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ALCOOLISATION DES TRONCS NERVEUX

En résumé, ni la libération, ni le hersage ne guérissent la causalgie. Il fallait chercher autre chose.

Envisageant les bons résultats obtenus par des injections d'alcool intra-tronculaires dans les cas de névralgie faciale, M. Sicard a préconisé, en janvier 1915, pour les causalgies rebelles aux moyens thérapeutiques ordinaires, l'injection d’alcool à 60° dans le tronc lui-même, à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la lésion.

On réalise ainsi une véritable section physiologique. L'injec-

tion doit se faire avec une aiguille aussi fine que possible ; la

quantité d'alcool injecté est de À ou 2 centimètres cubes. L'alcool devra être contenu dans des ampoules fermées, stérilisées par tyndallisation. On opère sous anesthésie générale.

Voici la technique recommandée par MM. les Professeurs Pitres et Testut (18, p. 4) :

« Le nerf est mis à découvert immédiatement au-dessus du point où il a été atteint par le passage du projectile. Quand iül est bien reconnu, on passe doucement au-dessous de lui un fil de catgut assez fort en évitant soigneusement tout tiraillement et toute dénudalion qui ne sont pas absolument indispensables... Le nerf étant légèrement soulevé à l’aide d’une traction douce par le fil de catgut qu'on a passé au-dessous de lui, on pique obliquement l'aiguille de la seringue dans le névrilème, en dirigeant sa pointe de bas en haut ; on l’enfonce à une pro-

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fondeur de 4 centimètre au moins dans la partie centrale du cordon nerveux et on pousse lentement le liquide de l’injec- HOn:...: Sous l'influence de l'injection, le nerf se distend, son volume double ou triple, il prend une teinte blanc nacré.

€ Quand on retire l'aiguille, il est utile d'appliquer, pendant une ou deux minutes, un doigt sur la piqüre faite au nerf afin d'éviter le reflux rapide du liquide injecté. »

M. Sicard insiste sur la nécessité d'obtenir une bonne distension œdémateuse du tronc injecté. Pour la réaliser au sciatique, il faut « piquer en plusieurs points et sur un segment d'au moins 3 centimètres de hauteur », car si l'injection intra-tronculaire est mal pratiquée, la sédation ne sera que partielle. Il se sert d'alcool à 80° dans les cas de causalgie paroxystique du sciatique. j

Enfin tous les troncs nerveux tributaires de l’algie doivent être injectés.

L'alcool n'interromprait que pour un laps de temps relativement court (6 à 8 mois) la conductibilité motrice ; peut-être a-t-il une action élective sur les fibres sensitives, plus délicates, ou agit-il encore en modifiant simplement la conductbilité des fibres, ce qui pourrait expliquer les faits constatés de récupé ration motrice paradoxale.

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