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Le diagnostic est, il faut le reconnaître, pour ainsi dire impossible, lorsque la tumeur primitive est souscutanée et n’a pas encore manifesté sa coloration. Mais lorsque cette coloration devient visible, qu’elle soit nettement couleur sépia ou brun noirâtre ou encore violacé très foncé et tirant sur le noir, elle est caractéristique et doit permettre à elle seule, en règle générale, d'affirmer la nature mélanique de la tumeur.
Il faudra donc écarter un certain nombre de tumeurs peu où pas colorées : gomme syphilitique ou tuberculeuse, lipome, molluscum fibreux, myome, neurome, tubercule lépreux.
Le xanthôme tabéreux a une coloration jaune bien différente de la teinte sépia ou bleu noirâtre des tumeurs mélaniques. De plus les sièges de prédilection (les parties pointues des membres) et sa marche clinique le distinguent du mélano-sarcome.
Le mycosis fongoïde pourrait peut-être préter: davantage à la confusion, tout au moins la forme à tumeurs d'emblée, que Perrin a appelé sarcomatose pseudo-mycosique. Ces tumeurs ont une coloration rouge vineuse, mais ce qui est plus caractéristique, c'est leur évolution : au bout de peu de temps elles s’amollissent et s’ulcèrent.
Les nævi pigmentaires sont souvent l’origine des sarcomes mélaniques (obs. XI) : mais il est à peu près impossible de préciser le moment où la tumeur inoffensive se transforme en tumeur maligne.
Quant à la nature sarcomateuse de latumeur mélanique primitive on ne pourra létablir d’une façon certaine qu’à l’aide du microscope.
Evolution. — Comment évolue le sarcome mélanique de la peau? La période de l’évolution de ce sarcome avant que l’économie soit infectée dure un temps plus ou moins long, mais moindre en général que dans les autres variétés de tumeurs malignes. Bientôt en effet les ganglions lymphatiques les plus voisins de la tumeur, ceux de la base des membres : de l’aine, de l’aisselle, ceux du cou lorsque la tumeur siège à la face, se tuméfient et dégénèrent. Leur volume est plus ou moins considérable ; au début ils se laissent isoler de la capsule fibreuse, mais
plus tard ils conlractent des adhérences avec le tissu périphérique, également dégénéré et il est alors difficile de s’assurer macroscopiquement que ce sont bien réellement des ganglions lymphatiques. Mais on trouve habituellement dans la même région … d’autres ganglions plus petits, également dégénérés, quoique reconnaissables encore. Les lésions constatées par l'examen microscopique offrent le type du sarcome mélanique. C’est là le premier temps de l'infection, qui arrêtée un moment aux ganglions, se généralise ensuite dans les principaux tissus et organes. L'observation IV est un exemple frappant de cette généralisation.
Pour ce qui est de la peau et du tissu sous-cutané, l’évolution des tumeurs secondaires est caractérisée par leur pullulation plus ou moins rapide, par l’atrophie et la disparition quelquefois de l’une ou l’autre et enfin par leur ulcération. Ces faits ont été bien étudiés par Perrin (1), et sont aujourd’hui classiques.
Le début de chaque tumeur secondaire est marqué par l’apparition d’une petite élevure qui vient faire saillie sous la peau. Du volume d'une tête d’épingle d’abord, elle s’aceroît rapidement à mesure qu’elle se développe, l’épiderme qui la recouvre s’amincit et laisse voir par transparence sa coloration grisàtre. Bientôt elle apparaît avec tous ses caractères