ORGANISATION D'UN GANGLION THORACIQUE
I. — Il serait bien inutile de décrire les uns après les autres tous les ganglions de la chaîne; ce serait s’exposer à des répétitions fastidieuses; nous nous bornerons à la description de trois ganglions types, un ganglion du thorax, un ganglion de l'abdomen, et le ganglion sous-æsophagien. Nous commencerons par le thorax.
Les descriptions qui suivent ont trait à un Mélolonthien de petite taille, le Rhizotroqus solstitialis.
Le premier ganglion thoracique, chez le Rhisotrogus, n'émet qu'un seul nerf important, le nerf crural, qui innerve les pattes antérieures, et qui fournit en outre des branches aux muscles des parois du corps. Le second ganglion thoracique et le troisième possèdent, outre leur nerf crural, un nerf pour les élytres et pour les ailes; ils présentent, par conséquent, une organisation un peu plus compliquée; nous choisirons l’un d’eux pour notre description; tout ce qui suit s'applique au second ganglion thoracique du Rhizotrogus.
Trois dessins schématiques (dans le texte) serviront à donner une première idée sommaire de l’organisation interne du ganglion; ces trois dessins représentent trois coupes faites suivant les trois dimensions de l’espace; la figure 3 est une coupe transversale, pratiquée perpendiculairement à l’axe principal ou longitudinal
Enr du corps de l’Insecte. La figure 4 est une coupe longitudinale pratiquée parallèlement aux flancs. La figure 5 est une coupe horizontale pratiquée parallèlement à la face ventrale.
L'orientation de ces coupes ne présente point les mêmes diffi-
Fig. 3, — Coupe transversale, Fig. 5. — Coupe horizontale.
Fig. 4. — Coupe longitudinale,
c. v. Colonne ventrale, — n. cr. Nerf crural. — n. al. Nerf alaire, — /. d. Lobe dorsal. L. v. Lobe ventral. — /. er. Lobe crural. — ». d, n. al. Racine dorsale du nerf alaire, r. v. n. al. Racine ventrale du nerf alaire. — /0b, v. inf. Lobule ventral inférieur. c. v, a. Commissure ventrale antérieure. — c. ». p. Commissure ventrale postérieure, e. d. Connectifs dorsaux. — »1. er. Mamelon crural,
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cultés que l'orientation des coupes à travers la masse céphalique ; en effet, le système nerveux sous-intestinal est placé, chez le Rhzotrogus, au-dessous du tube digestif, et appartient à un plan sensiblement horizontal; il suffit donc de définir la position de l'Insecte pour comprendre l'orientation de la coupe. Au contraire, les cérébroïdes n’ont pas la même fixité de position; ils font avec la
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chaîne nerveuse un angle dont la valeur change avec les espèces ; et pour que la coupe passe à travers un des axes principaux des cérébroïdes, il faut tenir compte du degré de courbure céphalique.
Les figures 3, 4 et 5 ne représentent point des coupes isolées, mais des synthèses de coupes; sur chacune d’entre elles nous avons dessiné en projection, autant que cela nous a été possible, toutes les structures que l’on rencontre dans la série de coupes faites dans un même sens; ainsi la figure 4 est la synthèse de toutes les coupes longitudinales. Chacune de ces figures représente à peu près ce qu'on apercevrait si le ganglion était rendu, par hypothèse, parfaitement transparent, et qu'on le regardât dans une direction donnée; par en haut pour la coupe horizontale, par le côté pour la coupe longitudinale, et par la face antérieure pour la coupe transversale.
Nous avons simplifié quelques-unes des structures, afin de rendre le dessin facile à comprendre; ce n’est, il faut bien le savoir, qu'un dessin schématique.
En voici la description abrégée.
Le ganglion thoracique est formé par la réunion de trois lobes; un lobe dorsal, impair et médian, un lobe ventral, impair et médian, et un lobe crural, latéral et double.
Déjà, en examinant la figure 11 (pl. Il), on a pu reconnaître que ce qui distingue le plus nettement les ganglions thoraciques des abdominaux, c’est leur développement dans le sens transversal ; ce développement est dû, en majeure partie, à la présence des lobes cruraux.
Aucun de ces trois lobes n’est séparé des autres par une limite distincte et continue; mais on reconnaît leur position notamment sur la coupe transversale 3 (texte).
Le lobe ventral contient un organe très important, la colonne ventrale; elle est formée de deux masses de substance ponctuée très dense; ces deux masses ont une forme allongée, vaguement cylindrique, et elles s'étendent dans le sens antéro-postérieur. La figure 3 (texte) les présente en coupe, la figure 5 (lexte) les montre vues d'en haut, et la figure 4 (texte) en présente la face latérale. Dans leur portion antérieure, les deux colonnes sont réunies par une large commissure, qui a été figurée sur les coupes 3 et 5. C'est la commissure ventrale antérieure. I existe une seconde commissure, en arc, qui réunit les deux colonnes; elle est située en