‹ Contribution à l'étude du siège et de la nature des lésions dans la chorée aiguëChapitre 17 sur 27 · ET · texte numérisé non relu

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tères dominants de ces chorées. En quelques jours, 3 à 10 jours, elles aboutissent à la mort.

Un tel tableau clinique était trop comparable à ‘celui de la chorée de Dubini pour passer inaperçu : aussi, pour nombre. d’observateurs, la chorée de Dubini n'apparaît plus que comme uns manifestation de l’encéphalite léthargique. Cliniquement, symptômes et évolution sont semblables. Anatomiquement, l'identité des lésions est manifeste et consiste, dans ces chorées aiguës rapidement mortelles, comme dans l’encéshalite léthargiqnue, en nodules infectieux, en in-

filtrations périvasculaires. L’analogie est déjà signalée par MM. P. Marie et Trétiakoff dans leur observation, elle est confirmée par les constatations de MM. Harvier et Levaditi qui concluent nettement à l'identité de nature -des lé- Sions.

Mais, à côté de ces cas de chorée grave, il en est d’autres où l'infection est moins sévère et le syndrome choréique réalisé est une véritable chorée de Sydenham. Ces cas bénins ne peuvent S 'appuy er sur des constatations pate pathologiques, mais les observations cliniques À multiplient qui assignent, parmi les causes de la chorée aiguë, une place à l’encéphalite léthargique.

Des cas multiples de chorée survenue au cours où à la suite de l’encéphalite léthargique ontété rapportés à l’étranger et en France. À la Société médicale des Hôpitaux de Paris, plusieurs cas en ont été signalés par MM. Ardin Delteil et Raymond, Claude, Rose et Piédelièvre, Souques, Harvier et Levaditi, etc... Nous pouvons ajouter à ces cas une observation personnelle, recueillie dans le service de

Souques, et qui parait coufirmer cette opinion que l’en-

AR CE céphalite léthargique est une cause particulièrement fré-

quente de chorée.

Obs. II. — Par. . Germaine, âgée de 10 ans, est amenée au début de janvier à la consultation de la Salpêtrière, en raison de mouvements choréiques. Ces mouvements ont fait leur apparition au début d'octobre 1920. Pour la première fois, il ont été constatés eu classe où l'enfant ne pouvait tenir en place et avait une écriture de plus en plus défectueuse Depuis le début d’octobre, ces mouvements choréiques se sont accentués et ils ont nécessité l'hospitalisation de la petite malade aux Enfants-Malades, Elle y a séjourné pendant quinze jours en novembre et en est sortie très sensiblement améliorée, bien que quelques mouvements persis tassent encore, mais très atténués. Jusqu'alors les mouvements choréiques avaient été limités aux quatre membres,

Mais peu te temps après sa sortie de l'Hôpital une recrudes-: cence se produit ;les mouvements reparaissent plus. fréquents et plus amples ; ils atteignent la face, la langue et se montrent rebelles à tont traitement. Le 13 janvier la petite malade vient à la consultation de la Salpêtrière.

Dès l’abord il.est manifeste qu’elle est atteinte de chorée de Sydenham typique : au repos elle est animée de mouvements choréiques incessauts, prédominants nettement à toute la moitié droite du corps. Les mouvements de l'épaule, dù membre supérieur sont amples, fréquents et brusques, La cuisse. la jambe, remuent à tout moment. L'enfant ne peut se tenir immobile. Les muscles abdominaux se contractent synergiquement avec le quadriceps crural. Pas de contraction du diaphragme.

La face est grimaçante, la bouche les paupières, la narine droite sont le siège de mouvements involontaires, on entend quelques rares claquements de la langue. Les mouvements. de flexion et de rotation de la tête sont fréquents. |

Prédominants du côté droit, les mouvements choréiques ont

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envahi la moitié gauche du corps, mais ils y sont beaucoup plus rares et moins amples.

Les réflexes tendineux sont normaux.

Le entané plantaire est en flexion à gauche : à droite, tantôt en. flexion, tantôt en extension

Les réflexes cutanés abdominaux ne sont pas trouvés.

La sensibilité est normale à tous les modes. Il ny a pas de tronples sphinctériens.

Les pupilles sont normales, réagissent bien à la lumière et à:

la convergence. Il n’y à ni strabisme, ni paralysie oculaire d'au. cune sorte

Le phénomène de la flexion combinée de la cuisse et du tronc esttrès net à droite,

Adiadococinésie à droite — gauche normal. Température à 37- 31, 2 — pouls à 80 — cœur normal,

Pas de modification appréciable du caractère ni de l’intelli-

gence. Sommeil normal.

Ponction lombaire = albumine : 0,15, Iymphocytes : 1,6,

Wassermann : négatif.

Ainsi, cette enfant est atteinte d’une chorée légère, nettement prédominan’e à droite, chorée qui par son début lent, sans fièvre, et par son pronostic, reutre manifestement dans le cadre de la chorée de Sydenham.

Mais quand on ivterroge la petite malade et son entourage on apprend qu’elle a eu dans son enfance la rougeole et la coqueluche — et surtout qu'au mois de septembre 1920 élle a été malade. Elle se trouvait alors à l1 campague, quand brusquement elle fut prise de céphalée, de fièvre, de malaise général assez marqués pour que pendant dix jours l'enfant ait été tenue au lit. Pendant ces dix jours elle ne paraît avoir eu ni somnolence, ni diplopie — Ja convalescence paraît avoir été un peu traînante, mais quand at mois d'octobre l’énfant rentra en classe, elle paraissait guérie,

Cependant la céphalée et l'inappétence persistaient. Mais surtout

on vit alors survenir de la diplopie qui semble avoir débuté en même témps que les mouvement chroréiques.

Depuis octobre, à maintes reprises, la diplopie s'est man ifestée à nouveau, durant plusieurs jours et disparaissant — et le 14 janvier elle existait encore. ,

En raison de l'infection aiguë qui s'est produite en septembre, des troubles oculaires consécutifs — la chorée, qui a débuté en même temps que la diplopie, et qui dure encore trois mois après son apparition — nous semble devoir être légitimement rattachée

à l’encéphalite aiguë épidémique.

Dans la plupart des cas de chorée post-encéphalitique les observateurs insistent, d’une part sur les troubles oculaires presque constants, sur le début brusque et l'extension très rapide des mouvements choréiques. Il en était ainsi dans les trois cas rapportés par Ardin-Delteil et Raynaud, dans ceux de Harvier et Levaditi, dans le cas de Dupouy, re: marquable par la longue persistance dusyndrome qui durait encore après cinq mois.

Par contre, dans le cas de MM. Souques et Lacomme, le début de la chorée fut moins brusque ; de même dans celui de MM. Lesné et Langle, la chorée débute un mois après l’'encéphalite.

Certains auteurs, avee M. Claude, zensent qu’on peut établir entre la chorée de Sydenham et l’encéphalite choréiforme upe distinction facile : la chorée de Sydenham se caractérisant par un début lent et progressifetune durée plus longue — tandis que l'encéphalite choréiforme débute brus : quement par de la fièvre, des troubles oculaires, des mouvements choréiques et une agitation qui atteignent rapide-

ment leur plus grande intensité.

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Mais dans nombre d'observations, La distinction n’est pas possible — la chorée débute lentement, au cours ou à là suite d’une infection à début brusque, fébrile, qu’accompa-

gnent des troubles oculaires, avec où sans somnolence.

Ainsi cliniquement,les rapports entre certaines chorées de Sydenham et l’encéphalite léthargique nous paraissent établis — de même qu'entre la chorée de Dubini et cette même encéphalite. à

- L’anatomie pathologique montre, dans plusieurs cas de chorée aiguë mortelle, des lésions des centres nerveux qui sont identiques à celles de l’encéphalite aiguë léthargique.

Si tous les cas.de chorée sont bien dus à une encéphalite

‘aiguë, celle-ci peut être produite aussi bien par l’encéphalite léthargique que par le rhumatisme articulaire aigu, la grippe, la rougeole, la coqueluche, la scarlatine, la poliomyélite.

Cette encéphalite aiguë, quelle que soit son origine, dé:

terminera le syndrome chorée aiguë à condition que des lésions, rarement destructives, surtout irritatives,' aient

frappé les noyaux gris centraux.

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