‹ Contribution à l'étude du Séminome de l'OvaireChapitre 7 sur 28 · VISÉE · texte numérisé non relu

VISÉE

enlevée aussi complètement que possible, mais sans se préoc-, cuper des métastases ganglionnaires. Au cours de l’intervenion, on constate que l’ovaire droit est tout petit, atrophique; on exerce des tractions sur son pédicule afin de favoriser sa fonction par cette sorte de sympathectomie détournée. Bonnes suites opératoires.

La pièce confiée au laboratoire du professeur Damade est reconnue ccmme étant un séminome type de l’ovaire.

Dans ces conditions, la malade est adressée au Centre du cancer auquel on demande de bien vouloir la traiter aussi largement que possible en tenant compte de ce que la tumeur n'étant plus encapsulée a déjà dû essaimer abondamment.

Cette malade a commencé à subir les irradiations le 20 décembre 1937, après deux séances, elle a demandé à suivre son traitement à titre externe, après 4 séances elle n’a plus reparu.

Le traitement incomplet a été le suivant :

Roentgenthérapie ultra-pénétrante (Lension constante

Filtration : 2 mm. de cuivre + 1 mm. d'aluminium;

Distance anticathode-peau : 80 cm.

2 champs abdominaux de 12 cm. /20 cm.

4 séances de 250 r. chacune;

Dose par champs 500 r. ;

Dose totale 1.000 r. (docteur Auriac).

M. le docteur Blanchot à bien voulu nous confirmer que la malade, suivant un traitement opothérapique, était actuellement en excellente santé.

Etude histopathologique de la pièce opératoire due à l’obligeance de M. le professeur Damade.

La tumeur, au point de vue macroscopique, se présente avec un aspect ovoïde, une consistance charnue, une coloration blanchâtre: elle paraît homogène dans son contenu, on ne trouve pas en particulier de kystes. Les dimensions sont

os

de 16 cm. de long sur 7 em. de large, elle a une allure réniforme.

A l'examen microscopique, on est frappé par le nombre des préparations provenant de zones en cytolise plus ou moins avancée, parfois occupées par une infiltration hémorragique très abondante. Les parties de la tumeur bien conservées montrent à un faible grossissement des amas de cellules à noyau très apparent à cytoplasme pâle; ces cellules sont groupées en loges plus ou moins larges par des travées collagènes épaisses qui contiennent de nombreux vaisseaux et des Iymphocytes abondants.

Les nappes cellulaires sont parcourues par des fibrilles de collagène déliées, parfois abondantes, parfois rares, disposées sans aucun ordre et rappelant l’image observée dans certains lymphosarcomes.

A un fort grossissement, les caractères histologiques se précisent. Les cellules fortement tassées les unes contre les autres ont une forme le plus souvent polyédrique, elles sont volumineuses avec un diamètre de 15 à 20 y. Le cytoplasme est à peine teinté par l’érythrosine et bien souvent déchiqueté, ce qui rend difficile la délimitation des contours. Bien que tous les fragments envoyés au laboratoire aient été fixés par le Bouin, donc par un fixateur aqueux, le carmin de Best met en évidence, dans de nombreuses cellules, des blocs ou des granulations de glycogène. On note de nombreuses cellules dégénérées, à pycnoses nucléaires plus ou moins marquées et dont le cytoplasme est acidophile; on ne rencontre aucune cellule carminophile. Les noyaux sont volumineux de 10 à 12 w. de diamètre, souvent un peu excentriques. La membrane nucléaire est nette grâce à l’anneau de chromatine qui la constitue; à l’intérieur du noyau existe un réseau de linine très fin avec des granulations plus épaisses. Pas de monstruosités nucléaires mais images de karyokinèses nombreuses et irrégulières.

Le stroma collagène est remarquable par sa richesse en lymphocytes qui forment parfois de véritables nodules lym-

Page 1