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ANATOMIE MICROSCOPIQUE

Pour avoir une idée d’ensemble sur la structure interne des ganglions sous-intestinaux, il est utile de jeter un coup d'œil sur une coupe orientée de telle sorte qu’elle contienne tous les ganglions de la chaîne. La figure 11 (pl. IT) satisfait à ces conditions, en reproduisant une section horizontale des ganglions thoraciques et abdominaux du Hanneton.

En avant s’isole une première masse, le premier ganglion thoracique; le second ganglion thoracique et le troisième sont soudés;

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semblablement, la longue masse abdominale est soudée directement à ces deux ganglions thoraciques.

Les éléments cellulaires occupent la périphérie de l'organe, où ils forment, suivant les points, une ou plusieurs couches; la région centrale du ganglion est occupée par la substance ponctuée, qui en représente la plus grande partie; en certains points, qui ne se rencontrent pas sur notre coupe, la substance ponctuée vient en contact direct avec la membrane conjonctive du ganglion.

Cette disposition de la substance ponctuée par rapport aux cellules ganglionnaires se retrouve dans les cérébroïdes de l’Insecte, qui présentent toujours une substance ponctuée centrale garnie d'un revêtement cellulaire. À ce point de vue, les cérébroïdes et le syslème nerveux sous-intestinal sont construits d’après le même plan; différence à noter avec le système nerveux des Vertébrés, chez lesquels les fibres et les cellules ne présentent pas la même répartition anatomique dans la moelle épinière et dans le cerveau. Du reste, l'étude approfondie des ganglions sous-intestinaux des Insectes montre des analogies nombreuses entre ces organes et les cérébroïdes, et les différences qu'une comparaison suivie révèle en eux n'empêche pas de leur reconnaître une unité de plan de structure. Au contraire, chez les Vertébrés, la différenciation qui s'est opérée entre le cerveau et la moelle est si considérable qu'elle rend douteuse toute tentative d'homologation.

Notre but, dans ces études, est de présenter ce qu'on peut appeler l'anatomie microscopique de la substance ponctuée. En quoi consiste celte étude ?

Elle consiste à suivre les nerfs qui pénètrent dans le ganglion, et à décrire le nombre, la direction et la terminaison de leurs racines ; elle consiste en second lieu à connaître le trajet intraganglionnaire des connectifs qui vont d’un ganglion à l’autre ; et en troisième lieu, il nous faudra voir si la substance ponctuée forme, dans l’intérieur du ganglion, des masses distinctes, de véritables organes auxquels on peut décrire un ‘contour, et qui sont reliés aux organes symétriques ou simplement voisins par des commissures. C’est une morphologie qui se suffit en quelque sorte à elle-même, et qui est distincte de la physiologie; on peut se proposer de connaître la manière dont la substance ponctuée est répartie en lobes et en lobules dans l'intérieur d’un ganglion, sans se préoccuper de savoir le rôle joué par chacune de ces parties.

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C'est là du reste le but unique auquel l'anatomie du cerveau chez les Insectes a prétendu jusqu'ici.

Le premier fait que démontre l'examen microscopique de la substance fibrillaire a une portée générale : c’est que chaque ganglion du système sous-intestinal présente, à peu de chose près, la même disposition intérieure. Il est peut-être difficile de se convaincre de celte disposition en se bornant à étudier une seule coupe horizontale; cependant on peut voir, dans la région abdominale notamment, des dispositions de substance ponctuée qui figurent par leur ensemble une sorte d'échelle, et qui se répètent d’un ganglion à l’autre. Si on examine patiemment une série de coupes transversales, on voit aussi un retour régulier des mêmes formes.

Par conséquent, la connaissance de l'organisation d’un ganglion permet de savoir combien il existe de ganglions fusionnés dans une masse en apparence unique ; les anatomistes ont pu faire déjà cette analyse pour les cérébroïdes des Insectes, qui sont formés par la réunion de trois ganglions, portant les noms de protocérébron, deutocérébron et tritocérébron, et qui innervent les trois zoonites dont la tête de l’Insecte est formée. Nous pourrons faire cette même analyse pour les autres parties du système nerveux, notamment pour le ganglion sous-œsophagien, qui résulte de la soudure de trois ganglions.

Soudure n'est point fusion; en réalité, deux ganglions successifs ne se fusionnent point, ils restent distincts, ils conservent chacun sa structure propre; mais ils peuvent se rapprocher et faire directement suite l’un à l’autre, avec suppression des connectifs.

Parfois, cependant, il se produit une légère complication, dont il faut être averti pour ne pas commettre une erreur d'interprétation ; certaines parties d’un ganglion chevauchent sur le ganglion subséquent, de sorte que sur une même coupe transversale on peut rencontrer des struclures appartenant à des ganglions différents. Nous donnerons plusieurs exemples de cette complication. On la rencontre principalement chez les types dont le système nerveux est fortement condensé, par exemple chez les Diptères ; les lobes cruraux se prolongent en: arrière de la limite du ganglion auquel ils appartiennent, et ils s'étendent sur les côtés des ganglions subséquents; mais ils ne se soudent point avec ces derniers.

Les considérations précédentes sur l'autonomie des ganglions

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ont pour effet d’enlever quelque importance à un caractère anatomique du système nerveux des Insectes, sur lequel M. Émile Blanchard a longuement insisté dans ses beaux travaux; ce caractère, c’est la longueur des connectifs. M. É. Blanchard a essayé de fixer les affinités des groupes d’Insectes et d'établir, ou du moins de consolider, leur classification, en prenant en considération le degré variable de condensation que présentent les ganglions de la chaine nerveuse. Quelle que soit la portée de ce caractère au point de vue de l’affinité des espèces, il est incontestable que ce caractère n'influe point sur l’organisation interne des ganglions, puisque ceux-ci conservent toujours la même organisation, qu'ils soient rapprochés ou éloignés les uns des autres.

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