ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Contrairement à ce que l’on pourrait prévoir, MooN, qui a pratiqué un grand nombre d’autopsies de femmes mortes de shock obstétrical, n’a trouvé aucune
hyperhémie dans aucune partie du système vasculaire, « ni congestion, ni petites hémorragies dans le foie ou l’appareïl gastro-intestinal, ni effusion par stase sanguine dans les cavités séreuses, ni hémorragie ou congestion des muqueuses internes » (Moon, rapporté par SHEEHAN).
Ce que l’on peut constater, ce sont des lésions variées avec prédominance du processus de dégénérescence : foie pâle, reins petits, capsules surrénales minuscules, pancréas suspect, en général utérus normal. Au point de vue microscopique, on constate : une dégénérescence aiguë du foie : dislocation des travées autour de la veine centrale du lobule, dégénérescence sraisseuse des cellules avec atrophie des noyaux. Une dégénérescence avec hypoplasie du pancréas et du corps thyroïde.
Un envabissement du muscle et des vaisseaux uté-
rins par des proliférations syncitiales venant du pla-
centa.
L’ensemble de ces lésions étendues et graves ne peuvent s'être produites pendant la courte durée d’un shock obstétrical mortel; de plus, la présence dans l’utérus et le placenta d’éléments syncytiaux semble indiquer une auto-intoxication gravidique.
Les femmes ayant succombé au shock obstétrical étaient en état d’équilibre instable malgré l’apparence de la santé. Cet équilibre a été détruit chez les unes par une sensibilité utérine spéciale (fissures du col), chez d’autres on peut incriminer la vasodilatation abdominale, chez d’autres enfin c’est le choc cardiaque qui est intervenu.
Ce qui fait dire à WazLricH que le shock n’est pas une entité morbide, mais un syndrome pouvant relever de causes très diverses, « une étiquette posée sur
certains faits cliniques incontestables ».
TRAÏTEMENT
Le traitement du shock obstétrical a été jusqu'ici assez décevant et la mortalité de cette affection reste très élevée. SHEEHAN a pu rassembler pendant ces cinq dernières années 97 cas de mort par shock au cours du travail ou des 24 heures qui suivirent l’accouche- ment., De MANET donne 17 cas de mort sur 50 cas de
shocks graves.
Nos deux observations inédites viennent confirmer ces faits.
Nous répondrons d’abord à la question : Peut-on éviter le shock obstétrical ?
Nous avons dit dans notre définition qu’il s’agissait le plus souvent d’un accident inattendu, d’un drame imprévisible, ce qui éliminerait toute idée de ‘prévention. Cependant, nous avons vu que certaines femmes étaient plus exposées que d’autres au shock.
Ce sont d’abord les miséreuses, les nerveuses, celles qui ont présenté au cours de leur grossesse les troubles caractéristiques de la vagotonie. On soignera donc l’alimentation dans les milieux déshérités, on veillera
sur les prescriptions du repos. On traitera les ner:
veuses et les anxieuses dans les derniers mois de la
grossesse, On essaiera de modifier les états constitutionnels apparentés à la vagotonie (hypoglycémie, maladie de basedow fruste, hypocalcémie, acidose, insuffisance surrénale) (LÉVy-SoLar et SUREAU). On se souviendra, avec FRUHINSHOLZ, que les états vagotoniques sont souvent le résultat d’une syphilis congénitale. On se méfiera des multipares au passé obstétrical chargé (éclampsie, forceps répétés, hémorragies de la délivrance), des opérées de la grossesse (appendicite, kyste ovarien). Quand on aura des raisons de craindre un choc cardiaque par insuffisance du myocarde,
les tonicardiaques seront indiqués à titre préventif.
Au stade du travail, on terminera au plus tôt les
accouchements longs et laborieux.
On essaiera de calmer les contractions trop douloureuses par les anesthésiques ou les analgésiques (chloroforme, spasmalgine). S'il s’agit d’un gros œuf ou d’un accouchement rapide, on fera une compression abdominale énergique aussitôt la sortie de l’enfant. Enfin on ne fera pas d'intervention chez une femme ayant déjà eu des hémorragies sans une transfusion préalable (Jonn OsBoRN PoLrak). Nous voici main-
tenant devant un shock obstétrical caractérisé. Que faut-il faire ?
Après avoir éliminé par un examen rapide les gros
traumatismes utérins, on mettra rapidement l’accou-
bé yass je
Ait a
CNRS Len PO