‹ Contribution à l'Étude du Strophanthus HispidusChapitre 9 sur 17 · PER · texte numérisé non relu

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respiration et de quarante minutes pour le pouls. L'action est durable et persistante, l'amélioration dure pendant deux à trois mois. Par la réaction acide que son administration déterminerait dans le muscle strié, elle ferait paraître les accidents urémiques. La propriété qu’elle a d'élever la tension sanguine sans augmenter simultanément, comme la digitale, les résistances dans les vaisseaux du rein par action vaso-constrictive, la rendrait préférable à la digitale dans le mal de Bright. D’après le méme auteur, la digitale et le strophantus sont tous deux des toniques du cœur, mais un point capital les différencie l’un de l’autre; tandis que le strophantus jaisse indemne la lumière des vaisseaux en même temps que le moteur central y refoule puissamment la masse sanguine, la digitale, au contraire, agissant à la fois sur le cœur et sur les vaisseaux artériels en retrécissant’ leur lumière, augmente les difficultés que le cœur rencontre à y vider le contenu de ses cavités. Pins à consfaté l'indication du strophantus et son incontestable utilité dans les affections fébriles où l’affaiblissement du myocarde entraîne souvent le collapsus, dans la pneumonie et dans la phthisie chronique.

Deniau (1), à qui nous avons fait tant d'emprunts au sujet du strophantus, résume l’action de ce médicament en disant que le strophantus est souverain dans le traitement circulatoire du mal de Bright et, d’une facon générale, dans le traitement des affections valvulaires du cœur ; comme la digitale, le convallaria, la spartéine, il est contre indiqué dans les affections du cœur compensées où il ne pourrait que troubler le rythme des

1) Bulletin de Thérapeutique, 1881.

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contractions physiologiques de cet organe. Comme diurétique il ne vaut peut-être ni le calomel, ni la digitale, ni l’acétate de potasse.

Il ne détermine pas de diarrhée profuse comme ces agents, mais, en revanche, i ne provoque pas les nausées et les vomissements, qu’on observe trop souvent avec la digitale ; malgré la persistance de son action il ne s’accumule pas dans l'organisme ; pour l’auteur c’est plus qu'un succédané de la digitale, ces deux médicaments ne doivent pas s’exclure, mais se compléter.

Le docteur Poulet (1) prétend que l’inée ne détrônera pas le grand sédatüf du cœur, la digitale ; mais que le triomphe du strophantus apparaît dans toutes les maladies ou l’action vaso-constrictive de la digitale rend celle-ci dangereuse ; en première ligne il faut l’ordonner dans la néphrite où l’on doit éviter d'augmenter les résistances dans les vaisseaux du rein. Dans la néphrite intersütielle qui n’est autre chose que l’artério-sclérose sur le rein, Huchard dit que la digitale a pu provoquer des hémorrhagies cérébrales comme Traube en à cité cinq exemples. Enfin, d'après ses observations personnelles, Poulet conclut: 1° que le strophantus agissant physiologiquement sur la contraction des ventricules est applicable à toutes les maladies du cœur non compensées ; 2° que par son action vaso-dilatatrice il est indiqué formellement dans les cas d’artério-sclérose, de néphrites parenchymateuse et interstitielle, dans certaines hémorrhagies, et comme il ne s’accumule pas comme la digitale dans l’économie, il convient dans toutes les maladies inflammatoires où l’affaiblissement du myocarde peut entrainer le collapsus.

(1) Bulletin de Thérapeutique.

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Enfin, il doit à son action spéciale sur le système musculaire de la vie de relation des vertus précieuses dans les cas de paralysie ; de plus il a la supériorité de ne pas être un excitatif, mais un excellent sédatif de la circulation Contrairement à l’action de la noix vomique qui doit être rejetée au début des paralysies.

Pour Dujardin-Beaumetz (1) l’inée est un excellent tonique du cœur, et présente sur la digitale l'avantage de ne pas provoquer l’intolérance gastrique, il agit sur la diurèse, mais la dyspnée persiste surtout dans les affections pulmonaires concomitantes de lésions cardiaques.

Bucquoy dit qu'avec la digitale on obtient une action violente, mais non continue, tandis qu'avec le strophantus on obtient une action prolongée sur le cœur sans phénomène d’intolérance ; c’est surtout quand le cœur est fatigué plutôt qu’asystolique, quand le pouls est irréœulier, qu'il y a de l’oppression, de l’asthme cardiaque que le strophantus détermine un véritable soulagement. Il ne provoque pas, comme la digitale, une vraie débâcle urinaire, mais son action sur la diurèse est continue et progressive. Pour lui, contrairement à Fraser et à Pins, il ne régulariserait pas les battements du cœur.

Après avoir passé rapidement en revue les opinions des cliniciens sur l'action thérapeutique du strophantus, nous allens résumer succinctement l’histoire des malades chez lesquels nous avons administré le médicament, en indiquant les résultats que nous avons obtenus.

(1) Société de Taérapeutique, nov. 87.

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