CHAPITRE IV
Physiologie.
Vulpian et Pélikan en 1865 (1) étudièrent les propriétés physiologiques du strophantus ; pour eux la paralysie cardiaque qui résulte de l’intoxication par le strophantus provient surtout de l’action du poison sur le système nerveux du cœur et secondairement sur ses éléments musculaires. Le ventricule s’arrête le premier, il est vide et fortement contracté en systole, ensuite les oreillettes cessent leurs mouvements, distendues qu’elles sont par un sang noir.
Gley et Lapicque (2) n’admettent pas que le strophantus soit un poison musculaire proprement dit, atteignant prumitivement le système musculaire. Conformément à l’axiome de Claude Bernard qui pense que le système nerveux est l’intermédiaire obligé, le passage nécessaire entre l'être vivant et le monde qui l'entoure, Gley pense que l’inée a une action directe sur la moelle.
Lépine de Lyvn (3) prétend que l'arrêt du cœur ne se fait pas toujours en systole et admet l’action du strophantus sur le système nerveux central ; c’est également opinion de Langgaard (4).
(4) Comptes rendus à l’Académie des Sciences. (2) Société de biologie, juillet 1887.
(3) Semaine médicale, 1887.
(4) Therap. monatshefte, 1887.
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Mairet, Combemale et Grognier (1) disent que l'arrêt du cœur se fait en systole sans l'intervention du système nerveux. Patschke et Czerna (2) affirment le contraire.
« Dans toutes mes expériences, dit Laborde (3), le strophantus a un effet constant, semblable à celui que produit une dose de digitale un peu plus forte. » Le même auteur à observé comme particularité intéressante que, quand on à obtenu l'arrêt du cœur (en systole) il suffit d’une légère excitation pour le ranimer et on voit ses battements reparaître pendant un certain temps ; le muscle cardiaque n’est donc pas lésé en tant que muscle contractile, il admet également l’influence nerveuse centrale. 1
Fraser, Polaillon et Carville (4) croient que les pneumogastriques ne jouent aucun rôle dans le phénomène de l'arrêt du cœur ; le poison agit sur la fibre musculaire cardiaque. Ces expérimentateurs reconnaissent que l’inée tue non seulement les grenouilles, mais tous les animaux et toujours par le même mécanisme.
D’après leurs expériences chez la grenouille, le poison placé directement dans le péricarde, en contact avec les parois du cœur, arrête ces battements plus rapidement que si la même dose était imjectée dans les tissus ; il agit moins vite par l’absorption stomacale et rectale que par l’absorption sous-Cutanée, et l’empoisonnement se fait également par absorption interstitielle, seulement plus tardivement.
Sur des grenouilles préalablement curarisées. Polaillon
(1) Société de biologie, 4887.
(2) Société de médecine interne à Berlin, janvier 1888. 3) Tribune médicale, pag. 551, 1887.
4) Archives de physiologie.
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et Carville ont remarqué qu’il n'y avait pas antagonisme entre le strophantus et le curare, mais que les effets toxiques du premier étaient retardés par l’action du second, en un mot, ces deux poisons se génent sans se neutraliser et le curare n’est pas le contre-poison du strophantus.
L’extrait alcoolique de graines de strophantus essayé sur trois grenouilles parallèlement avec la digitaline d'Homolle et avec l’antiarine à agi plus rapidement que ces deux autres poisons.
Comme Fraser, ces mêmes expérimentateurs ont constaté que chez la grenouille, après une série de systoles et de diastoles intermittentes et progressivement plus fortes du cœur, le ventricule le premier s'arrête en systole fortement contracté et vide tandis que les oreïllettes cèdent les dernières en diastole dilatées et remplies de sang noir, et que malgré cette paralysie du cœur, les mouvements de respiration et de déglutition persistent quelque temps après que le cœur a cessé de se contracter ; l’activité musculaire subsiste également et se traduit par une raideur progressive des muscles qui aboutit à un état-de rigidité généralisé dans lequel lanimal succombe avec des muscles durs et pâles, avec des veines pleines de sang comme les oreillettes et avec des artères absolument vides comme les ventricules ; par ces effets toxiques sur le système musculaire, on voit que l’inée a beaucoup d’analogie avec la vératrine.
Quant aux réflexes, ils sont d’abord conservés, puis diminuent rapidement, et au bout d’un temps qui varie avec la dose toxique, les excitations galvaniques, faradiques, mécaniques ou chimiques les plus intenses