‹ Contribution à l'Étude du Strophanthus HispidusChapitre 7 sur 17 · PARC NE · texte numérisé non relu

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portées sur les muscles ou les nerfs ne réussissent plus à provoquer de contractions des muscles ; toutefois, l’excitabilité musculaire disparaît bien avant celle du nerf moteur, ce qui prouve déjà que le système nerveux est déjà moins affecté que le système musculaire.

Le strophantus, à la dose de 2 à 3 milligrammes, tue les poissons et les crustacés, les escargots euxmêmes ne résistent pas à l’achon du strophantus comme ils le font pour la digitaline. Chez les oiseaux, où la respiration est extrêmement active ainsi que la circulation, l’inée, à la dose de 4 à 5 milligrammes, tue en trois ou quatre minutes. Le strophantus est susceptible d’accoutumance : ainsi une dose de 3 milligrammes tue en deux heures un chien de 22 livres, tandis que la même dose épargne un chien de même poids, lorsqu'à plusieurs reprises on a accoutumé ce chien à la dose progressive de 1 à 2 milligrammes.

La quantité nécessaire pour tuer un animal n’est nullement proportionnelle au poids de celui-ci ; ainsi il faut 5 milligrammes d'extrait pour tuer un escargot, tandis qu'avec 3 milligrammes succombe en moins d’une heure un clien assez vigoureux.

Les animaux à sang chaud ont des immunités idiosyncrasiques comme les animaux à sang froid. Polaillon et Carville ont observé qu’une souris de 11 grammes avait résisté à une injection de 3 milligrammes alors qu’une semblable dose avait suffi pour faire périr un chien d’un poids 950 fois plus considérable. D'une façon générale on peut dire que plus l'animal en expérience occupe une place élevée dans l'échelle de l'être, plus sa suscepübilité à l'action toxique du strophantus est exquise.

Deniau (1) rapporte que, d’après les mêmes expérimentateurs, les fibres musculaires du cœur ont perdu leur contractilité au moment où il cesse de battre ; ce fait, d’une importance capitale, prouve que lPinée est bien un poison du cœur ; il à également, comme tous les poisons du cœur, la propriété nauséeuse et émétocathartique signalée par Vulpian.

L'inée une fois absorbé communique ses propriétés toxiques ausang de l’animal empoisonné, fait démontré par Polaillon et Carville, qui ont empoisonné des grenouilles et des chiens en leur injectant une demi seringue du sang d’un autre animal préalablement empoisonné avec 4 milligrammes d’inée. Les Pahouins eux-mêmes ont soin d’enlever une partie des tissus environnant la plaie des animaux atteints de leurs flèches. Jusqu'au dernier moment l'intelligence des animaux intoxiqués persiste.

Polaillon et Carville admettent que linée n’a pas plus d'influence sur l’excitabilité motrice des nerfs que sur leur pouvoir conducteur à l’égard des impressions sensitives et sensorielles. Le pouvoir excito-moteur de la moelle est conservé, et si les réflexes disparaissent, cette disparition ultime est attribuable aux modifications subies par les muscles eux-mêmes. Le poison ne semble pas atteindre, ou qu’accessoirement, le système nerveux sympathique de la vie végétative; en revanche, le strophantus abolit complètement la contractilité musculaire et cette altération est primitive, indépendante de Paction paralytique exercée sur le cœur. Cette perte de contractilité musculaire est plus rapide chez les animaux

(4) Bulletin général de Thérapeutique, 1887.

roux

à sang chaud que chez les animaux à sang froid. Les muscles lisses de l’estomac, intestins, utérus, etc., sont atteints aussi bien que les muscles striés et même plus vite et leur contractilité une fois éteinte ne peut plus être ranimée par aucune excitation, quelle qu’elle soit.

Le système vasculaire, dit Deniau (1), ne parait pas directement influencé par le strophantus, au moment où le cœur va s’arrêter ; les vaisseaux observés dans la membrane interdigitale d’une grenouille subissent une légère rétraction correspondante à la diminution du volume de la colonne sanguine convoyée par les artères, mais il n’y a pas de rétraction active. La circulation lympathique n’est pas ou est peu influencée par l'inée, et chez la grenouille, les cœurs lymphathiques continuent à battre régulièrement après l'arrêt du cœur sanguin. Fraser a même injecté du strophantus dans ces cœurs lymphathiques et intoxiqué l'animal sans arrêter leurs battements. Le sang n'offre Men de particulier, il se coagule comme à l’état normal et les globules ne sont pas déformés. Le poison ne s’élimine ni par le tube digestif, ni par les urines, ni par la salive.

En résumé, d’après Polaillon et Carville, comme le rapporte Deniau, dans son action sur le cœur, l’inée n'agit par l'intermédiaire, ni du bulbe, ni de la moelle, ce dont on peut s’assurer par expérience en détruisant la moelle et le cerveau chez des grenouilles empoisonnées et en comparant ce qui se passe Chez une grenouille témoin, soumise à la même opération, mais non empoisonnée ; il n’agit pas non plus par l'intermédiaire du système nerveux ganglionnaire, les ganglions cardia-

(1) Bulletin de Thérapeutique, 1887.

ques conservent leur excitabilité alors que le cœur à cessé de battre. Les fonctions du grand sympathique ne sont pas altérées, la dilatabilité de l'iris survit encore à l'arrêt du cœur. Ce serait par simple contact avec la fibre musculaire que le strophantus en altère les fonctions. Dès lors, on comprend que la musculature du cœur étant celle qui proportionnellement recoit le plus de sang, puisque la quantité totale de celui-ci a circulé dans les cavités du cœur au bout d’une vingtaine de révolutions cardiaques, on comprend que la musculature du cœur soit la première atteinte par le poison charrié par le sang, celle des oreillettes résistant mieux que celle des ventricules comme étant moins richement irriguée.

Il résulte de tous ces faits et de toutes ces théories physiologiques des différents expérimentateurs, que véritablement nous ne restons plus en présence que de deux théories bien tranchées avec une variante intermédiaire qui paraît vouloir concilier les deux autres partis.

Dans l’une, défendue par Polaillon et Carville, Fraser, Deniau et Combemale, etc., le strophantus est un poison musculaire du cœur sans intervention du système nerveux. Dans l’autre, soutenue par Gley et Lapicque, Langaard, Lépine, de Lyon, et Laborde, le strophantus à besoin de l’intervention nerveuse et a une action directe sur la moelle.

Vulpian et Pélikan, eux, fusionnent ces deux théories en admettant que le strophantus paralyse le cœur, d’abord par ses éléments nerveux et ensuite par ses éléments musculaires.

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