OBSERVATION V
(Rouhier, Bullelin de la Sociélé de Chirurgie, 1918)
N..., blessé le 8 août 1918° à 23 heures; arrive, le 9, à 7 h. 30 ;il est opéré une demi-heure après, soit neuf heures après la blessure.
Plaie ‘en séton par éclat d'obus, à la partie supérieure de la jambe droite, sortie au niveau de la tête du péroné ; le blessé a perdu beaucoup de sang sur le champ de
. bataille, il porte un garrot ; à l’arrivée : pâleur et refroi-
dissement,pouls presque imperceptble ; mais, après une heure passée dans la chambre du réchauffement, il est redevenu bon.
Tension : 12 au Pachon ; opération : énorme fracas des extrémités supérieures du tibia et du péroné ; les muscles de la loge a. e. sont en bouille : on fait une tentative de conservation. Lie garrot est enlevé, opération courte, anesthésie à l'éther. Le malade reprénd connaissance, puis tout d'un coup son état s'aggrave, le pouls fatblit, la température s'abaisse ; à-7 heures, une injection intraveineuse de un litre de sérum ne relève pas le pouls qui, au contraire,disparaît ; la température devient nulle. Deux heures plus tard, malgré l'huile camphrée et la spartéine, le blessé est agonisants, les
extrémités sont froides,la respiration suspirieuse : trans-
fusion de 700 grammes de sang. Le pouls se relève, le blessé sort de sa torpeur et s'agite, ressent des fourmillements dans les extrémités : une demi-heure après, suffocation, tirage sous-sternal, exorbitation des yeux, piqûres de morphine et oxygène en inhalations. Les