‹ Contribution à l'Étude du Strophanthus HispidusChapitre 8 sur 17 · OPINION DES AUTEURS SUR L'ACTION DU STROPHANTUS · texte numérisé non relu

OPINION DES AUTEURS SUR L'ACTION DU STROPHANTUS

Fraser, d'Edimbourg (1), qui le premier a employé le strophantus dans les maladies du cœur, dit qu’il régularise le pouls, relève la pression intra-vasculaire, active la diurèse, dissipe la dyspnée et les hydropysies. Il va jusqu'à admettre la supériorité du strophantus sur la digitale, en lui attribuant les avantages suivants : 1° le strophantus agit plus rapidement et plus longtemps ; 2° il n’expose pas aux accidents de l'accumulation dans l’économie ; : il n’occasionne pas où rarement des troubles gastro-intestinaux, même après une médication prolongée ; 4° enfin il ne provoque pas de contraction vaso-motrice, laquelle est nuisible au cœur, puisqu'elle augmente la résistance et par conséquent l'effort qu'il est obligé de développer à chaque systole.

Fuerbringer (2), moins enthousiaste, arrive à conclure : l° dans les affections valvulaires du cœur non compensées, la teinture de strophantus est souvent un

(1) Loc. cit.

(2) Deust. med. Wosch, 1887.

East DS

excellent médicament pour ralentir, renforcer et régulariser le cœur. Le premier de ces effets est le plus rapide, le dernier n’arrive qu'au bout de quelques jours ; les dyspnées et les œdèmes sont promptement dissipés. La digitale toutefois est plus sûre, car dans les cas où le strophantus à échoué, la digitale s’est montrée encore efficace ; 2° dans les dégénérescences chroniques du myocarde avec pouls faible et irrégulier, oppression et œdème, 1l calme rapidement la dyspnée, renforce, régularise le cœur ; 3 dans les néphrites, il est moins utile, toutefois il peut calmer la dyspnée ; 4° il amende également les palpitations d’origine nerveuse et les dyspnées qui en résultent.

Le docteur Hermann Haas (1), en expérimentant sur de nombreux malades, voyait le choc de la pointe du cœur devenir moins perceptible, la sensation d'angoisse disparaître avant que le nombre des pulsations diminue, diminution qui se faisait attendre quelquefois longtemps. Son action serait différente de celle' de la digitale, elle paralyserait les vaso-moteurs, n'occasionnerait pas de troubles gastro-intestinaux et de plus exciterait l'appétit. Il l’a également employé avec avantage dans le mal de Bright chronique, dans les épanchements pleurétiques et contre les hémoptysies tuberculeuses.

Le professeur Suckling (2) reconnait que les effets merveilleux du strophantus tant prônés par différents expérimentateurs sont inférieurs à ceux obtenus par la digitale et que les vomissements sont aussi fréquents.

Le Professeur Lépine, de Lyon (3), dit qu’il a expéri-

(1) Centralblatt Therapie, Wien, 1888.

(2; Brit. med. Journal, 1887.

(3) Semaine médicale, 1887.

Driou te

menté le strophantus chez trop peu de malades pour donner des conclusions définitives relativement à ce médicament ; seulement il a constaté chez presque tous, un amendement dans la dyspnée et une diminution de l'impulsion cardiaque coïncidant avec la cessation des palpitations. |

Frænkel conclut que le strophantus exerce une action stimulante sur le cœur, il augmente la pression sanguine et la diurèse, il diminue les œdèmes, toutefois il ne peut être considéré comme succédané de la digitale. Son action s’épuise vite et se manifeste 24 et 48 heures après son administration. C’est dans les cas de cœur forcé (weakened heart) qu'il a le mieux réussi.

Pour Guttmann (1), il ne saurait remplacer la digitale, mais c’est sur la diurèse qu'il agit le mieux, il serait sans action sur les épanchements de cavités séreuses, mais avec lui la dyspnée, même dans la tuberculose, est très améliorée.

Drasche (2), de Vienne, dit que la strophantüne ralentit le pouls et augmente la pression sanguine, calme les palpitations, augmente la diurèse et diminue la dyspnée, elle ne s’accumule pas dans l'économie.

Emile Pins, de Vienne (3), constate qu'avec la strophantine le pouls est plus plein, plus fort, sa fréquence est diminuée de 10 à 40 pulsations par minute, la respiraton devient plus tranquille, plus profonde, moins rapide, la diurèse augmente, les œdèmes disparaissent et l'état général du malade se relève avec l'appétit. Cette amélioration arrive au bout de dix minutes pour la

(1) Semaine médicale, 1887.

(2) Id.

(3) Loc. cit.

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