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Dans la plupart des observations, cependant, tôt ou tard, on a obtenu les renseignements sur la fausse couche et sur les instruments qui ont servi à la provoquer.
L'examen gynécologique sera fait avec le plus grand soin et sous anesthésie.
Dans notre idée, il a alors pour but de préciser le volume de l’utérus, sa mobilité pour décider déjà de la voie d’abord à utiliser pour l’hystérectomie.
L’hystérectomie systématique et précoce associée à la sérothérapie, aidée d’une anesthésie pour ainsi dire continuelle, nous semble devoir augmenter les chances de succès. Il ne faut pas croire toutefois voir guérir de cette manière tous les cas de tétanos postabortum.
L'évolution est très variable :
— Il est des formes suraiguës où la mort survient en 24 ou 48 heures.
— Il est à l’opposé des formes lentes évoluant en 8 ou 10 jours.
La mort survient en général au cours d’une crise pharyngo-laryngée qui peut être déclenchée à chaque prise de liquide (tétanos hydrophobique).
Notre première malade est morte rapidement, cyanosée, après avoir bu.
Le tétanos post-abortum peut enfin prendre une allure clinique des plus trompeuses. Tel est le cas de DESBoNNETS de Lille : « Tétanos mortel consécutif à un avortement provoqué semblant débuter par une luxation de la mâchoire ».
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En voici brièvement résumée l’observation :
Une jeune femme de 26 ans est hospitalisée pour luxation de la mâchoire.
Depuis 48 heures elle est soignée pour perte de sang. Ce n’est que le surlendemain de son hospitalisation que la raideur de la nuque apparaît. Les signes sont frustres. Une ponction lombaire est pratiquée, qui, éliminant toute idée de méningite, confirme le diagnostic de tétanos.
Malgré le traitement mis en œuvre, la malade meurt rapidement.
La preuve du tétanos a été faite par le laboratoire. z
L'auteur fait suivre son observation, de considérations cliniques, mais surtout il insiste sur l’existence de la luxation de la mâchoire.
Cette luxation, dit-il, s’est produite spontanément, sans effort, alors que la malade mangeait des œufs brouillés. Elle fut très difficile à réduire.
Il ne s’agit pas là d’une simple coïncidence, DEs- BONNETS a trouvé une autre observation du Docteur Dugois dans « Toulouse Médical >», où il notait un accident semblable précédant l’évolution d’un tétanos.
D'ailleurs, malgré les réserves faites à cause du prélèvement post-mortem, l’auteur a pu mettre en évidence le bacille de Nicolaïer dans l’utérus.
Il termine en se demandant le pourquoi de cette luxation, alors qu’il n’y avait aucun trismus.
Quelle qu’en soit la pathogénie, il est intéressant de
EC APN
connaître pareil aspect anormal dont il paraît exister deux cas dans la littérature.
« Le pronostic du tétanos post-abortum est sévère. ViNAY avait dit mortalité 88,67 %. SUET, au Congrès de Marseille, 86 %. AUVRAY et FRANTZ réunissant les cas publiés depuis SWET et y ajoutant l’épidémie de Prague, arrivent pour 41 cas de tétanos post-abortum à 35 morts et 6 guérisons : mortalité 58,36 %. À 40 ans de distance, les chiffres varient peu. P. Joris, en 1934, trouve 39 morts et 11 guérisons : mortalité 76,47 %. Les statistiques allemandes sont lourdes : WiNCKEL : mortalité 89 %. KENTMANN : mortalité 93 %.
« Les cas récents ne sont pas plus encourageants : mortes en effet les malades de SHUET et SARDOU, de WAREMBOURG, de ROUGEMONT et Mile CLAVEL ; mortes celles de R. Worms et la mienne. Si j'ajoute aux 51 observations de Joris ces 5 cas mortels, le pourcentage redevient ce qu’il paraît si curieusement toujours être » (Monpon).
A en croire ces lignes précédentes, M. Moxpor est très pessimiste et ne semble pas envisager l’avenir sous de meilleurs auspices.
D’après A. SicARD, le pronostic est sous la dépendance de trois facteurs :
1° La résistance de l'organisme :
La plupart de ces malades, anémiées par des hémorragies abondantes, offrent un très mauvais terrain à l’évolution de l’infection.
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2° L'aspect clinique de l'affection :
Les formes à localisation purement pharyngées et laryngées, les plus fréquentes, lui semblent beaucoup plus graves et évoluent très rapidement.
3° La précocité du traitement :
Il importe de connaître, dit-il, les petits signes prémonitoires pour mettre en œuvre le plus tôt possible des moyens thérapeutiques énergiques.
Sur les deux cas observés par M. GOYER, il y eut une mort et une guérison. Le traitement général et sérothérapique a été le même. L’anesthésie au rectanol a été mise en œuvre dans les deux cas. L’hystérectomie n’a pas été pratiquée chez la première malade, elle est morte. L’autre qui a guéri a subi une hystérectomie vaginale précoce.
Il serait puéril de faire état de ces deux cas pour établir une statistique à 50 % de succès.
Tout de même il est bon de revenir sur le troisième point du pronostic de SICARD et de répéter que celuici peut être amélioré :
— Par des moyens thérapeutiques énergiques :
l'hystérectomie est le plus radical avec la sérothérapie immédiate.
— Par la précocité du traitement dès les petits signes prémonitoires.