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gues. L'imbrication de tous ces faisceaux est tellement étroite et serrée qu'il ne reste aucune trace du derme normal, sauf en quelques points où la tumeur est moins avancée dans son évolution et ne se montre que sous la forme de petits îlots disséminés. En ces points la disposition du néoplasme rappelle celle du carcinome et le diagnostic serait presque impossible si l'examen des autres régions de la préparation ne permettait d'éviter l'erreur.
Si l’on étudie de plus près les cellules, on reconnaît qu’elles sont pour la plupart allongées, renflées en leur milieu et affilées à leurs extrémités. Elles s’accolent les unes aux autres et ne laissent entre elles. pour ainsi dire aucun espace libre. En un mot l’on a affaire à des cellules du type fusiforme ; les caractères dénotent la nature sarcomateuse de la tumeur. Cependant il est à remarquer que cette morphologie fusiforme des cellules n’est pas loujours évidente : ce n’est que dans les régions où l’infiltration des éléments par le pigment n'existe pas encore ou n’est qu’à l’état d’ébauche que cette structure est nette. Au contraire, dans les parties complètement envahies par le pigment, les cellules ont perdu leur forme initiale et présentent les aspects les plus variés. Les unes sont énormes, ovalaires ou rondes, les autres sont cubiques, d’autres plus petites et irrégulières, pour ainsi dire fragmentées, d’autres enfin restent | fusiformes plus ou moins nettement. En d’autres termes quand l’infiltration est peu prononcée, la cellule conserve encore sa forme en fuseau, mais elle
tend déjà à se gonfler et à s’arrondir ; ses extrémités s’émoussent, son centre se renfle ; la mélanine est disposée dans le protoplasma en grains isolés les uns des autres et laisse encore voir un noyau très distinct. Lorsque l’infiltration est plus accentuée, les grains de mélanine se tassent et arrivent à former de véritables blocs déformant la cellule ou masquant le noyau. Si l’infiltration mélanique domine vers l’un des pôles, la cellule prend la forme d’une raquette ; puis elle s’arrondit de plus en plus, si bien qu’à un moment donné elle devient méconnaissable et est remplacée par un bloc de pigment mélanique homogène. Il est probable qu’à ce stade d'infiltration totale, la cellule se désagrège, se fragmente et donne ainsi naissance à ces blocs cubiques ou irréguliers que l’on voit souvent en si grand nombre au sein des faisceaux cellulaires du sarcome mélanique. La fragmentation des cellules surchargées de pigment mettrait donc la mélanine en liberté et c’est ainsi qu’on peut expliquer la présence de grains et de blocs de mélanine disséminés en grand nombre dans les espaces intercellulaires.
Le microscope permet de faire encore une autre constatation. Dans les états sarcomateux de formation récente qu’on trouve en différents points des coupes, il existe constamment un vaisseau ; le plus souvent c’est une artériole de très petit calibre ou un capillaire. La lumière de ce vaisseau occupe le centre de l’ilot ; parfois elle renferme au milieu d’un amas de globules rouges une cellule ronde chargée
de granulations mélaniques ; ses parois sont intimement soudées au tissu sarcomateux avec lequel elles font corps, sans qu’il soit possible de distinguer une démarcation précise ; toutautour d’elles sont rangées, en forme de manchon, des cellules arrondies, infiltrées de mélanine ; plus loin les cellules ont une configuration fusiforme et s'imbriquent étroitement les unes contre les autres. Les lésions de début permettent de saisir le mécanisme qui préside à la formation des productions néoplasiques secondaires en montrant le rôle joué par le sang, vecteur d’embolies spécifiques et la part prise par les cellules conjonctives de la paroi vasculaire.
Diagnostic