‹ Contribution à l'Étude du Sarcome MélaniqueChapitre 39 sur 41 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(D'après Petel, Société anatomique, 1875.)

Mélanose généralisée ayant pour origine une tache mélanique congénitale de la joue gauche

P. F..., vingt etun an, argenteur sur glaces, porteur à la

- joue gauche d’une tache noire congénitale, située dans l’é-

paisseur de la peau.

Béchaux 9

== 134 Le

En juin 1874 écorchure de cette petite tache ; deux mois après apparition d’une énorme tumeur mélanique enlevée par Dolbeau (15 mars 1895). Examen de la tumeur par Mar. cano : sarcome fasciculé avec îlots de matière mélanique masquant en ces points les cellules embryonnaires. Apparition de nouvelles tumeurs en différents points du corps, situées dans le tissu cellulaire sous-cutané, ayant un volume variant de celui d’une noisette à celui d’une noix. Disposition symétrique de quelques-unes de ces tumeurs : à la région mammaire, à l’épigastre, de chaque côté de la ligne blanche, enfin à la partie supérieure et interne de la cuisse.

Ulcération d’une de ces tumeurs. Accroissement des autres. Affaissement des deux plus volumineuses qui, s'étant ulcérées, donnèrent issue à un peu de sang et à de la matière noire laissant sur le linge une tache sépia. Le malade meurt dans la cachexie dix-huit mois après le début,

Autopsie. — Incision des tumeurs : elle paraissent constituées par une matière noire, ramollie au centre, située dans le tissu cellulaire sous-cutané, présentant les caractères de la matière mélanique.

Pas de tumeurs semblables dans les poumons et le foie.

OBSERVATION XII (Résumée) .

(J. N: Roy. — Med. Rec., vol. LXXII, n° 18, 2 nov. rg07.) Sarcome mélanique primitif du palais

I s'agit d'un homme de vingt-deux ans qui se blesse légè-

rement le palais en 1885 avec le tuyau d'une pipe en terre.

L'hémorragie fut insignifiante et la blessure guérit sans laisser de traces.

L'année suivante il remarqua sur le raphé une petite tache ronde d'environ 3 millimètres de diamètre. Pendant les douze ans qui suivirent, la tache passa à 6 millimètres de diamètre, mais sans devenir saillante, Des applications de teinture d'iode la rendirent douloureuse ; la pigmentation s'étendit graduellement aux parties avoisinantes et la muqueuse devint irrégulièrement granuleuse. Des masses dures et noires à tendance hémorragique apparurent. En 1909 tout l'espace compris dans l’are du maxillaire supérieur était plein de granulations mélaniques. Jusqu'en 1906 la lésion devint plus profonde et le palais entier devint mélanique. Puis une dépression se forma plus marquée du côté gauche sans qu'il y ait eu de tumeur précédant l'apparition de cette dépression.

Enfin en septembre 1906, pendant un mouvement de succion, le malade s’aperçut de la présence d’une fistule nasobuccale.

L'examen histologique d’une granulation montra la structure d’un sarcome mélanique ressemblant à de l'endothélium mélanique.

Au moment où parut cette observation, c'est-à-dire en novembre 1908, la fistule s’est agrandie ,une infection secondaire s’est surajoutée ; le palais commence à se nécroser et le pronostic est mauvais à brève échéance.

Ce cas pourrait, semble-t-il, vu la longueur de l'évolution, prêter à discussion. Doit-on admettre l'existence d’une affection mélanique sarcomateuse dès le début ? ou bien se trouve-t-on en présence d'une mélanose simple primitive

: : : à sur laquelle a évolué dans la suite du tissu sarcomateux ?

Page 1