LA PARTICIPATION DU SRE DANS LES INFECTIONS
On ne peut s'étonner, étant donné ce que l’on sait des fonctions générales du système histiocytaire, de sa participation à la symptomatologie des maladies infectieuses et parasitaires. En tant qu’élément essentiel du terrain biologique, le système intervient dans toutes les infections à titre d’agent de défense locale et générale par ses macrophages, par ses anticorps, par ses activités métaboliques. Si Mallory et son école ont bien montré sa participation dans la fièvre typhoïde, le nombre des maladies infectieuses ou parasitaires dans lesquelles une œuvre semblable n’a pas été réalisée est très grand. Les symptômes liés à la réaction ou à latteinte du tissu réticulo-endothélial sont faciles à mettre en évidence, et la lecture du lumineux rapport de MM. Gastinel et Reilly au XIX° Congrès de Médecine est toujours utile. Les réactions de ce tissu s’affirment localement et généralement par de nombreux symptômes. Localement, c’est avant tout
l’inflammation du tissu conjonctif avec tout son
cortège de modifications : imprégnation d’eau, œdème local, macrophagie, prolifération cellulaire, transformation des éléments indifférenciés en lstiocytes taillés pour la lutte, organisation de ces cellules en éléments géants, syncitiaux, épithélioïdes, qui, d’après les travaux de Goldmann, Kiyono, Evans, sont hautement chromophiles. C’est encore l’organisation en cellules et tissus spéciaux, comme on en trouve dans les plaques de Payer, dans cer-
taines angines, dans les tubercules, gommes, nodu-
les divers, etc. Parmi les modifications d'ordre général, on trouve des réactions des organes héma-
topoiétiques, des vaisseaux, du sang, portant à la
fois sur l’équilibre cellulaire et sur la composition bio-chimique des humeurs. Le système capillaire est un des premiers à réagir, les cellules endothéliales de ces formations étant au contact des germes. Outre le fait que l’endothélium fournit un gros effort dans la genèse des monocytes et dans la résorption des colloïdes en circulation, son fléchissement explique le phénomène de la fragilité des capillaires, appréciable par les multiples ecchymoses, le signe du lacet, et par les lésions de purpura. Dans les réactions spléniques, on retrouve les mêmes facteurs généraux, et on s'explique ainsi la fréquence de l'augmentation de volume de !a rate au cours des infections. La splénomégalie est d'habitude modérée, mais dans certaines affections, elle peut devenir considérable et constituer un des symptômes principaux de la maladie. La réaction splénique s'explique non seulement par les lésions
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des multiples endothéliums qu’elle contient, mais encore par l’activité particulière qu'ils présentent au cours des infections. C’est une véritable bataille où la macrophagie prend une importance capitale, où sont détruites les cellules endommagées, les globules lésés, où sont fabriqués les anticorps. Des réactions similaires sont constatées au niveau de tous les organes hématopoiétiques, mœælle osseuse, formations lymphoïdes diverses, ganglions. Souvent des territoires mésenchymateux indifférenciés deviennent le lieu de métastases, de réveils de l’activité potentielle de leurs éléments qui entrent en jeu. Dans le sang, on trouve des témoignages de cette activité du système réticulo-endothélial. L'équilibre leucocytaire varie, le nombre des éléments figurés augmente ou diminue. Les monocytes, agents de combat spécifiquement réticulo-endothéliaux augmentent de nombre, pouvant déterminer un véritable état de monocytose aiguë ou chronique, pouvant passer de 2 à 3 %, à 20, 30 et même 50 % du nombre total des leucocytes. Certaines leucémies à monocytes ne sont que l’exagération de ce processus et la traduction d’une infection occulte. Les hématoblastes varient également dans leur nombre : la crise hématoblastique de Hayem apparaît principalement au déclin des fièvres. Le nombre des globules rouges diminue plus où moins. L'anémie, généralement modérée, peut devenir symptômatique d’une infection, et même prendre le type pernicieux. À l’anémie correspond le subictère ou l’ictère du type dissocié que nous avons décrit, avec une grande abondance de pigment san-
guin mis en liberté. Les humeurs, du point de vue bio-chimique sont modifiées, et là encore nous voyons intervention fréquente du conjonctif métabolique. Les graisses, puisées dans les éléments adipeux sont destinées à neutraliser les toxiques libérés par les germes. La cholestérine diminue. Tous les métabolismes sont plus ou moins modifiés, et souvent apparaissent des azotémies tissulaires. Le calcium peut diminuer, ainsi qu’une substance analogue au thrombogène (Stephan) entraînant des hémorragies. Enfin, les humeurs sont saturées d’anticorps dans la genèse desquels le SRE ne semble pas étranger. L
Ces divers symptômes de réaction du SRE, nous les retrouvons dans toutes les infections, soit au grand complet, soit dissociés. Suivant l'exemple tracé par Mallory et ses élèves, par l’école italienne moderne, nous nous évertuerons à montrer le rôle du système histiocytaire dans trois affections particulièrement fréquentes en Algérie, et qui ont fait récemment l’objet de travaux intéressants.