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fait, du reste, est admis par les chimistes : dès qu'une partie d’un tissu musculaire est morte, il se produit instantanément, sous l’action microbienne, des phénomènes de dissolution des fibres musculaires, aboutissant à la formation,d'abord d'acides aminés, puis, par élimination de leur acide carbonique, de bases qui sont des ptomaines: + |
Donc, à la période initiale de l'infection, les foyers de tissu musculaire contus et mutilés sont le siège d'une double élaboration, d'une élaboration de toxines microbiennes encore minime en raison de la pullulation faible des microbes à l'heure envisagée et d'une élaboration de poisons chimiques dus à l'histolyse des muscles morts sous l’action microbienne.
Ces données seraient la justification de la variété d’intoxication chimico-microbienne que Quénu semble vouloir substituer, pour bien des cas, à la variété d'intoxication purement chimique à laquelle reste seul exclusivement fidèle, à l'heure actuelle, P. Delbet.
Des expériences récentes de L. Bazy semblent venir appuyer cette théorie chimico-microbienne.
Bazy et Vallée ont étudié d’abord la toxicité du muscle normal broyé. Ils ont principalement cherché à réaliser l’aulolyse aseplique, en plaçant les muscles à l’étuve à 37° sous une atmosphère de chloroforme, qui paralysait le développement des germes microbiens. S'étant débarrassé du chloroforme dans le vide et après avoir filtré le liquide d’autolyse sur Chardin, ils l'ont injecté à des lapins dans les veines, à des cobayes dans le péritoine. Etant ainsi bien à l'abri de l'infection, il leur à été impossible de déterminer, par ces injections, des accidents Loxiques, comme ceux que l’on provoque quand on injecte à un animal le sérum sanguin d'un animal d'une autre
espèce. De cette série d'expériences, Bazy et Vallée concluent donc que les sucs musculaires obtenus par autolyse aseplique sont dépourvus de toxicité du sérum de l'espèce correspondante. Les expériences antérieures de Lanizet et de Piettre conclueraient dans le même sens. Bazy et Vallée ont alors étudié la toxicité des Po de protéolyse musculaire d’ origine microbienne.
lls ont cultivé des microbes, en l'espèce le vibrion septique ef le perfringens si fréquents dans les plaies de guerre, sur des membres humains fraichement amputés pour des lésions diverses non infectieuses ; ils ont ainsi vu se produire les lésions typiques de la gangrène gazeuse, telle qu'on l’observe chez les blessés. |
Avant d'amorcer leurs expériences, ils ont éprouvé la toxicité des cultures totales des microbes qui allaient leur servir à provoquer la protéolÿyse des muscles humains. C’est un fait bien connu que, seul, le vibrion septique possède une fonction toxique évidente et constante, alors que le perfringens n’en est pourvu que plus irrégulièrement. Cultivé sur des membres humains, ces deux germes ont Pine des propriétés également différentes.
Dans une première série d'essais, ils ont utilisé les suc exsudé d’une jambe humaine amputée quarante minutes après un accident grave, ensemencée avec vingt centlimètres cubes la cullure de perfringens et placée à l'étuve pendant.trois jours. Les muscles vnt été digérés Le suc recueilli a été éprouvé en l'injectant à des lapins après centrifugation. Gette injection a déterminé, dans. un cas sur trois, des symptômes d'intoxication, de l'angoisse, de la dyspnée, de l’hébétude, de la diarrhée.
Si, au lieu du perfringens. on détermine la protéolyse musculaire avec du vibrion septique, la toxicité de l’au-
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tolysat septique s’est montrée littéralement effroyable. L’injection à un lapin de 5 centimètres cubes détermine
un effet terrifiant, cloue l’animal sur les genoux de l’opérateur, avant même que la totalité de l'injection n'ait été
poussée, ou l’écrase sur le sol en quelques secondes, dès
qu'il a été reposé par terre.
Il est intéressant de mentionner les faits suivants qui se dégagent encore des expériences de Bazy et Vallée : 1) Les animaux qui reçoivent des doses plus minimes
d’autolysats filtrés présentent des accidents moins graves, et ils peuvent survivre ; le rétablissement est rapide, ce
qui prouve que le poison ne se fixe pas et s’élimine rapi-
. dement. Ceci permettrait de comprendre les véritables
résurrections auxquelles on assiste chez les blessés shockés, lorsque,par une amputation,on a supprimé le foyer où s’élaborent les poisons microbiens ;
2’) Le chauffage prolongé à une haute température
(120 degrés) ne diminue pas la toxicité de l’autolysat :
tous les animaux inoculés meurent dans les mêmes conditions de foudroyante rapidité ;
- 3°) L'action de la toxine microbienne étant neutralisée par l'injection préalable à l'animal d’un sérum antitoxique spécifique, l'injection d’autylosat est parfaitement
supportée.
. On ne peut donc pas dire que le germe puise son principe toxique dans les éléments consécutifs du muscle, puisque la toxicité existe lorsque ce même germe est. cultivé dans d’autres milieux que le muscle ; cette toxi-
cité appartient bien en propre au microbe et est, avant
tout, le résultat d’une sécrétion. Il n’en reste pas moins
. vrai que les poisons du vibrion septique cultivé sur mus-
cles humains acquièrent une activité et uné virulence extraordinaires.
LS x Ces expériences conduisent, en vérité, à ce fait queles phénomènes du: shock toxique, qui sont caractérisés par leur apparition quelques heures après la blessure, sont étroitement liés à une influence bactérienne ; elles appuient la théorie de l origine toxi- infectieuse du: shock. | :
En réalité, qu il s'agisse d’une intoxication chimique pure ou d’une toxi-infection, le mot « shock » est mal choisi pour désigner le syndrome qui nous occupe. On doit réserver le nom de « shock » au shock nerveux, véritable commotion qui apparaît immédiate ment après le traumatisme, et appeler toxémie traumalique,par cPnne le syndrome « shock retardé ».
= Nt —