PUS TRES
due probablement à l’action favorisante du froid, soit par action directe sur les globules, soit par l’intermédiaire d’un choc nerveux comme le pensent Nolf, Chabrol, Gilbert, Widal. L'hémolyse pathologique est donc un phénomène général, dont le siège n’est pas uniquement splénique. Elke peut se produire dans tout l'organisme, partout où il y a du tissu conjonctif indifférencié. Mais c’est toutefois dans la rate qu’apparaissent les premières cellules hémophagiques. Ce viscère, déjà orienté vers lhémolyse physiologique des hématies usées et vieillies, voit son rôle exalté dans les maladies où il y a surproduction d’hématies ou bien vieillissement prématuré, lésion des hématies par un processus morbide quelconque. C’est le cas du paludisme. Mais c’est surtout au cours de Pictère hémolytique et des anémies pernicieuses que se révèle tout particulièrement le rôle hémolytique de la rate.
L'ICTÈRE HÉMOLYTIQUE.
L’ictère hémolytique, ou ictère dissocié de Brulé. est avant tout caractérisé par une tuméfaction de la rate et par une rétention de pigments biliaires. I y à dissociation comme dans les syndromes dissnciés urinaires, en ce sens que les acides et les sels biliaires ne sont pas retenus, tandis que les pigments biliaires le sont. A ces symptômes s'associe toujours une anémie, souvent très prononcée, due à l’intense processus d’hémolyse. Ce qui frappe, c’est que la cellule hépatique ne semble
LPO DRE
nullement lésée. Les pigments biliaires sont normalement éliminés. La bile est très concentrée et les selles sont bien colorées pendant toute la durée de Ia maladie. Souvent même, elles sont plus foncées que normalement, prenant une teinte vert bouteille foncée. Tous ces symptômes disparaissent avec l’ablation de la rate, opération tout à fait indiquée ici, surtout dans dans les cas graves. La conclusion qui s'impose est que lictère est dû dans ces cas à une surproduction de bile, liée elle-même à une hyperhémolvyse spiénique. L’anatomie pathologique confirme cette façon de voir : un examen d’un frottis de pulpe splénique montre une phagocytose intense, extrême, une destruction des hématies beaucoup plus rapide qu’en temps normal, avec libération d’une grande quantité d’hémoglobine. La pathogénie saute aux yeux : le tissu splénique excité par une cause inconnue détruit les globules rouges en quantité massive. L'organisme réagit contre cette déglobulisation par une hyper-activité des organes sanguiformateurs, en particulier de la moœælle osseuse. Tant que la destruction sanguine est compensée, l’anémie ne se manifeste pas. Il n’y a que de l'ictère. Maïs dès les premiers signes de fatigue de la mœælle osseuse, l’anémie apparaît et devient de plus en plus grave. L’ictère résulte directement de la mise en liberté de l’hémoglobine et de sa transformation en pigments biliaires qui sont éliminés en grande partie par le foie, en partie retenus dans les éléments chromopexiques des tissus.