‹ Contribution à l'Étude du Traitement Chirurgical de certaines collections purulentes intra pulmonairesChapitre 13 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Inédite)

Victorine D..., G ans, est envoyée à notre maitre, M. Poisson, par le D' Monnier, de Nozay, au commencement de mai 1905.

Comme antécédents héréditaires, nous ne relevons rien. Le père et la mère sont bien portants; ils n’ont que cette enfant.

Jusqu'à 4 ans, elle a eu une bonne santé, |

ps

À 5 ans, elle fait une rougeole, compliquée d’une bronchite assez sérieuse.

Peu après, à l’âge de 6 ans, angine diphtérique, enrayée rapidement par une injection de sérum antidiphtérique.

Depuis cette époque, l'enfant est continuellement sujette aux bronchites. Ce qui frappait surtout les parents, c'était une toux

très fréquente, suivie d’une expectoration abondante, parfois

striée de sang. Nous avons fait préciser aux parents la nature

de ces expectorations. Certaines fois, nous ont-ils dit, leur petite”

fille crachait d’un seul coup la valeur d’un quart de verre à boire. L’expectoration n'avait pas l’aspect d’un pus bien lié,

mais ressemblait plutôt à du muco-pus, et avait une odeur

fétide.

Au mois de décembre 1904, nouvelle bronchite.

Traitement : Huile de foie de morue, créosote, teinture d’iode

à l’intérieur. ’

Au mois de janvier, pneumonie du côté gauche. Le Dr Monnier, de Nozay, qui soignait alors la petite malade,

trouvant que les signes de pneumonie persistaient indéfiniment

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et que la respiration devenait de plus en plus obscure à la base, songea à une pleurésie purulenle, diagnostic qui lui parut confirmé par une véritable vomique, suivie les jours suivants d’une expectoration purulente. Ê

L'état général, au début, se maintenait bon ; mais peu à peu il déclina, et une intervention fut décidée le 8 juin. 2

Nous avons prié M. Fortineau, préparateur de bactériologie à l'École de Médecine de Nantes, de bien vouloir examiner l’expectoration de notre petite malade. Il n’a pas trouvé de bacille de Koch, mais du pneumocoque.

(M. Poisson a bien voulu nous écrire lui-même le récit de son intervention). :

L'opération est pratiquée, le 8 juin 1905, avec l’aide du Dr Rivet, chirurgien des hôpitaux, et du Dr Jalaber, médecin des hôpitaux, qui chloroformise la petite malade. RASE

Une incision transversale de 10 à 12 centimètres est faite dans l’espace intercostal de la huitième et de la neuvième côte. Le milieu de cette incision répond à peu près à la ligne axillaire. Deux incisions verticales tombent sur les extrémités de la pre-

mière incision. Il en résulte deux volets l’un inférieur plus court,

l’autre supérieur assez étendu pour permettre la résection de

la sixième côte. Cette résection est faite sous-périostée. Elle porfe sur dix centimètres de la neuvième côte, un peu moins sur la huitième, de façon à faire jusquà la sixième inclusivement une pyramide tronquée.

On voit alors par transparence d'une façon très nette les mouvements du'poumon et le glissement de l’une sur l’autre des deux plèvres révèle l'absence de toute espèce d’adhérence.

Le foyer enkysté que nous pouvions espérer, n'existe pas ou

tout au moins il n’est pas pleural. Mais n'est-il pas plus pro-

fond ? En rester là nous répugne et pour faire une exploration

librement dans leur intervalle.

pulmonaire, nous nous mettons en devoir de circonscrire par

un surjet au catgut toute la zone pleuro-pulmonaire, mise à découvert par notre incision.

Ce surjet est fait avec une aiguille courbe fine et chaque point empièête sur le précédent de façon à empêcher l'air de pénétrer dans la grande cavité pleurale. La manœuvre n’est pas aussi facile qu’elle le paraît théoriquement, étant donnés les mouvements d'expansion du poumon et nous entendons bientôt l'air pénétrer en sifflant par les points de suture qui déchirent la plèvre pariétale très mince. Malgré nos efforts, le pneumothorax se constitue lentement et quand notre suture achevée, nous inci sons la plèvre, ce pneumothorax est complet, èt le poumon revenu sur lui-même n’est plus retenu à la plèvre pariétale que par nos points de suture, désormais inutiles, car l’air passe

Le poumon nous paraît sain, les espaces interlobaires sont normaux et ne présentent pas d’adhérences. Nous ponctionnons, mais sans résultat.

Nous ne pouvons faire davantage : nous nous retirons après une bonne suture sans drainage un peu ennuyés de cette tentative audacieuse.

A aucun moment, l'enfant n’a paru gênée dans la respiration, le sommeil chloroformique a été excellent et le réveil facile.

Le premier pansement un peu souillé de sang est changé Île

lendemain.

Les fils sont retirés au bout de dix jours et la ligne de cica-

trisation est parfaite.

Après l'intervention, les crachats avaient beaucoup diminué

au point même de cesser complètement pendant deux mois.

Mais au mois d’août 1905, l'enfant a de nouveau une bronchite;

J'expectoration redevient abondante, mais ne présente pas la

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