EVOLUTION ET TRAITEMENT
Evolution du sarcome mélanique
Nous avons déjà vu précédemment à propos du sarcome mélanique de la peau que la marche du mélano-sarcome est envahissante. La généralisation se fait surtout par la voie lymphatique, mais aussi par la voie sanguine, atteignant le plus souvent à la fois les ganglions lymphatiques, la peau ou le tissu sous-cutané ét la plupart des viscères; le foie, en cas de généralisation, est presque toujours plus ou moins infiltré (obs. I, II, IV, V, VII).
La date d'apparition des tumeurs cutanées ou sous-cutanées secondaires est très variable, elles peuvent apparaître au bout de quelques mois, comme aussi elles peuvent ne se montrer qu'après deux ou trois ans et même davantage. Parfois, dans le cas d’une localisation primitive à la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané, une ou plusieurs tumeurs apparaissent autour de cette tumeur primitive. Quelques-unes peuvent entrer en voie de régression, disparaître même tout à fait (obs. X) et ne laisser
qu’une tache noirâtre ou même aucune irace de leur existence; mais elles peuvent aussi reparaître à la méme place. Parfois les tumeurs s’ulcèrent et présentent alors un fond végétant noirâtre, entouré d’un bourrelet induré.
L'ulcération, très rarement hémorragique, produit un peu de pus et un liquide épais, noirâtre. À cette période les malades se cachectisent, que la générali- | sation soit limitée à la peau ou qu’elle ait envahi les viscères.
La terminaison est toujours fatale et la mort survient en général rapidement. La durée d’évolution varie en général de trois mois à quatre ans après le début de l'affection. Rappelons que, dans le cas de Cozzolino, la généralisation suivie de mort s’est faite en moins de deux mois.
Traitement
Force nous est de constater que la thérapeutique médicale est désarmée vis-à-vis de cette terrible maladie.
Nous avons indiqué à propos du sarcome mélanique de l’œil le traitement que, d'accord avec un cerain nombre d'auteurs, nous croyons être le meilleur.
Contre le sarcome mélanique de la peau on a essayé la méthode de Cerny-Truceneck consistant
dans l'application journalière sur la surface des épi-
théliomas cutanés ulcérés d’une solution d'acide arsénium de 1/150 à 1/80, méthode qui a donné des guérisons dans les cancroïdes de la peau. Mais elle ne semble pas agir dans le cas de sarcome mélanique.
Spronk (1) a traité deux cas de mélano-carcomes par des injections de toxine streptococcique à doses progressivement croissantes. Il obtint la régression temporaire de quelques tumeurs, mais sa médication n'eut pas de résultat plus heureux que toutes celles tentées déjà par d’autres expérimentateurs.
Quant à expliquer le mode d'action de cette thérapeutique, l’étiologie inconnue de cette affection ne permet pas de le faire actuellement.
Enfin on a eu aussi recours à la sérothérapie qu'Emmerisch et Scholl d’une part, Richet et Héricourt d’autre part, ont expérimentée en vue de combattre les néoplasmes.
Nous avons personnellement fait une trentaine d’injections de sérum hippomélanique de 20 centimètres cubes chacune à notre malade atteinte de sarcome mélanique généralisé (obs. [) ; mais nous n’avons pas noté la moindre amélioration, ni même un arrêt dans l'évolution du mal. Il est juste d’ajouter que la malade était déjà à la période de cachexie.
Quant au traitement par l’arsenic, il nous semble qu'on ne peut pas affirmer qu’il a une action spécifique sur le sarcome mélanique, mais qu'il agit surtout comme reconstituant et tonique et met l’indi-