TRAITEMENT DU SHOCK
Le traitement du shock sera différent selon qu'il s’agit de shock immédiat ou commotionnel ou bien du shock retardé toxique ou toxi-infectieux
1°) LE stock IMMÉDIAT. — Chez un malade en état de
shock nerveux, il ne faut pas intervenir chirurgicalement.
Pratiquer une opération dans ces conditions, c'est mul-
tiplier considérablement les risques de mort, c’est sou-
vent précipiter le dénouement fatal ou, ce qui est plus grave, rendre impossible une réaction favorable.
Il faut donc attendre avant d'intervenir. Le cas d’hémorragie très menaçante est le seul qui réclame une intervention immédiate, et encore on doit, autant que possible, réduire celle ci à lhémostase, quitte à compléter ultérieurement son œuvre, lorsque le blessé est en état de subir avec de plus grandes chances de succès le choc opératoire qui s'ajoute au choc traumatique (Le Dentu). |
Les indications qu'il faut remplir sont : réchauffer le blessé, le stimuler, relever sa tension.
Le réchauffement est capital. Dans les ambulances
d'avant, il était systématiquement pratiqué. Le réchauf-
fage électrique pouvait se faire très simplement à l'aide d’un cerceau en fil de fer, dans la concavité duquel étaient
a TE D PE PR NOT TT SPRL EL DE 7 ER AA MO RE NN AL ser
adaptées des lampes électriques à filament de charbon. Des appareils plus simples encore et tout aussi efficaces étaient d'un usage courant et pouvaient être improvisés
en tout lieu : on plaçait sous le brancard ou sous le lit
du blessé une simple caisse en tôle munie d’un tuyau d'échappement latéral, au dessoüs de laquelle était disposée une source de chaleur : lampe à alcool ou à pétrole, ete. L'emploi des cellules chauffantes ou chambres de réchauffement,où la température était maintenue aux. environs de 20 degrés, a rendu de grands services.
Pour stimuler le blessé, activer sa circulation et relever sa tension, les moyens sont nombreux. Les loni-cardiaques sont d'un usage courant : injections sous-cutanées de caféine, d'éther, de strychnine, d'huile camphrée. Dans les cas particulièrement graves, Heitz-Boyer a eu recours à des injections intra-veineuses d'huile camphrée. Des expériences récentes de Moignier et Gautrelet ont montré qu'il fallait, chez des animaux, injecter jusqu’à deux centimètres cubes d'huile dans les veines par kilo d'animal pour provoquer des accidents mortels et que l'huile en injection intra-veineuse était bien mieux supportée qu'on ne le pensail en général, à condition que l'huile soit rigoureusement neutre; privée de tout produit de rancissement et soit très fluide. :
Par une injection intra-veineuse de deux centimètres cubes, Heitz-Boyer a pu, chez plusieurs blessés, ranimer d’une manière instantanée le myocarde défaillant et déterminer une véritable résurrection. Il considère cette. injection comme une médication héroïque et efficace, à condition : 1° de faire l'injection avec une huile absolument pure ; 2 de ne pas injecter üne dose supérieure à deux centimètres cubes ; 3° de pousser l'injection très lentement : mettre au moins deux minutes pour injecter
| — 53 — deux centimètres cubes ; 4° de ne la répéter qu'après un minimum d'une demi-heure, d’une heure en moyenne. Le sérum artificiel en grandes. injections sous-cutanées est très efficace. LA | L'emploi de divers sérums plus ou moins complexes a . été également préconisé. Pierre Descomps et Clermonthe ont eu recours, chez les shockés, aux injections intraveineuses d'nn sérum complexe ainsi composé :
1° Une quantité variable, mais presque toujours égale à einq cent centimètres cubes de séfum, de Hédon,
sérum hypertonique, dont la composition un peu diffé-
At