TOC
Les disques intervertébraux conservent cependant leur aspect blanc.
Dans la voûte cranienne, on voit cinq ou six dépôts infiltrés dans le tissu osseux.
Le fémur du côté droit, qui est enlevé, présente dans tout son canal une matière fluide, noire, boueuse ; le tissu est fongueux sur cinq ou six points, surtout au col ; il présente la même altération que les corps vertébraux ; quant au tissu compact, vers le tiers supérieur de l'os, il est tellement raréfié et ramolli, qu'il suffit de faire passer un jet d'eau un peu vigoureux pour déterminer une perforation complète. La couche compacte a d'ailleurs beaucoup diminué d'épaisseur. Les cartilages articulaires sont sains ; les autres parties du squelette n’ont pas été examinées ; les systèmes artériel et veineux sont sains ; on sait d’ailleurs qu'il n’y a eu aucune trace d’œdème pendant la vie.
Examen microscopique fait par Cornil. — Le 29 novembre 1864, M. Cusco enleva deux petites tumeurs cutanées de la grosseur d'un petit pois, au niveau desquelles la surface de la peau était soulevée et brune. Ces petites tumeurs de coloration sépia foncée étaient assez dures, à coupe lisse et plane. En les raclant légèrement on obtient un peu de sue laiteux ténu. Le liquide examiné au microscope immédiatement après l’ablation des tumeurs était blanchâtre et non coloré en bran, comme les parties dont il provenait. Il contenait des éléments épithéliaux : noyaux et cellules qui avec un grossissement de 600 diamètres (objectif 9 à immersion de Hartnack, oculaire 3) présentaient les caractères suivants : Les noyaux, libres ou contenus dans une cellule étaient ovoïi-
des, ordinairement deux fois plus longs que larges et conte-
naient un, deux ou même trois nucléoles volumineux. Ces noyaux mesuraient en longueur neuf y, en largeur cinq y ; ils possédaient une membrane d'enveloppe à double contour et un contenu granuleux, Les nucléoles étaient arrondis ou ovoïdes ; nous avons vu, deux nucléoles en train de se désunir et réunis encore par une portion rétrécie (en sablier). Quelques noyaux étaient étranglés par leur milieu. Les noyaux libres étaient plus nombreux que eeux renfermés dans des cellules. Ces cellules irrégulièrement arrondies, ovalaires ou en raquette, contenaient un ou plusieurs noyaux. Elles étaient composées d’une substance finement granuleuse, et leur limitation était constituée par une ligne peu ombrée à un seul contour. Dans ces cellules existaient souvent de petites cavités arrondies ou ovalaires, plus petites que les noyaux, cavités claires et bien apparentes, parce que la matière amorphe, finement granuleuse de la cellule, s’arrêtait autour d'elles et n'existait plus à leur niveau. Ces mêmes petites cavités claires et transparentes ne contenaient pas de granulations et étaient le plus souvent au contact des noyaux dont elles paraissaient provenir. /
Après que la pièce eut séjourné quelques jours dans l'acide chromique, nous avons fait des coupes perpendiculaires à la surface cutanée, comprenant à la fois la peau et les petites tumeurs mélaniques situées dans le tissu sous-dermique.
La peau était normale: ses couches épidermiques et papillaires, ses glandes n’avaient subi aucun changement. Au pourtour des tumeurs mélaniques, les vésicules adipeuses montraient une multiplication très évidente des noyaux de tissu conjonctif.
Les parties noires elles-mêmes montraient sur ces coupes
Béchaux ; 8
une texture formée de faisceaux de fibres élastiques et lamineuses entre-croisées, très abondantes et serrées, entre lesquelles existaient les noyaux et les cellules que nous venons de décrire. Ces éléments étaient ou bien isolés avec un seul noyau, une seule cellule étant logée dans une petite cavité distincte, ou bien réunis au contact les uns des autres dans une cavité alvéolaire un peu plus grande. Ces alvéoles dont les bords étaient formés de fibres lamineuses et élastiques mesuraient de 10 à 5o microns dans leur plus grand diamètre.
En résumant les principales données de cet examen anatonique, nous voyons que les granulations pigmentaires étaient déposées, soit dans les tissus normaux comme une infiltration simple, soit dans les noyaux et cellules de nouvelle formation. L'extension des tumeurs se faisait à leur périphérie, par une infiltration simple, bientôt suivie de la genèse des noyaux volumineux. Le dépôt de pigment, la genèse des noyaux, avaient lieu dans le tissu conjonctif qui entoure les vaisseaux capillaires.
Quant à la nature histologique des tumeurs elles-mêmes, on doit la chercher dans la forme des noyaux et cellules, ainsi que dans leurs rapports entre eux et avec la trame de ces tumeurs ; or les éléments cellulaires sont dans ce cas de gros noyaux ovoides d'épithélium, ou des cellules sphériques, et rarement des cellules fusiformes ; ces éléments, plus ou moins infiltrés de pigment, sont libres au milieu d’un liquide également pigmenté. Quant à la trame des tumeurs, elle est uniquement formée par celle de l'organe où elles se sont développées, et par des vaisseaux ; ce dernier caractère les
sépare du carcinome commun, qui est spécifié par une trame
du tissu conjonctif de nouvelle formation. De telle sorte que ce cas de mélanose serait rangé dans la classe des tumeurs, appelées sarcomes par les auteurs allemands. Le sarcome est caractérisé d’après ces auteurs, par l'absence. d’une trame de tissu conjonctif et ilcomprendentre autres variétés
lès tumeurs fibro-plastiques et embryo-plastiques, à myéloplaxes et à médullocelles de Lebert et Robin.
OBSERVATION V (Résumée)
(Société anatomique, 22 décembre 1893 et janvier 1894.)
Mélanose généralisée à point de départ oculaire : généra= lisation dans les plèores, le cœur (péricarde, myocarde, endocarde), le centre phrénique äu diaphragme, les reins, l'estomac, l'intestin, le mésentère, les épiploons, la duremère, la pie-mère. — Néoplasme mélanique du foie pesant 1 5 livres environ : par Léopold Lévi, interne des hôpi-
taux.
La nommée Léonie C..., âgée de quarante-cinq ans, journalière, entre à l'hôpital Broussais, service du D: Barth le 18 décembre. Rien de particulier à signaler dans les antécédents tant héréditaires que personnels. Il ÿ a quatre ans, elle a éprouvé de violentes douleurs dans l’œil gauche. Elle fut traitée pendant un an dans une clinique d’ophtalmologie où on finit par lui faire l’extirpation de l’œil, il y a trois ans. C’est vers la fin d'août 1893 que la malade a ressenti de vives douleurs dans l’épigastre et dans l'hypocondre droït. Elle a
remarqué en ce moment une tuméfaction de la région épi-