‹ Contribution à l'étude du system nervoux sous-intestinal des insectsChapitre 28 sur 36 · Page · texte numérisé non relu

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s'appuie sur les observations les plus précises; Faivre en rapporte plusieurs, qui me paraissent décisives, et moi-même, j'ai pu en faire quelques-unes qui m'avaient conduit à admettre l'interprétation de Faivre avant d'en avoir pris connaissance par la lecture de son travail.

Voici d’abord les expériences de Faivre. Il à cherché à soustraire à la volonté de l'Inseete qui exécutait le mouvement de manège les pattes de tout un côté du corps, afin de voir comment l'animal se servirait des pattes qui resteraient sous l'influence de sa volonté. Pour bien faire comprendre l'expérience, rappelons en deux mots la disposition anatomique des ganglions qui tiennent sous leur dépendance le mouvement des pattes; ce sont trois gros ganglions situés dans le thorax de l'animal; chacun de ces ganglions, qui est primitivement double, est réuni au précédent par deux connectifs parallèles ; le premier ganglion thoracique, celui qui innerve la première paire de pattes, est également relié par un double connectif au ganglion sous-æsophagien; et le sous-æsophagien est réuni au cerveau de l'animal par la double commissure œsophagienne. Faivre a supposé que si on coupe un des deux connectifs, mettons par exemple le droit, entre la masse sous-æsophagienne et le premier ganglion thoracique ou entre deux ganglions thoraciques, cette section a pour effet de supprimer l’action des cérébroïdes sur une ou plusieurs pattes du côté droit. Il y aurait peut-être quelques réserves à faire sur ce point; mais le fait certain, et suffisant pour rendre démonstrative l'expérience qui va suivre, c'est que la section du connectif droit affaiblit, selon Faivre, le mouvement de la marche dans les pattes du côté droit, et le Dytique les traîne en marchant. Or, si, après cette opération, on enlève le lobe cérébral du côté droit, on détermine le mouvement habituel de manège, de droite à gauche; l'animal décrit un cercle en sens inverse du mouvement d'une montre; il ne peut pas se servir de ses pattes drojtes pour se diriger à gauche, mais il se sert de ses paltes gauches, avec lesquelles il s'accroche pour attirer son corps du côté du lobe cérébral resté sain. Si, au lieu d'enlever le lobe cérébral de droite, on enlève celui de gauche, l'animal se dirigera vers la gauche; ne pouvant pas utiliser ses pattes droites qui, par suite de la section du connectif droit, sont soustraites à sa volonté, il emploiera ses pattes gauches, mais d’une façon autre que l'animal de l'expérience précédente; il se repoussera avec ses paltes gauches du côté droit. On peut varier

l'expérience de plusieurs autres façons; le résultat est toujours sensiblement le même, et montre que la lésion exerce son influence sur les deux côtés du corps; l’animal, comme dit Faivre, qu'il tourne à droite ou à gauche, coordonne toutes ses pattes pour produire ses mouvements toujours dans le même sens.

J'ai obtenu un résultat identique à celui de Faivre en employant un procédé plus simple et plus élémentaire; c'est l'amputation d’une ou plusieurs pattes du côté du corps qui regarde la périphérie du cercle décrit et qu'on a considéré parfois comme le plus vigoureux. En privant de quelques-uns de ses membres un côté du Corps, on diminue sa prépondérance sur l’autre côté; et cependant, si l’expérience est faite sur un animal qui est affecté du tournoiement depuis plusieurs jours, elle ne modifie pas le sens du mouvement.

Chez les Dyliques, on peut faire une double observation, en profilant de ce fait que ces Coléoptères peuvent marcher et nager. Voyons d’abord ce qui concerne la marche. Il est indispensable de choisir, pour le soumettre à cette épreuve, un sujet qui conserve un mouvement bien net de rotation depuis plusieurs jours. Sur un tel sujet, qui tourne par exemple de gauche à droite, coupons toutes les pattes du côlé gauche; l'animal tombe sur le flanc gauche, mais les pattes droites ne restent pas inactives : elles s'accerochent aux aspérités de la surface, et attirent l'animal vers la droite, de sorte qu'il continue à décrire des cercles de gauche à droite. Un Dytique intact se comporte tout autrement quand on le prive des trois pattes d’un même côté; il tourne tantôt dans un sens, tantôt dans le sens opposé: il avance parfois en ligne droite: il ne présente point cet acharnement à tourner toujours dans le même sens.

Voilà pour la progression sur le sol.

Quand on place dans l'eau un Dytique qui présente un mouvement de manège pendant la marche, et qu’on lui coupe les trois pattes du côté où il se dirige dans son mouvement, on n’observe pas les mêmes résultats que pendant la marche sur une surface unie et résistante.

Faivre avait bien noté la différence qui existe à cet égard entre la marche et la natation. « Soit, dit-il, un Dytique auquel on à enlevé

le lobe gauche et coupé le connectif gauche ; l’Insecte a une tendance à tourner à droite, mais ce mouvement est difficile. En ettele

la patte natatoire gauche, agent principal de ce mouvement, est

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