‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de l'épididymite blennorragiqueChapitre 6 sur 12 · LT EE · texte numérisé non relu

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. l'incision montre du tissu fibreux cicatriciel. Les tubes épi- didymaires sont toujours dilatés sur une partie de leur étendue ; généralement au niveau de la tête, on n’a pas ou peu de lésions - inflammatoires, seulement une augmentation de calibre du conduit avec aplatissement de cellules épithéliales, phénomène d’ailleurs purement mécanique et résultant de l’aceumulation du liquide tesliculaire en arrière du canal; ces amas de sper- matozoïdes ne se présentent pas au niveau du corps, parce qu'on y a généralement inflammation de l’épithélium, dontles cils sont probablement nécessaires au déplacement des spermatozoïdes.

Le canal déférent est aussi presque loujours touché : il présente de l’épaississement de sa paroi par infiltration leucocylaire. Le fait important, c’est la localisation du maximum des lésions à la queue de l’épididyme; au début, on a seulement du

catarrhe de la muqueuse avec un épithélium déformé, sans cils, et infiltration leucocytaire des tissus sous-muqueux ; puis, cette sécrétion muco-purulente distend les parois des canaux et amène la formation d’abcès par rétention.

IL est également important de savoir comment se fait la propagation de l'infection dans l’épididymite blennorragique. Le point de départ est, en effet, une urétrile franche, un écoulement présentant toujours du gonocoque à l'examen microscopique. L'épididymite survient parfois insidieusement chez des individus au repos depuis longtemps ; généralement, elle apparait à la suite d’un effort, d’une fatigue, d’une irritation locale par le coït, d'un cathétérisme au cours d’une blennorragie ou d'une injection trop forte refoulant le pus dans l’urètre postérieur, En tout cas, il est démontré actuellement que l’épididymite est causée par la pénétration du gonocoque dans les voies génitales. Hugounenq et Eraud ont même préçendu avoir découvert un microbe spécial, l’orchiocoque, ressemblant beaucoup au gonocoque, s’en distinguant par la

: ap $ sécrétion d'une albumine phlogogène que le gonocoque ne sécrète pas: ils ont trouvé ce microbe dans l’urètre de l’homme et du chien où il vit en saprophyte, mais surtout et en grande abondance dans le pus blennorragique ; en l’injectant dans le testicule du chien, ils ont provoqué une orchite avec réaction considérable ; 1ls pensaient done que les complications orchi-épididymaires de la blennorragie étaient déterminées par l'orchiocoque. Ces recherches ont été confirmées par Carpentier et Rollet, mais contestées par d’autres qui ont repris les mêmes travaux. |

Comment se fait done la propagation de l'infection de l'urètre à l’épididyme?

La théorie qui vient la première à l'esprit, qui repose sur le plus grand nombre de faits el qui semble la plus vraie, est la propagation de proche en proche par voie muqueuse. Elle fut énoncée pour la première fois par Curling, en 1855 : après infection de l'urètre postérieur, on aurait propagation aux canaux éjaculateurs, à la vesicule séminale, au canal déférent etenfin à l’épididyme. D'abord, il ya continuité de la muqueuse depuis l’orifice des canaux éjaculateurs jusqu'au testicule, et de même que l'infection se propage de l’urètre à la vessie, à l’uretère et au bassinet, de même, semble-t-il, l'infection . peut s'étendre de l’urètre à l’épididyme. C'est ainsi qu'on voit chez la femme de l’urétro-vaginite, de la métrite du col, puis du corps de l'utérus, et enfin de la salpingite et de la salpingo-ovarite. Cela s'explique d'autant mieux que les épithéliums offrent une barrière assez résistante à l'infection, qui, au lieu de gagner en profondeur, s'étend de proche en proche.

En faveur de la même théorie, il y a aussi ce fait que le canal déférent est presque toujonrs plus ou moins touché dans l’'épididymite ; 1! est généralement douloureux spontané-

ment et surtout à la pression, comme l’a constaté Baermann sur {ous ses malades. |

Ilen est de même des vésicules séminales, et le toucher rectal les montre très fréquemment augmentées ‘de volume et douloureuses.

Baermann cite des résultats d'autopsies pratiquées par Simmonds, qui sont également en faveur de la théorie de la propagation par voie muqueuse : c’est l'existence de rétré-

cissements Canaliculaires purement muqueux et sans lésions

du tissu conjonctif sous-jacent.

Enfin, l'observation clinique nous apprend que la localisation habituelle de l’épididymite blennorragique se fait à la queue de l’épididyme et que, lorsque l’épididyme est totalement alteint, c’est toujours la queue qui est le point le plus touché. Or, cette localisalion ne peut bien se comprendre et s'expliquer qu’en admettant la propagation de l'infection par voie muqueuse ; on verra, en effet, plus loin que la disposition peletonnée du tube épididymaire produit à ce niveau l'arrêt de l'écoulement du pus et provoque par là en ce point le maximum des lésions.

Il y a aussi des preuves fournies par l’expérimentalion et par l'étude histologique. Malassez et Terrillon sont arrivés à enflammer l'épididyme par le canal déférent.

Blandini et Paladino déposent du Bacillus prodigiosus au méat de l’urètre et le retrouvent, 18 heures après, au niveau de l'épididyme.

‘ Les expériences de Hansen sont encore plus nettes. Il dépose des bacilles tuberculenx au niveau du rein chez des cobayes ; 2 fois sur 12, chez les mâles, on à de la tuberculose génitale; on n’en observe pas chez les femelles. « Cela est simple à comprendre ; chez ces dernières, les voies génitales ne sont pas en rapport avec les voies urinaires : il n°y a donc pas de lésions tuberculeuses génitales secondaires. Au contraire,

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chez les mâles, l’urêtre postérieur est, dans sa portion prostalique, un véritable carrefour où s'ouvrent les canaux éjaculateurs. C'est là que le canal déférent est venu en quelque sorte chercher le bacille, qui, plus tard, à cheminé vers la glande génitale et l’a infectée. » (Legueu., Enfin, l'intervention chirurgicale a démontré qu'on trouvait généralement le pus à l’intérieur de la lumière et non autour. Un certain nombre d'auteurs sont partisans ce la théorie de la propagation par voie lymphatique ; en effet, si, d'ordinaire, le gonocoque se Li en surface et ne franchit guère les couches épithéliales, il n'en est pas moins vrai que, dans certaines salpingiles, on l'a retrouvé dans la couche sous-épithéliale. Westermarck le remarqua d’abord, et Wertheim (Arch. für Gynæk, 1892) l’a trouvé dans 33 cas de salpingite suppurée sur 115 cas qu'il à examinés. Le gonocoque ayant traversé la muqueuse se trouvait dans l’épaisseur de Ja couche

musculaire. EE Sappey pensait que le gonocoque pouvait de

même pénétrer dans le tissu conjonctif para-urétral; pour Rollet, «l’inflammaticn blennorragique peut s'étendre à tout ce réseau lymphatique qui commence au niveau du méat et, se prolonge jusque dans les conduits séminifères du testicule, véritable angioleucite ambulante ».

Il y a là, en somme, deux voies lymphatiques : une voie superficielle par le réseau ‘intra-muqueux, une voie profonde par le réseau sous-muqueux ; les deux voies existent et ont été auatomiquement démontrées.

Dans le premier cas, la théorie n’est pas en opposition avec la propagation par voie muqueuse : «que l’inflammation se propage par la surface de l’épithélium ou par le réseau lymphatique contenu dans l'épaisseur ce la muqueuse, le résultat est le même; il n'ya là qu’une question de degrés ; d’ailleurs, les partisans de la propagation par continuité de la muqueuse n’ont jamais songé à contester aux lymphatiques le rôle qu’on

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