‹ Contribution à l'Étude du Traitement chirurgical de la CausalgieChapitre 21 sur 29 · LA · texte numérisé non relu

LA

mation épidermique au niveau de la face palmaire de la main et des doigts. Hypertrichose.

Mobilité du bras et de l’avant-bras possible, quoique limitée par la douleur : mouvements de flexion et d'extension du poignet sur la main, mouvements de flexion et d'extension des doigts possibles mais limités. Les mouvements d'abduetion et d’adduction de la main sont aussi très limités ; l’écartement des doigts est impossible. Mouvements passifs possibles mais douloureux.

Hyperesthésie au contact et à la piqûre marquée à la face palmaire de la main et des doigts pour la zone du médian.

Anesthésie dans la zone du cubital.

Pas de troubles des réflexes: Légère modification du sens des attitudes.

Atrophie légère du bras et de l’avant-bras. La main malade est plus froide que la main saine ; le pouls radial est plus faible du côté de la lésion, la tension artérielle est diminuée.

Au-dessous de la cicatrice interne, on sent une masse indurée, irrégulière, du volume d’une amande, difficile à différencier du tissu environnant, animée de battements. La pression est douloureuse et la douleur se propage aux doigts.

Le pyramidon a échoué contre les douleurs ; les injections répétées d’eau distillée, de cocaïne à 1 pour 100 au voisinage du nerf n'arrivent qu'à un soulagement momentané (deux heures). Les injections de morphine, seules, calment le malade et lui permetent de passer une bonne nuit. :

Le 18 janvier 1915, même intensité de la causalgie. La main est fléchie à angle droit sur l’avant-bras, le pouce est en extension; les doigts ont leur phalangine et phalangette en légère flexion; les trois derniers doigts sont collés les uns aux autres. le petit doigt placé en dessous de l’annulaire et leurs extrémités sont légèrement déviées vers le pouce.

Les mouvements d'abduction et d’adduction de la main, d’écartement des doigts sont impossibles. Très léger mouvement d'extension du pouce et de l’index en totalité.

Les mouvements passifs sont très douloureux ; raideur aritculaire du poignet. |

Boursier 4

NE

Du côté de la sensibilité, on note la disparition de la zone d’anesthésie du cubital.

La tumeur sentie au niveau de la cicatrice interne est beaucoup plus nette ; elle a un diamètre de 4 centimètres sur 5, allongée dans le sens transversal, mobile sur les plans voisins. Elle est pulsatile et présente un souffle systolique synchrone aux pulsations de l'artère.

En somme, atteinte du médian et du cubital et causalgie vraisemblablement entretenue par la dilatation artérielle progressive siégeant dans le paquet vasculo-nerveux. L'intervention est indiquée.

Intervention, le 19 janvier 1915, quatre mois et demi après la blessure. On trouve une adhérence profonde de la cicatrice postérieure et un tissu libreux abondant entourant le paquet vasculo-nerveux, s'étendant à 2 centimètres au-dessus et au-dessous de la cicatrice. La poche anévrismale est adhérente à la gangue fibreuse, sa dissection est difficile.

Il s’agit d'un anévrisme artérioso-veineux. L’artère et la veine sont liées au-dessus et au-dessous et la tumeur anévrismale enlevée.

Le nerf médian est au contact immédiat de l’anévrisme. Il présente une diminution marquée de son volume à ce niveau. IL est noyé dans le tissu fibreux, ainsi que le cubital qui lui est accolé.

Les nerfs sont libérés. Une partie du tissu fibreux est extirpée. Suites opéraloires normales.

Résultat. — Immédiatement après l'opération, disparition des douleurs de brûlure. Mais elles réaparaissent progressivement, moins pénibles cependant, et les crises sont beaucoup plus espacées.

Le 16 juin 1915, c'est-à-dire six mois après l'intervention, le malade mouille toujours sa main droite. Les troubles de la motilité et de la sensibilité ne sont pas modifiés, l'attitude de la main est la même, elle est animée de tremblements.

Le 21 juillet 1915, les douleurs ont disparu.

Le 5 février 1916, plus d'un an après l'intervention, le malade est revu; main droite en flexion, « main d’accoucheur », glossy skin.

Les douleurs spontanées ont disparu. Les mouvements du poignet et des doigts sont limités par la douleur et les raideurs articulaires.

Cette observalion présente un intérêt marqué au double point de vue symplomatologique et pathogénique par la coexistence

Page 1