ACIES
En somme aucune aggravation dans le sens myopathique. Dans la deuxième et la troisième observation M. Mauclaire ne signale aucun antécédent pathologique.
L'observation de MM. Nové-Josserand et A. Rendu (Revue d'orthopédie, septembre 1926), signale chez sa malade l'existence d’une affection fébrile indéterminée à la suite de laquelle débute une paralysie légère des muscles trapèze et grand dentelé entraînant une chute légère de l’omoplate et un certain degré d’impotence fonctionnelle.
A ce propos ces auteurs discutent « entre une myopathie, une lésion nerveuse d’origine infectieuse ayant quelques rapports avec les séquelles nerveuses de l’encéphalite léthargique ou enfin une lésion nerveuse d'origine traumatique survenue six mois avant l’apparition des troubles moteurs ».
Ils signalent en outre l’existence d'une dissociation thermo-analgésique dans la région scapulaire, à la fâce postérieure du bras et à la face antérieure de l'avant bras. Ces symptômes doivent faire envisager quelques réserves au sujet de la possibilité d’une syringomyélie à son début.
Chez la malade du docteur Mathieu il est impossible de savoir si le début a été précédé de phénomènes d'infection générale.
Enfin le P'Rocher (de Bordeaux) a signalé des cas d'aplasie congénitale uni ou bilatérale du trapèze déterminant une ptose de l’omoplate. Ces formes sont éminemment guérissables par les moyens orthopédiques et chirurgicaux comme nous le verrons plus loin.
Louer
Description clinique.
En clinique le Scapulum Alatum se présente sous des aspects extrêmement différents. Nous allons tenter, en nous basant sur la séméiologie des différentes observations publiées et plus spécialement sur celle de M. le docteur Mathieu, d’individualiser un tableau clinique schématique de l'affection.
Les lésions bilatérales paraissent de beaucoup les plus fréquentes. L’atteinte unilatérale semble l’exception. Dans les deux cas, suivant l'importance de la paralysie, on pourra observer des degrés très différents dans la ptose de l’omoplate. Cette distinction anatomique et clinique a un gros intérêt puisqu'elle est corroborée par une sanction thérapeutique. Aux formes frustes et légères seront réservés la gymnastique, le massage, l’électrisation. Dans les formes plus accusées on pourra tenter le maintien de l’omoplate par des appareils orthopédiques. Enfin les cas graves seront justiciables du seul traitement chirurgical. Les autres procédés ne seront le plus souvent dans ces cas que des moyens d'attente précédant l'intervention.
Les formes légères de l'affection correspondent à une simple parésie des muscles trapèze, scapulaire et grand dentelé. Il s’agit ici d’une simple difformité. L’impotence fonctionnelle est peu marquée. Pendant les efforts le bord interne de l'omoplate fait une légère saillie au niveau du dos. M. Mauclaire désigne cette difformité sous le nom d’ « omoplate ailée » qu’il'oppose
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aux formes sévères ou « omoplates . ballantes » ; les formes légères peuvent constituer des formes de début et n’être que le début d’une évolution plus sévère. Parfois elles sont dues à des aplasies congénitales du trapèze et n’ont alors aucune tendance à s’exagérer. M. Rocher (de Bordeaux) en a observé deux cas dont nous avons déjà parlé. L’une des observations se rapportait à une forme unilatérale.
Dans lesformes graves les déformations sont beaucoup plus importantes et deviennent caractéristiques. Elles sont le plus souvent bilatérales, Noùs les prendrons comme type de description. Nous ne parlerons que des symptômes liés à l’atteinte des muscles de la ceinture scapulaire indépendamment des lésions fréquemment observées au niveau des membres supérieurs, parfois même à distance au niveau des membres inférieurs et de la ceinture pelvienne.
À l’examen on constate que les hrs sont Hédasts le long du corps, la région scapulaire est le siège d’une grosse déformation. Celle-ci est symétrique et bilatérale. Très souvent cependant la déformation est prédominante d’un côté. On retrouve cette inégalité dans les observations de Von Eiselberg, chez les malades de M. Duval, Nové-Josserand et Mencière. L'observation du Dr Mathieu constitue un cas de transition entre les lésions uni et bilatérales. C’est en effet quelque temps après l'opération que l'atteinte musculaire s’est manifestée du côté opposé. Seul M. Mauclaire signale dans une de ses observations une déformation de la région scapulaire « absolument symétrique ».
La région de l'épaule est amaigrie souvent inégale-
ment des deux côtés.
De face les épaules sont le plus souvent à un niveau différent, les clavicules font une saillie exagérée. Il en résulte que les creux sus et sous-claviculaires sont plus apparents que normalement. L'atrophie musculaire contribue à exagérer cette dépression. Dans certains cas l’omoplate vient faire saillie au niveau du creux susclaviculaire qui apparaît alors comme comblé. L’épaule est abaissée,rapprochée de ia ligne médiane et saillante en avant,ce qui peut déterminer « la formation d'un pli sus mammaire oblique en dehors eten bas » (Dr Mathieu).La direction de la clavicule est modifiée. Elle peut devenir oblique en bas et en dehors, entraînant alors l’effacement du creux sus-claviculaire. La coracoïde est saillante.
De dos les omoplates dessinent leur relief mais d’une manière inégale.Chacune d’elle subit une déviation complexe. Elle est basculée autour d’un axe antéro-postérieur, l'angle inférieur remontant pendant que l'angle supéro-externe s’abaisse.Il enrésulteune légère élévation de l’omoplate. De plus elle est détachée du thorax et on arrive à passer les doigts entre le thorax et l'omoplate. Son angle inférieur se détache fortement du tronc et fait une saillie marquée sous la peau. Le bord spinal est également appréciable à la simple inspection mais son relief s’estompe vers les parties supérieures. Son axe . n’est plus parallèle à la colonne vertébrale, mais fait avec lui un angle variable qui atteint presque l'angle droit lorsque l’omoplate est complètement ballante et
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que son bord interne se rapproche de l'horizontale.
La palpation est facile en raison de l’atrophie musculaire. L’angle interne est déplacé en avant, en dehors, et légèrement en haut. L’angle supéro-externe disparaît en avant. L’omoplate est mobile dans tous les sens.
Le grand axe de l'os n’est plus vertical mais tend à devenir transversal. Il apparaît comme diminué. Cette déformation est complexe et ressortit à deux ordres de facteurs : elle est apparente, déterminée par la rotation de l’os, elle est réelle, la configuration extérieure de l’omoplate se trouvant modifiée par l’atrophie des muscles qui s’y insèrent, par son orientation nouvelle et peut-être par suite de modifications dans son innervation et son irrigation. M. Mauclaire désigne cette déformation sous le terme d’omoplate scaphoïde.
L'impotence fonctionnelle est variable. Spontanément le malade peut élever les bras jusqu'aux environs de l’horizontale mais ne l'atteint généralement pas. Les troubles sont plus marqués d'un côté que de l’autre. Par projection en haut et en arrière le sujet arrive à porter les bras en élévation extrême, mais ils retombent brusquement dès que le malade veut les abaisser (Dr Mathieu).
Pendant l’accomplissement des mouvements l’omoplate subit un mouvement de bascule et de torsion.Elle s’écarte considérablement du plan thoracique.
Parallèlement les autres mouvements actifs des épaules ont perdu leur force et leur amplitude normales. .
Les mouvements passifs de l'articulation scapulohumérale ne sont aucunement modifiés.