CENT LE
Pas de troubles de la sensibilité objective. Absence du réflexe plantaire gauche. Diminution du réflexe achilléen du même côté.
Augmentation de la sudation du pied gauche.
Pas de différence de température ni de coloration des deux pieds.
Hypertrichose légère à la partie inférieure de la jambe gauche.
Atrophie des masses musculaires de la jambe et de la cuisse.
Pression du tronc sciatique, indolore à la fesse et à la cuisse; par contre, la pression au niveau du creux poplité et du mollet réveille une douleur locale sans irradiation.
Cicatrice de la cuisse ni indurée ni douloureuse.
Le 2 février, on pratique deux injections d'alcool à 80°, l'une au point d’émergence du musculo-cutané, au tiers inférieur de la jambe ; l'autre au voisinage du tibial postérieur, en arrière de la malléole interne.
Sédation immédiate de la douleur qui réapparaît cependant bientôt avec les mêmes caractères qu'auparavant.
Devant la persistance des phénomènes douloureux on décide l’inter vention chirurgicale.
L'opération est pratiquée le 11 février 1915 (5 mois après la blessure). Le nerf est entouré d’une gaine ecchymotique, difficile à différencier des muscles voisins ; il adhère fortement à la gaine cellulo-adipeuse et présente à la hauteur du trajet de la blessure une apparence blanchâtre très nette limitée à la face interne et au bord postérieur du tronc nerveux. Son adhérence est si prononcée que l’on ne peut l’isoler de sa gaine: l’excitation faradique du nerf pratiquée au-dessous de la cicatrice, à son niveau et au-dessus montre qu'il n’y a pas de solution de continuité. On lave au sérum artificiel ; on referme et on suture. Un fragment de shrapnell est retiré au niveau de la cicatrice.
Suites opératoires normales.
Très légère atténuation des phénomènes douloureux.
Cependant, quatre mois après la libération (13 juin 1915), les douleurs persistent toujours quoique moins violentes ; le malade conserve encore un pansement humide sur son pied, les crises paroxystiques produites par les mêmes causes sont cependant moins fréquentes. Phénomènes de synesthésalgie.
Le pied est succulent. Peau fine, ongles jaunes. Se cyanose dans la
rc
position basse, Température du pied malade augmentée. Hypertrichose persistante de la partie inférieure de la jambe.
Le pied reste en extension complète sur la jambe ; les orteils en demiflexion. Aucun mouvement spontané du pied ou des orteils. Aucun
trouble de la sensibilité.
En résumé, ni l'injection sous-culanée d’alcoo! à 80c, ni la libération du tronc nerveux n’ont apporté d'amélioration soit des phénomènes douloureux soit des troubles moteurs. Ceux-ci paraissent d’ailleurs tenir en grande partie à la douleur.
On peut cependant objecter que dans ce cas la libération du nerf à été incomplète et l'isolement de sa gaine impossible sans risquer de le traumatiser gravement.
OBsERvATION XIV
Plaie de la région moyenne du bras droit. — Lésion du paquet vasculo-nerveux. — Atteinte du médian et du cubital. — Causalgie. — Intervention. — Extirpation d’un anévrisme artérioso-veineux. — Libération des troncs nerveux.— Amélioration passagère des phénomènes douloureux.
Le soldat Emile La... âgé de vingt-cinq ans, a été blessé le 31 août 1914, par balle au niveau de la région moyenne du bras droit.
Orilice d'entrée du projectile : milieu de la face antérieure du bras à 18 centimètres du pli du coude. Orifice de sortie : face interne du bras à 18 centimètres au-dessus de l’épitrochlée. : |,
Au moment de la blessure, sensation d’arrachement du membre ; puis viis tiraillements dans l'épaule et le pris Hémorragie abondante. Évanouissement de plusieurs heures.
Cicatrisation de la plaie au bout d’un mois environ. À ce moment, apparition de douleurs cuisantes à la main.
Examen le 10 novembre 1914. Douleurs de cuisson très violentes, localisées à la face palmaire et au bout desdoigts, avec paroxysmes provoqués par les mouvements, l'air, le bruit. Malade recroquevillé ; gémit, se lamente, pleure, au moment des crises douloureuses et se tord sans toutefois bouger la main malade. La main est fléchie sur l’avans-bras, les doigts en légère flexion. Coloration violacée, Desqua-