y apporter un léger obstacle. Il était donc évident cliniquement qu'il s'agissait d’une tumeur de la gaine.

L'examen histologique m'en a montré la nature. À un faible grossissement, on voit que la tumeur est essentiellement constituée par un tissu fibreux très. dense, surtout par endroits, et par des cellules conjonctives du

type adulte.

bis LE De place en place et le plus souvent groupées en amas au milieu d'un tissu moins riche en tissu fibreux, on aperçoit des cellules géantes multinueléées, variables comme dimension el comme forme. Aucune de ces cellules géantes n'est dégénérée. Il s’agit donc bien de

véritables myéloplaxes. L'examen à un faible grossisse- :

ment nous permet également de nous rendre compte que la tumeur est excessivement peu vasculaire. À un plus fort grossissement on peut se rendre compte des rapports réciproques de ces différents éléments.

Le tissu fibreux dense forme une sorte de tissu réticulé dans les mailles duquel sont emprisonnées les cellules conjonctives. Celles-ci sont polymorphes, le plus souvent d'apparence fuso-cellulaire. Leur noyau est vivement coloré, leurs limites nettes ; aucune ne présente de traces de karyokinèse. |

Autour des myéloplaxes, elles sont, par rapport au tissu fibreux, plus abondantes.

Néanmoins, les myéloplaxes se trouvent au centre

d'espaces plus clairs et les cellules qui les avoisinent.

présentent souvent des traces de dégénérescence, se traduisant par l'état vacuolaire du protoplasma. On peut noter, en outre, que les vaisseaux, très rares, sont le plus souvent du tÿpe embryonnaire, qu'ils n'ont pas en tout cas cette apparence fibreuse que Heurtaux leur assigne ; qu'il existe enfin, disséminés au milieu des éléments cellulaires, de petits amas de pigment sanguin. J’ajouterai pour terminer qu'il est possible que cette tumeur ait, comme le veut Venol, une origine osseuse, mais qu'il m'a été impossible, au cours de l'opération, de déceler le moindre pédicule rattachant la tumeur au squelette

digital.

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