‹ Contribution à l'étude du Séminome de l'OvaireChapitre 6 sur 28 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire du séminome de l’ovairé est avant tout française, elle prend naissance dans la thèse de Chevassu (1906) qui, retraçant le tableau clinique et anatomique du séminome testiculaire, écrit cette phrase : « l’épithélioma séminal est dû à la prolifération de cellules absolument spéciales, telles qu’on n’en rencontre de semblables dans aucune autre espèce de néoplasme, sauf peut-être les néoplasmes ovariens ».

Cette hypothèse fut confirmée en 1911 par Chenot dans sa thèse, qui, examinant deux tumeurs ovariennes, établit définitivement la similitude de ces tumeurs testiculaires et ovariennes. En 1922, la question fut reprise par Menetrier, Peyron et Isch-Wall. Hoche lui consacra, en 1929, sa thèse inaugurale, réalisant le premier travail d'ensemble en se basant sur 15 observations.

Depuis d’autres observations furent publiées, mais fort peu en France : celles de Muller, Doubrère, Richard et Accard, Vincent, Laffont et Bonafos; dans la littérature médicale bordelaise nous n’avons trouvé qu’un cas publié en 1929 par M. le docteur Chavannaz. À l'étranger les publications et travaux, depuis 1930, sont assez nombreux. Nous citerons les travaux allemands de Meyer, Neumann, Kleine, Klaften, Schiller, Buschbeck, Szathmary; les travaux de Lazaresco, Cristidi et Fagarasanu, en Roumanie, et ceux de Novak et Gray en Amérique.

Nous signalons l’intérêt des travaux de Ferguson et Zondek qui apportèrent des renseignements précieux sur l'étude biologique du séminome; et en ce qui concerne leur radiosensibilité, et leur traitement radiothérapique, notons les articles de Béclère, de Rosselet et Gillard, de Proust et de Delbet.

OBSERVATION PERSONNELLE (Due à l’obligeance de M. le docteur Blanchot).

Mile L... est adressée au début d'octobre 1937 par le docteur Guillot avec la lettre suivante : « Mlle L..., 18 ans, me paraît présenter un cas intéressant, elle a en effet : 19 de l’aménorrhée primitive; 29 une volumineuse tumeur utéro-annexielle dure, bosselée, peu douloureuse; 39° une néphrite datant de plusieurs mois, caractérisée par une albuminurie importante, des cylindres, du pus, des œdèmes fugaces, quelques douleurs dans le rein gauche. Ce sont les œdèmes de la néphrite qui ont donné l’éveil en fin juillet, le régime et le traitement médicamenteux ont fait tomber le taux de l’albumine de 7 gr. 50 à 3 gr. ; à noter un court épisode fébrile il ÿ a un mois et de l’amaigrissement du sujet.

Des douleurs dans la fosse iliaque gauche, il y a huit jours, m'ont fait découvrir la masse pelvienne qui paraît faire corps avec l’utérus et les annexes gauches, le toucher vaginal n’a pas été possible. Y a-t-il une relation entre les phénomènes d'infection rénale et la présence de cette tumeur chez cette jeune fille vierge et aménorrhéïque ».

En examinant la malade on se trouve en présence d’une jeune fille d'apparence normale à qui l’on n'aurait pu reprocher à la rigueur que d’avoir une silhouette un peu trop à la mode avec des épaules un peu larges, une poitrine plate, des hanches étroites.

L'examen clinique ne révéla rien d’anormal qu'une masse occupant le flanc gauche de l'abdomen remontant jusqu'à mi-distance de l’ombilic et que le toucher rectal permettait de retrouver dans la cavité pelvienne. Cette masse était de consistance ferme et de contours réguliers sauf au niveau de son pôle supérieur où elle présentait une grosse bosselure

ile

particulièrement dure du volume de la moitié d’un poing. L'examen des organes génitaux externes révélait qu'ils étaient atrophiques, infantiles. Une réaction de Brouha fut faite, résultat négatif.

Les urines examinées présentaient un pH de 7,5, de l’albumine à gr. par litre, quelques traces de sang, des cylindres hématiques. La malade ne présentait plus aucun autre signe de néphrite, pas d'œdèmes, pas de troubles digestifs, pas de troubles de la tension artérielle.

Le malade entra à l’hôpital dans le service du docteur Rabère. Les voies génitales étant atrophiées, il fut procédé, avec l'autorisation de la famille, à la dilatation progressive du vagin; ce qui a permis de reconnaître que le col était tout petit, infantile, plaqué contre la face antérieure de la tumeur qui le déborde vers le bas. Le corps utérin n’est pas perceptible. Pour essayer de préciser ses rapports avec la tumeur on fait une hystérographie qui montre une cavité utérine très petite et deux trompes qui s’en vont, la droite transversalement jusqu’à la paroi pelvienne et la gauche obliquement remontant vers la saillie qui bossèle la masse pelvi-abdominale. Avant cet examen nouvelle réaction de Brouha, négative aussi.

Devant son aménorrhée, l’atrophie de ses organes génitaux, sa silhouette légèrement masculine, on pouvait se poser la question d’une insuffisance hypophysaire, mais la recherche et le dosage des hormones gonadotropes et de la folliculine ne purent être effectués.

Le diagnostic de tumeur solide pelvi-abdominale, probablement développée aux dépens des annexes gauches, étant posé, on intervient le 18 novembre (Dr Blanchot). Laparotomie médiane qui montre une tumeur blane-rosé qui n’est autre qu'une tumeur de l’ovaire gauche. Cette tumeur est lisse, bien encapsulée sauf au niveau de son pédicule d’où sort une masse bourgeonnante; c’est le néoplasme qui a effondré sa Coque à Ce niveau et a contracté des adhérences avec l’épiploon, l'intestin grêle et le côlon descendant. La masse est

Page 1