Fano. Gazette des Hôpitaux
Béchaux 4
section de la peau et du tissu sous-cutané, siègent parfois seulement dans le tissu cellulo-adipeux comme c'est encore le cas pour notre observation de sarcome mélanique généralisé (obs. 1) et ne prennent pas leur point de départ dans la couche muqueuse de Malpighi qui est le siège du pigment à l'état normal.
Virchow explique la formation du pigment dans le pannicule adipeux par ce fait que les vésicules graisseuses contiennent souvent à l’état normal des granulations pigmentées.
Les tumeurs cutanées ou sous-cutanées ont une consistance généralement assez ferme, propriété qu’elles doivent surtout à l'abondance des fibres élastiques de la région ; leur surface de section est plane, leur couleur varie du brun jaunâtre au brun noirâtre
ou au noir.
Etude histologique
Voyons ce que l’on trouve à l'examen histologique d’un de ces nodules mélaniques.
Si la coupe est très voisine du sommet du nodule, elle rappelle à un faible grossissement l’aspect d’un carcinome alvéolaire : on aperçoit en effet une série d'ilots arrondis formés d’amas de cellules pigmentées et séparées les unes des autres par des bandes de tissu intermédiaire. Mais il est facile de s'assurer que ces bandes de tissu intermédiaire se continuent directement sur les bords
de la coupe avec l’épiderme qui coiffe le nodule et qu'elles représentent les invaginations interpapillaires de cet épiderme. D'ailleurs quand ia coupe porte sur les régions voisines de la base du nodule, cette apparence n'existe plus ; on a sous les yeux unilot unique entouré de toutes parts par l'épiderme.
L’épiderme est à peu près normal; il paraît légèrement aminci; quelques cellules sont en voie de karyokinèse ; nulle part on ne trouve la moindre trace de pigment mélanique ; cependant on rencontre, cheminant entre les cellules malpighiennes, quelques cellules migratrices plus au moins chargées de pigment mélanique.
Le derme est profondément altéré quand il s’agit de nodule intra-dermique et il est impossible d’établir une démarcation avec l’hypoderme. A un faible grossissement on reconnaît que ces parties sont le siège d’une hyperplasie cellulaire extrême ; la structure du derme est méconnaissable. C’est une agglomération d'éléments cellulaires tassés les uns contre les autres dans laquelle on reconnaît déjà des groupements distincts, s’enchevétrant dans toutes les directions ‘et donnant l’aspect de véritables tourbillons.
Ces tourbillons correspondent à autant de groupes cellulaires disposés en faisceaux. Les uns sont coupés perpendiculairement ou obliquement par rapport à leur direction générale et simulent des îlots arrondis ; les autres sont coupés longitudinalement et représentent des bandes plus ou moins larges et lon: