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elle éprouve une sensation de mort imminente et en avertit l’entourage; elle accuse un brouillard devant les yeux, des bourdonnements d'oreilles.
À l’examen, on constate que le visage est d’une pàleur terreuse. Les extrémités sont blanches et moites, les lèvres légèrement cyanosées, le pouls est petit, rapide, exceptionnellement lent, toujours très dépressible.
La tension artérielle est diminuée considérablement. La respiration est rapide et superficielle; la température abaïissée de 1 à 2 degrés.
Si l’on examine la sphère génitele, on constate qu’il n'y a pas d’hémorragie et que l'utérus est rétracté.
Cet état peut durer de quelques minutes à quelques heures. Il est entrecoupé de rémissions et de rechutes.
Si l’évolution doit se terminer par la guérison, les phénomènes alarmants diminuent peu à veu d’intensité et tout a disparu le lendemain. Ce fait est capital et caractéristique du shock obstétrical (DE MANET). Si l’évolution doit se terminer par la mort, le pouls devient incomptable, la respiration se ralentit, la tension artérielle baisse progressivement et la mort survient sans agitation.
Telle est la forme typique du shock. Dans certains cas, on trouve, au lieu de l’agitation, un état de torpeur avec conservation de la lucidité. Il existe aussi des formes légères lypothymiques qui se terminent par
la guérison (première partie de lobservation IT).
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DiAGNosTic
Est-il possible de confondre le shock avec d’autres accidents que l’on peut rencontrer sur le terrain obsté-
trical ?
L’anémie aiguë de l’hémorragie de la délivrance donne un tableau assez semblable, maïs le teint ici est franchement pâle et non terreux, les lèvres non cyanosées ; l'expression d’un utérus mou amènera une éva-
cuation de sang et de caillots.
L’embolie pulmonaire se reconnaîtra au point de
côté, à la dypsnée, aux crachats hémoptoïques.
L’ædème aigu des accidents gravido-cardiaques se caractérisera par la dypsnée progressive avec toux quinteuse et surtout l’expectoration rosée et spumeuse; l’auscultation fera entendre la pluie de râles
fins et humides.
À côté des accidents asystoliques des cardiaques, il existe des insuffisances cardiaques à type de choc, bien décrites par SCHIKELÉ : on les rencontre chez des femmes atteintes de débilité cardiaque (affection mi-
trale fruste, myocardite fruste, hypoplasie aorti-
que, etc.).
Cette débilité cardiaque insoupconnée en temps normal est brusquement réveillée par les fatigues de l’ac-
couchement.
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Le diagnostic de ces cas assez difficiles peut être révélé par un signe dont BALART note l'importance : dans le choc obstétrical pur, les deux tensions sont abaissées; dans le choc cardiaque, la maxima est abaïssée par fléchissement du myocarde et la minima rele-
vée par la résistance veineuse.
L'importance de ce diagnostic n’a pas besoin d’être soulignée : le choc cardiaque impliquant l’emploi immédiat des toni-cardiaques (ouabaïîne intraveineuse).
Si le shock est l’expression d’un gros traumatisme utérin (rupture ou déchirure du segment inférieur) on notera une douleur abdominale De des vomissements, un écoulement de sang noirâtre; l’abdomen est très douloureux à la pression et le toucher permet de
localiser le traumatisme.
Enfin, quand le shock se produit avant l’expulsion, on aura à le différencier d’avec l’hémorragie rétroplacentaire caractérisée par la douleur, l’anémie aiguë et la dureté ligneuse de l’utérus, et de la grossesse ectopique rompue, différenciée par son hématocèle.
La dilatation aiguë de l’estomac et l’hémorragie méningée peuvent se rencontrer à titre d'accidents rarissimes.
Il faudrait penser à l’embolie gazeuse par pénétra-
tion de l’air dans les veines, s’il y avait eu délivrance
artificielle ou injection intra-utérine.
Re
ETIOLOGIE
L’étiologie du shock obstétrical est peut-être la par-
tie la plus difficile de cette étude.
Le précis d'accouchement de DUBRISSAY et JEAN-
NIN range les causes du shock en six chapitres :
1. — Les grosses opérations obstétricales (embryotomie, césarienne mutilatrice).
2. — Les accouchements laborieux et certains accidents comme la rupture utérine,
3. — L’évacuation d’un utérus surdistendu (gémelléité, hydramnios, gros enfants).
4. — L'accouchement rapide par brusque déplétion de l’utérus.
o. — L’infection amniotique.