‹ Contribution à l'Étude du Traitement chirurgical de la CausalgieChapitre 18 sur 29 · INTERVENTIONS CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

INTERVENTIONS CHIRURGICALES

Ogsgrvarion XII

Plaie par balle de la cuisse gauche. — Lésion du sciatique gauche au-dessus de sa bifurcation. — Paralysie totale du pied. — Gausalgie violente. — Névrotomie. — Disparition des douleurs.

Le soldat Pierre B.... a été blessé à Berry-au-Bac, le 19 décembre 1914, par balle, Orifice d'entrée : face externe du genou à la hauteur de la rotule, à 3 centimètres de son bord externe. Orifice de sortie : face postérieure de la cuisse, à 8 centimètres au-dessus du creux poplité.

Aussitôt après la blessure, sensation de forte brûlure dans le genou ; impossibilité de se tenir debout, pied ballant; aurait saigné abondamment.

Cicatrisation de la plaie au bout de quinze jours. À ce moment apparition de douleurs de cuisson très violentes (fer rouge) dans la face

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plantaire des orteils. Douleurs continues avec paroxysme empêchant le sommeil, exaspérées par chocs, émotions ; soulagées par enveloppement humide chaud, puis froid du pied malade ; par la suite le blessé enveloppe aussi le pied du côté sain, d’un pansement semblable, passe fréquemment sur son visage un linge trempé dans l’eau froide. Les douleurs ont très légèrement diminué d'intensité au bout de quelques mois.

Le 21 avril 41915, la causalgie est encore violentes, mais les crises sont moins fréquentes : les nuits sont assez bonnes, le pied n’est n;j ballant, ni tombant, les orteils sont légèrement fléchis. Les mouvements d'extension de la jambe sur la cuisse sont un peu limités. Les mouvements du pied et des orteils sont impossibles. L'examen de la sensibilité du pied réveille une violente crise de douleurs. Atrophie musculaire de la jambe gauche.

Le 14 juin 1915, le malade n’est pas amaigri, il mange bien. Mais il demeure toujours couché, gémit dès qu’on l'approche. Les mouvements passifs lui arrachent des cris. Le moindre contact du pied, soit sur sa face plantaire, soit sur la face dorsale, provoque une douleur brülante; le frôlement des téguments de la jambe, le long du musculo-cutané et au niveau de la tête du péroné, est aussi douloureux. La pression dn mollet le fait crier. Pas d'anesthésie à la piqûre au niveau des orteils. La recherche des réflexes est difficile : le réflexe rotulien est conservé à gauche.

Du côté du pied gauche on note une augmentation de la sudation, une diminution dans la vitesse de croissance des ongles. La température est égale des deux côtés. Trajet du sciatique non douloureux.

Les cicatrices ne sont ni dures, ni adhérentes.

Devant l'intensité et la persistance des phénomènes douloureux, on se décide à intervenir.

Intervention, le 29 juin 1915, six mois et demi après la blessure. Le nerf est entouré de tissu fibreux au-dessus de la bifurcation. La partie antérieure de la face externe a été touchée par le projectile. Libération. Névrotomie au-dessus de la lésion. Suites opératoires normales.

Le 9 juillet, amélioration notable de la causalgie, cependant, encore quelques douleurs dans le gros orteil et dans la région plantaire. L'état général s’amende,

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Pas d'œdème du pied gauche, mais sueur abondante. Pas d'hypertrichose. Pas de modification appréciable des ongles depuis l'opération.

Paralysie complète du pied gauche, qui est en équinisme ; son redressement est possible mais douloureux.

Anesthésie complète à tous les modes de tout le pied, sauf sur son bord interne et de la face externe de la jambe gauche. Le réflexe achilléen est nul à gauche. Perte du sens des attitudes des orteils.

Le 21 juillet, les douleurs ont disparu : le malade marche avec des béquilles, mais sans poser le pied par terre. Les troubles de la sensibilité, de la motilité, des réflexes ne sont pas modifiés depuis le dernier examen. Il persiste une sudation exagérée du pied gauche surtout au niveau de là malleole interne. Le pied gauche est enflé. Hypertrichose du membre inférieur gauche.

L'examen électrique, pratiqué le 24 juillet, révèle une abolition de l’excitabilité faradique et galvanique des muscles jambier antérieur, extenseur des orteils, fléchisseur,triceps sural.

Le 2 novembre 1915, c’est-à-dire quatre mois après l'intervention, il n'existe plus de douleurs spontanées, sauf de loin en loin, au niveau de la face dorsale du gros orteil, quand le temps est orageux.

Le malade s’aide d’une béquille et d'une canne pour marcher, il tient son pied gauche au-dessus du sol, et lorsqu'on insiste pour lui faire poser le pied à terre, celui-ci n’entre en contact avec le sol qu'au niveau des orteils. Le pied est tombant en équinisme, l’action contrariante des muscles de la région postérieure de la jambe s’oppose à la flexion du pied sur la jambe. La sudation au niveau du pied gauche est un peu moins marquée que précédemment. Amyotrophie de la cuisse et surtout de la jambe gauche est considérable.

Les troubles de la motilité, de la sensibilité des réflexes sont les mêmes qu’en juillet. Par contre, il existe de la trépidation épileptoïde de la rotule gauche.

En somme, la névrotomie a amené une disparition des douleurs spontanées, une grosse amélioration de l’état général. La sudation exagérée du pied malade persistaient encore cependant au bout de quatre mois.

Les troubles moteurs, sensitifs et réflexes survenus à la

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