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des corps gras. En effet, la rate pas plus qu'aucun autre élément particulier de l'organisme ne saurait être considérée comme l’agent sécréteur exclusif de la cholestérine : il s’en fabrique un peu partout, dans tous les tissus, dans les muscles. Mais il suffit d'interrompre la circulation splénique pour que la cholestérinogenèse tissulaire soit supprimée où considérablement diminuée, tandis que le rétablissement de la circulation splénique fait apparaître de nouveau Ja cholestérinogenèse tissulaire (Abellous). Il y a donc une hormone splénique qui préside à la fabrication de ce produit. La fabrication de cholestérine correspond à une diminution parallèle d'acides gras se présentant sous forme de savons toxiques particulièrement envers les globules rouges. Leur transformation en cholestérine correspond dès lors à une défense de l’organisme par les éléments réticulo-endothéliaux. La splénectomie a dans ce sens une action nettement défavorable. Elle apporte des troubles profonds au métabolisme des graisses : dégradation imparfaite des corps gras, mauvaise élimination des acides gras toxiques, hypocholestérinémie, élimination cétonique plus intense après injection d'huile émulsionnée, etc. Mais ces troubles ne sont que transitoires, car le tissu conjonctif met rapidement sur pied des cellules qui remplacent les éléments très spécialisés que contenait la rate enlevée, grâce à sa richesse en potentiels : cellules de taille variable, souvent géantes, à noyaux unique ou multiples, irréguliers, nucléolés, à chromatine très lâche, à protoplasma vacuolaire. On voit apparaître un peu
partout ces cellules après la splénectomie, et aussi au cours de certaines maladies résultant de viciation du métabolisme des graisses, et dont elles sont le substratum anatomique: les xanthomes en général, superficiels ou profonds, la maladie de Gaucher, de Niemann-Pick, de Schüller-Christian, le diabète gras, etc. L'étude analytique de ces affections apporte une preuve de plus de la contribution importante du système conjonctif réticuloendothélial dans le métabolisme des graisses, et leur description mérite à ce titre quelque intérêt.
LES XANTHOMES.
La cholestérine peut imprégner toutes les zoncs de l'organisme, mais elle présente cependant une affinité particulière pour les tissus superficiels tels que la peau, surtout dans les régions exposées à l'air et à la lumière. Roffo, de Buenos-Avyres, a montré par exemple que la peau de la face est de six à sept fois plus riche en cholestérine que la peau de l’abdomen, abritée par les vêtements. Dans certaines circonstances, quand le taux de la cholestérine sanguine augmente par suite d’un vice de nutrition, on voit des territoires de lorganisme présenter des infiltrations de cholestérine. Les xanthomes sont des lésions de ce genre, et sont particulièrement fréquents au niveau de la peau. Ce sont de petites taches ou nodosités dures, jaunûtres, à évolution très lente, qui se produisent en certains points, particulièrement au niveau des