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CHAPITRE IV

SYMPTOMATOLOGIE

Comme dans toute néoplasie, dans le sarcome des gaines tendineuses le premier symptôme en date est la lumeur. Son siège le long des gaines synoviales la rend facilement accessible à la vue, elle affecte avec une prédilection toute spéciale les gaines des tendons fléchisseurs des doigts et des orteils, des extenseurs pour Rosenthal dans ses 70 observations: du jambier antérieur ou du long premier latéral (Broca) ; de la paume de la main (Schwartz). |

Tumeur variable dans sa forme et ses dimensions ; de la grosseur d’une noisette à une noix, au début ovoïde ou piriforme, pouvant rester des années dans cel état, puis ‘subitement, souvent sans cause appréciable, se mettant à grossir rapidement et atteignant le volume du poing ou d’une orange, comme dans l'observation de Fritsch: il

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s'agit d'un homme âgé de 32 ans, qui depuis.sa naissance présentait au niveau de la malléole interne du pied droit une tumeur grosse, comme une noisette, et qui subitement à l’âge de 29 ans se met à grossir el en ? ans, acquiert le volume du poing. Dans une deuxième observation du même auteuril s'agit d’un homme de 70 ans, présentant à la face palmaire de la main gauche deux orosses bosselures multilobées, surtout prédominantes au niveau des éminences thénar et hypothénar. Dans les observations de Lenziel Abetli les tumeurs n'auraient pas dépassé le volume d’un haricot à un œuf de poule. Tumeur de faible volume oscillant entre celui d’un pois el celui d’une grosse orange, ou du poing, parfois à plusieurs lobes (Longuet).

La consistance en est ferme, élastique, souvent dure; dans le cas signalé plus haut, les tumeurs des éminences thénar et hypothénar, les tumeurs bosselées étaient tendues et fluctuantes, faisant songer à la probabilité d’un lipome arborescent. Rarement de consistance molle, sauf dans le cas d’ulcération avec infections secondaires.

La coloralion de la peau n'est pas modifiée, sauf dans un cas signalé par Rosenthal où la peau était bleuâtre au niveau de la tumeur qui était tout particulièrement douloureuse. Absence de chaleur locale ; pas de retentissement ganglionnaire à la racine du membre ; le plus souvent la tumeur est indépendante de la peau qui glhsse sur elle, sauf dans ce cas où la peau était particulièrement colorée.

Considérée dans ses rapports avec les tissus voisins la tumeur adhère rarement aux tendons ; ceuxci, libres dans leur gaine, glissént, gênés seulement par le développement de ce corps étranger qui peut parfois amener, par un volume excessif, de la raideur

Rp Res ou de la rétraction, comme dans le cas de Fritsch où les doigts de la main étaient ramenés en griffe sur la tumeur.

Par contre, elle adhère souvent aux plans profonds et l’on constate de limmobilité dans le sens transversal et surtout dans le sens vertical. Dans le cas. rare où il y aurait adhérence totale, on constaterail, comme dans une de nos observations du service, limpossibilité absolue de réaliser l'extension des doigts.

À la gêne fonctionnelle, à la raideur, s'ajoute un symptôme qui manque rarement : la douleur.

Nulle où peu intense au début surtout dans les formes congéniltales ou à lente évolution, elle finit par prendre un caractère de ténacité que rien ne soulage et qui amène le malade à consulter; parfois elle devient térébrante, irradiant le long de la gaine, remontant le long du tendon jusqu'à l'origine du muscle, semblant siéger alors dans los même du membre. Rares sont les cas où la douleur a fait totalement défaut; elle était toujours plus ou moins provoquée, soit par le mouvement de va-et-vient de la chaussure, soit par la pression à son niveau.

L'état général du sujet reste bon; pas d'amaigrissement notable : l'appétit est conservé.

En somme, nous avons affairé à des tumeurs Île long des gaines, ovoïdes ou piriformes, de la grosseur d'un pois à une orange, sans relentissement ganglionnaire, s'accompagnant d'une certaine gêne dans les mouvements el le plus souvent de dou-

leur.

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