LIBÉRATION DU TRONC NERVEUX
La libération à été pratiquée par de nombreux chirurgiens.
Voici les points de technique sur lesquels on a surtout insisté :
La libération doit être large, le tissu cicatriciel doit être extirpé dans son ensemble, les prolongements qu'il peut émettre doivent être recherchés avec soin. La dissection du nerf et de ses branches est souvent pénible, mais le nerf doit être manié avec les plus grandes précautions à cause de la fragilité de son tissu, et sous un filet de sérum. L’ascpsie la plus complète doit naturellement présider à l'opération, l’hémostase être aussi rigoureuse que possible.
Il semblerait que tout le tissu fibreux étant extirpé et l’intervention aseptique, le nerf doive désormais conserver sa motilité. Mais il faut probablement compter avec l'infection latente
de l’ancien trajet. En tout cas, dans les réinterventions pratiquées un certain temps après une libération, on constate de nouveau l'existence d’un tissu cicatriciel enserrant plus ou moins le nerf, cause sans doute de la réapparition des phénomènes douloureux.
Aussi s’est-on préoccupé d'isoler convenablement le nerf libéré. Les moyens les plus divers ont été employés.
Les uns mobilisent le nerf dans du tissu sain voisin, tissu musculaire le plus souvent, ou bien tissu graisseux (Dumas). D’autres préconisent l'isolement par un morceau de veine superficielle (Cunéo) des lambeaux aponévrotiques, sacs herniaires (Bailleul). Foramiti a proposé d'user de gros vaisseaux de veau, recueillis aseptiquement et durcis au formol, qui se résorberaient spontanément au bout de cinq à six mois. M. Hardouin entoure complètement son nerf libéré au niveau de toute la zone malade avec un fil de catgut n° 1 ou 2 « qu'il applique exactement sur lui sans le serrer ». M. Imbert répand autour du tronc nerveux de l'huile goménolée stérilisée.
D’autres enfin, comme MM. Delbet, Mauclaire, Claude préconisent l'emploi de lamelles de caoutchouc stérilisé.
M. Claude, en particulier, se sert de petites lanières de caoutchouc très mince de 2 centimètres de long, les enroule autour du nerf « en empiétant à chaque spire d’un tiers de largeur sur la spire précédente » (5). L’élasticité du caoutchouc et sa tendance à se recroqueviller le maintiennent en place.
Il a eu par ce procédé, de la simple libération et du manchonnage au caoutchouc, 9 cas de succès sur 9 interventions.
Il n'en est pas moins vrai que, dans beaucoup de cas, malgré les soins apportés à la libération, malgré les précautions prises pour l'isolement du nerf, cette intervention n'a pas réalisé ce que beaucoup en attendaient. Elle a très souvent de bons
résultats immédiats, mais ces résullats ne sont malheureusement pas durables.
Le HErsAGE.
Le hersage du nerf a été pratiqué quelquelois avec succès
ArÉVI e
dans la causalgie, lorsque le nerf présente des points indurés. Il agit, sans doute, par dilacération, sans sectionner les filets nerveux. Ses résultats sont peu encourageants ; sa pratique est déconseillée par le Professeur Déjerine. |
MM. Sicard, Imbert et Jourdan ont fait des inyections de sérum cocaïné ou des injections d'air à l'intérieur même du tronc nerveux, afin de provoquer la distension du tissu conjonctif intra-fasciculaire à longue distance. Il s’agit, en somme, là d'une sorte de libération intra-tronculaire.
Les effets sédatifs n'ont été que partiels et transitoires