CHAPITRE I
lÉTIOLOGIE
Malgré les recherches anatomo-pathologiques et expérimentales faites sur le cancer, l'incertitude règne sur lagent causal de Faffection, et l’on reste dans le domaine des hypothèses généralement admises. A la onzième conférence internationale pour l'étude du cancer, tenue à Paris du 1” au 5 octobre 1910, MM. Brault et Faroy, rapporteurs, après avoir passé en revue et discuté les diverses théories admises, arrivent à cette conclusion nécessairement provisoire, qu'à considérer l’histogenèse, le cancer nous apparaît comme «une déviation aux lois du développement normal et aux actes qui régissent l'entretien, la rénovation et la réparation des tissus, sans que nous - puissions dire exactement quel est le mobile réel de
cette métamorphose ».
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La question du parasitisme des tumeurs a été étudiée par M. Borrel (de l'Institut Pasteur). La cellule cancéreuse est pérenne ; celle notion permet de définir le processus cancéreux et les tumeurs malignes dans Île cancer expérimental; mais, quand le cancer évolue sponlanément, cette multiplicalion de la cellule cancéreuse indéfinie est constamment précédée de la transformalion de cellules jusque-là normales en cellules cancé-
reuses, suivant un processus analogue aux processus
infectieux. La fréquence du cancer en certaines régions, voire même dans certaines maisons, la localisation de certaines formes, sont des arguments
sérieux en faveur d'une cause extrinsèque à l’orga-
nisme.
En ce qui concerne le sarcome des gaines tendineuses dont l’origine est médullaire pour les uns, osseuse pour d’autres (Vernot), il nous semble que le traumatisme est le premier en cause, facteur occasionnel sans doute, mais indubitable de la provocation de la néoplasie. En effet, sous l'influence d’un excitant extérieur physique (traumatisme), chimique (caustique), des cellules restées à l’état embryonnaire dans l'organisme entrent en voie de karyokinèse très active, envahissent les tissus circonvoisins, les refoulent, tout en conservant leur type de forme initial, ce qui caractérise une tumeur maligne.
Au cours de nos observations nous relevons différentes sortes de traumatismes provoquant à plus où moins brève échéance l'apparition d’une tumeur le long de la gaine des tendons traumatisés. 11 s’agit d’une entorse dans les cas de Marchoë-Longuet-Landel. C’est un écrasement du pouce gauche qui, dans le cas de Fritsch, est suivi vingt ans après de deux volumineuses
ne
tumeurs siégeant aux éminences thénar et hypothénar ; ailleurs, c’est un clou entré dans la plante du pied, provoquant dans la suite une tumeur au niveau de la gaine du long extenseur. C’est'un coup de règle sur un doigt, le frottement incessant du ciseau au niveau du médius droit chez la couturière (cas de Bonjour). Au pied, signalons le frottement de la chaussure {cas de Rosenthal). |
En dehors du traumatisme direct, nous placerons le surmenage des tendons intéressés et de leur game, les pressions soutenues et répétées spécialement pour les fléchisseurs de la main.
Il s'agissait, dans un cas que nous publions (Fritsch); d’une tumeur congénitale au niveau dela malléole interne du côté droit, réveillée chez un sujet de 31 ans depuis deux ans, sans traumatisme initial et qui se serait mise à grossir sans douleur appréciable.
De nos observations ressort que ce genre d'affection des gaines est plutôt l'apanage de la jeunesse ou de l’âge mûr sans grande prédilection de sexe. L'hérédité et le tempérament arthritique sembleraient y prédisposer; il découle que le traumatisme intervient chez les prédisposés par des tares antérieures, ancestrales, comme cause adjuvante de l'apparition de ces genres de tumeurs: fait à considérer au point de vue médico-légal.
hs