CHAPITRE Il
Botanique.
Le strophantus hispidus (orp090c, tordu; a«vôeç. fleur) ainsi nommé par de Candolle, appartient à la famille des Apocynées. Ce genre strophantus se divise en une dizaine de variétés ne différant entre elles que par des caractères très secondaires. La variété hispidus s’appelle encore vulgairement née, kombé et onage.
Très commun dans l'Asie tropicale, 1l se rencontre encore surtout au Congo et au Gabon, sur les côtes occidentales d'Afrique. Ce fut un naturaliste français, Heudelot, qui, un des premiers le recueillit en Sénégambie ; un autre français, Griffon du Bellay, en rapporta du Gabon en même temps que des explorateurs anglais le découvraient à Kombé, dans l'Afrique occidentale équatoriale et sur les bords du Zambèze. Plus récemment encore, un médecin de la marine, le docteur Ballay, gouveräeur du Gabon, caractérisa la variété hispidus d’une façon authentique et la rapporta en France où elle fut l'objet d'études plus complètes.
Le strophantus hispidus est un arbrisseau sarmenteux extrêmement vivace, dont les lianes grimpantes atteignent les arbres voisins les plus élevés. Les branches sont de la grosseur du petit doigt, elles sont creuses, cylindriques et noirâtres. La présence de poils abondants sur presque toutes les parties de la plante est le carac-
tère intéressant de cette famille; les tiges, les jeunes feuilles, leurs limbes et leurs nervures, jusqu'aux calices et aux corolles, tout est garni de poils.
Le calice gamosépale est à cinq lobes aigus, il recouvre en partie une corolle blanche à l'extérieur et dont l'intérieur est parsemé de taches pourpres ; les pétales qui la forment sont soudés (gamopétales), leur limbe qui succède à un tube court subit un mouvement de torsion (atposcs) et l'ensemble représente une cloche à cinq lobes tordus sur eux-mêmes. Du sommet de chacun de ces lobes part une languette étroite, tubulée, également tordue sur elle-même et longue de dix à quinze centimètres ; comme chaque fleur fournit cinq de ces languettes et que ces fleurs.sont réunies en une inflorescence à Cymes terminales passiflores, l’ensemble définitif est très caractéristique.
Le fruit est formé d’un ou deux follicules bruns, cylindriques gros comme le pouce. [ls sont longs de trente à quarante centimètres et contiennent environ deux cents graines. Celles-ci s’insèrent sur la paroi mince et fragile des follicules suivant une surface placentaire étroite et linéaire de couleur jaune pâle : ce sont les parties les plus toxiques de la plante. Ces graines de un centimètre et demi de long à un demi centimètre de large ont la forme d'un ovale allongé, effilé à l’une de ses extrémités, plus arrondi à l’autre, amincei sur les bords, aplati d’un côte et plus convexe de l’autre. Quelques-unes ressemblent à un fer de lance, grâce à une arête prononcée sur l’une des faces et qui se prolonge vers la partie effilée en un acumen. Cet acumen long de quatre centimètres est garni d’une aigrette de poils soyeux, blanes,
longs de un à deux centimètres. Ces graines nous arri-
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vent le plus souvent dépourvues de ces aigrettes très fragiles, elles sont de couleur jaune pâle ou brune ; les poils blancs et soyeux des aigrettes forment les organes de dispersion des semences. L'odeur des graines est forte, pénétrante, désagréable et un peu vireuse. La floraison se fait en mai et la cueillette des gousses en juillet.
Les caractères histologiques de la semence du véritable strophantus hispidus, tel que l’a déterminé de Candolle au Muséum, sont très importants. La graine présente à la partie superficielle une couche de cellules épidermiques dont les parois latérales très épaissies ont la forme de demi-cylindres ; au-dessous d’elle se trouve un parenchyme peu épais, muni de nombreux laticifères et constitué par des cellules aplaties ; plus profondément se trouvent l'embryon et une chape d’albumen. Ces caractères microscopiques permettent de distinguer la variété hispidus des autres telles que l’armentosus, dichotomus, laurifolius, brevi-caudatus, etc.
D’après Fraser, les feuilles, l’écorce, etc., contiennent, mais en plus faible quantité que les graines, le principe toxique de la plante.
Au Gabon, les Pahouins se servent du strophantus pour empoisonner leurs flèches, d’où le nom de «poison des flèches » ou « poison des Pahouins » donné à l’inée par le docteur Vincent et autres explorateurs de ces peuplades africaines.
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