‹ Contribution À L'Étude Du Shock ObstetricalChapitre 11 sur 13 · LB · texte numérisé non relu

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l’éphédrine et d’être moins toxique (JEANNENEY et Justin BEZANÇON). Il y a intérêt, d’après ces auteurs, à employer conjointement la voie buccale et la voie

. sous-cutanée.

Les analeptiques cardio-respiratoires (camphre soluble, coramine) peuvent être employés mais secon-

dairement aux analeptiques cardio-vasculaires.

La deuxième indication ect de refaire le volume de Ja masse sanguine circulant. Par là même, on luttera contre l’hémoconcentration elobulaire. Quel liquide emplover? Pour MEILxÈRE, la transfusion de sang pur total est illogique dans le shock puisqu'il y a hémoconcentration, de même les injections intra-tissulaires, puisque les tissus sont gorgés de liquides. Il faut injecter par voie intraveineuse des solutions capables de refaire la masse sanguine tout en diminuant l’hémoconcentration. Le sérum physiologique adrénaliné extemporanément est celui qu’on a le plus facilement sous la main. C’est celui qui a été employé dans l’ohservation I. Par deux fois, il donna un résultat remarquable, mais malheureusement passager. Les docteurs C... et M... n’en avaient pas d’autre sous la main. On reproche en effet aux solutions salées de s’éliminer trop vite et par conséquent de n’avoir qu'une action transitoire sur la tension artérielle.

BAUDUIN a essayé de réaliser des injections très lentes ét sa méthode a été appliquée au shock obsté-

trical par LÉVY-SoLAL qui a employé lappareil de

NN

HENRY et JoOUvELET. Cet appareil permet de régler

le débit entre 30 cm° et 1500 cm° à l’heure. On aug-

mente progressivement le débit jusqu’à atteindre la

pression artérielle normale. On le diminue ensuite pour maintenir cette pression constante. La pression est mesurée avec l’appareil de PACHON qui permet de suivre les variations de l’indice oscillométrique. C’est cet indice-qui marque en premier l’action de l’adrénaline par un accroissement progressif de sa valeur. (LÉVY-SOLAL, cité par VIGNES et CHATAIN.) Cette méthode nécessite un personnel bien dressé et ne peut être appliquée qu’en clinique. |

Au sérum salé, Nicolaus ALDER préfère le sérum glucosé à 10 ou 20 %. D’après cet auteur, le sérum glucosé a l’avantage de lever le barrage hépatique et par conséquent de supprimer la stase veineuse du système porte. D’autres préfèrent le sérum de NoRMET, plus riche en principes minéraux et se rapprochant davantage de la composition du sérum humain. Bavriss, pendant la guerre 1914-1918, a essayé de rendre au sérum la viscosité du sang en ajoutant à 9 grammes de chlorure de sodium 60 grammes de gomme acacia pour 1.000 gr. Ce sérum a été utilisé en obstétrique par Lilian FARRAR et LAWRENCE M.-Randall. Ce dernier, sur 14 cas traités, en a obtenu d’excellents résul-

tats. (Cité par VIGNES et CHATAIN.)

Nous croyons que tous les sérums artificiels, même

injectés lentement suivant la méthode de BAUDUIN, .

ou rythmiquement suivant le conseil de BÉCART, ne valent pas le sérum humain. Nous donnons à ce dernier la préférence sur le sang conservé, d’une durée d'utilisation courte, facilement altérable sur le sang conservé dilué suivant la méthode de BINET et STRUMZA, sur le plasma sanguin, de préparation délicate, de conservation limitée par suite de la précipitation de la fibrine, et dans lequel la présence du

citrate de soude est à l’origine de réactions qui ne

sont pas souhaitables chez des accouchées en état de

choc.

Le sérum humain est de préparation plus simple que le plasma. Utilisé depuis longtemps en injections sous cutanées et à petites doses, il a été préconisé par Bécarr et TorsTor en injections intraveineuses de 250 cm. dans les cas de choc et d’hémorragie. Ces auteurs ajoutent au sérum 1 gr. de sulfamide (1162 f) pour 1.000 gr. de sérum. La sulfamidation du sérum a pour avantage, suivant ces auteurs, de le stabiliser et de le mettre à l’abri du développement des germes. Le sérum est présenté en ampoules de 125 à 250 cm. L’injection ne diffère en rien de celle du sérum physiologique. Les avantages du sérum humain peuvent se résumer en quelques lignes : milieu extrêmement riche, de viscosité satisfaisante, de stérilisation facile, toujours à la portée de la main dans les ampoules qui ne craignent ni le transport ni les variations de

température, d’une durée de conservation indéfinie,

hp

Une question capitale se pose à la fin de cette étude : Le sérum humain peut-il remplacer la transfusion de sang frais dans le choc? Pour MEILLÈRE, la transfusion de sang total est illogique puisqu'il y a hémoconcentration par perte de sérum. VIGNES et CHATAIN s’en tiennent à la transfusion. Nous croyons que la question n’a pas été assez étudiée et mérite de l’être- à nouveau. Si le sérum en ampoules pouvait remplacer la transfusion dans tous les cas, quelle sécurité et quelle simplification dans les accouchements en clientèle et surtout à la campagne où le chirurgien et le donneur ne sont pas sous la main de l’accoucheur. En tout cas, il nous paraît légitime de l’employer immédiatement dans tous les cas de shock en attendant la

transfusion.

Pour nous résumer : devant un shock obstétrical nettement diagnostiqué, la conduite du médecin sera la suivante. Pendant aue la sage-femme ou l’entourage mettront l’accouchée en position inclinée, la réchaufferont, lui feront la compression des membres et de l’abdomen, le médecin fera une injection de pressédrine et une de morphine s’il le juge utile. il a sous la main du sérum humain. il fera immédiatement une injection intraveineuse de 250 cm°. S’il n’en possède pas, il fera, en attendant, une injection lente de sérum physiologique adrénaliné pour gagner du temps. En possession du sérum humain, il fera une

première injection d’une ampoule de 250 em°. Puis

il surveillera attentivement le pouls et la tension artérielle et renouvellera l'injection à la moindre défaillance de l’un ou de l’autre. Si la stabilité n “est pas obtenue après plusieurs injections, il recourra à la transfusion. De toutes façons, il ne quittera pas l'ac-

couchée avant un délai de deux à trois heures.

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