LORS
M. Cretin, le malade couché sur le côté gauche et le chirurgien placé derrière lui.
La ponction exploratrice a été faite dans le septième espace. Elle sert d'indication. Prenant la huitième côte comme repaire, je mène sur le milieu de cette côte, en partant en arrière de la ligne axillaire postérieure et en s’arrêtant en avant, à l’extrémité de la côte, une longue incision qui sectionne toutes les parties molles, y compris le périoste, jusqu’à l'os.
L’incision oblique, ainsi faite et recourbée en haut, à ses deux extrémités, de façon à circonscrire un lambeau en U très court.
La huitiémc côte est ruginée, puis réséquée depuis l'angle costal postérieur jusqu’à l’insertion de la côte sur le cartilage. La septième côte est enlevée de la même manière, puis la neuvième côte.
Avec le bistouri, je pratique une petite incision de deux centimètres dans l’espace occupé par la huitième côte et ouvre la plèvre pariétale dans la même étendue.
Laissant alors entrer l’air progressivement, je laisse le poumon s’affaisser sur lui-même. Agrandissant alors l’ouverture de la plèvre de façon à pouvoir y introduire la main, je pratique l'exploration du poumon. Je constate alors que le poumon est libre d’adhérences à tonte sa périphérie, que le lobe supérieur s’est affaissé, mais que le lobe inférieur est resté globuleux ; en le palpant, la main découvre en son centre, une partie indurée qui paraît plus grosse qu’un œuf de poule. Saisissant avec des pinces à abaissement le poumon, dans l’endroit qui correspond à la partie indurée, j’attire vers l’incision pleurale, cette partie du poumon, pour l’extérioriser au moyen de sutures.
Cette extoriorisation se fait au moyen d’une aiguille ronde de Martin et d’un fort catgut. Je ferme d’abord la partie antérieure
de l'ouverture pleurale, puis je suture sur le poumon les deux
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Nes.
lèvres de l'ouverture pleurale, de façon à unir le feuillet pariétal au feuillet viscéral de la plèvre, en laissant à l’intérieur une surface de six centimètres sur trois centimètres de la surface pulmonaire. Je termine en fermant la partie postérieure de l'ouverture pleurale. \
Cette suture terminée, avec l'aspirateur Potain, introduit dans la plèvre, au-dessus de la suturé, j'aspire l’air qui a été introduit dans la plèvre, pendant l'opération. Je fais cesser l'aspiration dès que l'aiguille de l’appareil se trouve comme serrée contre la paroi, par l'extension du poumon.
Pendant toute l’exploration, le malade n’a pas paru sensiblement gêné pour respirer.
Il me reste maintenant à inciser Je poumon dans sa portion extériorisée. Je pratique cette incision au thermo-cautère, doucement, et j'arrive dans la cavité de l’abcès, qui est situé à quatre centimètres de profondeur.
J'agrandis au maximum l’ouverture extérieure, nettoie avec soin, au moyen de tampons secs, la cavité de l’abcès, puis installe dans le fonds de la cavité pulmonaire, deux gros drains en caoutchouc accolés l’un à l'autre.
Le lambeau musculo-cutané est rabattu et suturé, et le malade pansé comme à l'ordinaire. j
Suites opératoires. — Sont très simples pendant les cinq premiers jours. La température oscille entre 37° et 3706. Le malade se sent mieux et prend volontiers de la nourriture. Le soir du cinquième jour, la température atteint 3804 et reste en plateau le sixième jour ; le septième jour, chûte à 3704; le malade se lève, mais le soir, la température remonte à 3804.
Son état général, malgré cette fiévre vespérale, se maintient assez bon ; il se lève chaque jour. Le quatorzième jour, il est
pris de diarrhée que rien ne peut arrêter,
Le dix-huitième jour, on le met au régime lacté absolu.
Jusque-là la température vespérale ne dépassait pas 38°, mais le vingt-troisième jour, elle atteint 3902, et le vingt-cinquième jour, 4002.
On trouve alors manifestement des signes stéthoscopiques,
du côté gauche, d’un nouvel abcès du poumon : submatité. frottements, crachats rouillés. Je propose au malade une nouvelle opération, pour son côté gauche, mais il est impossible de lui faire entendre raison. Cependant l’état du poumon droit est des plus satisfaisants.
, I n’y a plus qu'un drainage insignifiant dans la plaie pulmonaire, et le poumon droit a repris sa fonction. Le murmure vésiculaire s'entend normalement dans toute l'étendue de la plèvre.
Devant le refus absolu du malade et de sa famille, nous nous contentons de le soigner médicalement. La température reste très élevée, et l'infection fait des progrès rapides ; le cœur présente des intermittences, le malade fait de l’ictère le vingtneuvième jour et demande alors une nouvelle intervention que je n’ose pas pratiquer, en raison de son état extrême de faiblesse et d’épuisement. Il succombe le lendemain, c’est-à-dire le trentième jour après son opération.
{ OBSERVATION IX : (Résumée)
MATIGNON. — Un cas de pneumotomie pour abcès du poumon. Archives générale de Médecine, 1894. T. I. p. 62.
Etiologie douteuse d’un abcès du sommet droit. Opération avec résection de 4 centimètres 1/2 de la deuxième côte à droite. .
Adhérences. 2
Cavité de 2 centimètres 1/2 de largeur, 1 centimètre 1/2 de
profondeur.
Deux autres tentatives sont faites pour trouver une deuxième cavité, mais sans résultat.
Guérison quatre mois après l'intervention.