‹ Contribution à l'Étude du Traitement chirurgical de la CausalgieChapitre 22 sur 29 · SET ER · texte numérisé non relu

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de symptômes d'origine vasculaire (main violacée, diminution du pouls radial et de la tension artérielle) et de phénomènes d'origine nerveuse (troubles de la sensibilité et troubles moteurs) et par la constatation de lésions intéressant à la fois les vaisseaux et les nerfs.

L'opération a porté à la fois sur le médian et le cubital (libération) et sur l'artère humérale (résection). Malgré cela les phénomènes douloureux ont persisté.

OgsErvarTion XV

Plaie de la région postérieure du coude gauche, par balle de shrapnell, avec fracture de l'extrémité inférieure de l’humérus. — Causalgie cubitale. — Libération du nerî cubital. — Amélioration passagère des douleurs. — Persistance de la parésie de la main.

Sergent M..., vingt-trois ans, blessé le 7 septembre 1914, par shrapnell. Orifice d'entrée : union de la face postérieure et de la face interne du bras gauche, à 6 centimètres au-dessus de l’épitrochlée. Orifice de sortie : sur le bord interne de l’avant-bras, à 12 centimètres au-dessous de l'épitrochlée. Fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus.

Sensation de coup de masse, pas de perte de connaissance, pas de forte hémorragie.

Dès le premier jour, douleurs vives de la main gauche. Elancements, tiraillements.

Evacué sur Bergerac, il se plaignait à ce moment-là de douleurs atroces dans la région de la main et de l’avant-bras innervée par le cubital qui ont motivé l'intervention.

Opération pratiquée par le docteur Cayla, le 15 décembre 1915, soil trois mois après la blessure. Libération du cubital au niveau de la cicatrice, sur une longueur de 6 centimètres. Réunion par première intention.

Les douleurs ont complètement disparu les jours qui ont suivi l'opération, sont revenues ensuite, mais moins violentes qu'auparavant.

Le 7 mars 1915, le blessé souffre encore beaucoup. Douleur conti

nue, paroxystique, augmente avec les impressions morales, le bruit.

po

Il tient son avant-bras fléchi (ankylose du coude), sa main gantée. La main est légèrement déviée sur le bord cubital, les doigts sont eflilés, la peau est fine et luisante. Atrophie de l'éminence thénar. Dépression au niveau des espaces interosseux. Transpiration abondante de la main, pas d'hypertrichose.

Les mouvements de l’avant-bras sont bridés par une ankylose de l'articulation du coude. Les mouvements du poignet sont normaux. À la main, la flexion des doigts est limitée par les rétractions fibreuses, l'écartement des doigts, très limité, surtout par l’annulaire et l’auriculaire. Signe des mains croisées : ne peut appliquer les 4 et 5° doigts contre le dos de la main saine.

Diminution de l'excitation faradique et galvanique sans D. R. pour le nerf cubital, pour le triceps, le cubital antérieur, l’éminence hypothénar, le dernier interosseux.

La sensibilité au contact, à la piqüre, au froid et au chaud est abolie dans la zone d’innervation du cubital à la main. Hyperesthésie à la piqûre dans le reste de la paume de la main.

L’avant-bras est notablement atrophié.

Le 12 août, les douleurs continues sont moins violentes. Pas de paroxysme à proprement dit, mais sensibilité au bruit, aux émotions. Tendance de l'index et du médius à se rétracter en flexion.

Les troubles de la motricité et de la sensibilité sont sensiblement les mêmes. |

En somme, huit mois après la libération, on note la persissistance des douleurs et aucune tendance à l'amélioration des troubles parétiques.

Ogservatrion XVI

Blessure par balle à la partie moyenne de la face interne du bras gauche. — Troubles parétiques. — Causalgie. — Lésion de l’artère humérale (oblitération) et du médian. — Libération du nerf médian.

Le soldat Aimé B... à été blessé, le 20 août 1914, à Nomény, au bras gauche.

Plaie par balle. Orilice d'entrée : face interne du bras, partie moyenne

pe

à 11 centimètres de l’épitrochlée. Orifice de sortie : face postérieure du bras, à 18 centimètres de l’olécrane et à 16 centimètres de l’épicondyle. Pas de fracture de l’humérus, pas de grosse hémorragie. Sensation de brûlure à la main aussitôt après la blessure.

Evacué à Neufchâteau, puis à Bordeaux.

Le 16 décembre 1914, les douleurs de la main, qui n’ont pas cessé depuis la blessure, sont à type nettement causalgique. Crises très fréquentes au moment des chaleurs, s’espacent par temps froid. Douleur brülante localisée à la paume de la main et à la pulpe des doigts, exagérées par les efforts, les mouvements, les émotions, calmées par le froid et la pression massive de la main. La pression de la main saine provoque la douleur du côté malade.

Le blessé porte sa main soutenue par une écharpe ; elle est fléchie à angle presque droit sur l’avant-bras. Phalanges légèrement fléchies, doigts collés en fuseau. Pouce en adduction forcée et en extension. Main rétrécie dans sa largeur.

Peau lisse, rose. Hyperthricose légère. Troubles trophiques des ongles.

Atrophie de l’avant-bras.

Parésie des muscles de l’éminence thénar, des fléchisseurs des 2% ct 3° phalanges des doigts.

Hypoesthésie de la face dorsale de l'index et du médius, surtout marquée au niveau des 2° et 3° phalanges.

Hyperesthésie au contact et à la piqure de la face palmaire.

La température de la main gauche (malade) est moins élevée que du côté sain ; la tension artérielle diminue notablement.

Au niveau de la cicatrice interne, on sent une petite nodosité peu volumineuse roulant sous le doigt.

En somme, irritation probable du nerf médian. L'état restant stationnaire, l'intervention est décidée.

Opération le 28 janvier 1915 (cinq mois après la blessure). — Tissu fibreux comprimant le nerf. Le nerf, aminci à la partie supérieure, présente un petit renflement de 4 centimètre de long au-dessous. Libération du nerf, extirpation d’un peu de tissu fibreux.

On constate que l'artère humérale est oblitérée.

L'intervention n’amène pas de sédation dans les phénomènes dou-

= RUE loureux.

Le 29 avril, c'est-à-dire trois mois après l'opération, la causalgie du membre supérieur persistait, et il fallait encore avoir recours à lapplication d'alcool mentholé, de chloroforme, aux pulvérisations de kélène sur la paume de la main pour apaiser les douleurs. Le dos de la main est rouge violacé; la paume est couverte de desquamations. La cicatrice opératoire est douloureuse.

Le 9 juin, l’état est absolument stationnaire, On ne tente pas de nou-

velle intervention. Le malade est réformé.

in résumé, échec complet de l'intervention contre les phéno-

mènes douloureux.

Ogservartion XVII

Atteinte du tronc du sciatique droit. — Paralysie totale du pied. — Douleurs à type causalgique et névralgique. — Libération du nerî. — Persistance des phénomènes douloureux et moteur

Le soldat Henri A..., trente ans, à été blessé le 30 novembre 1914, par balle. Il a reçu la balle étant couché à plat ventre. On trouve un large orifice, de la grosseur d’une pièce de 2 francs, situé dans la région dorso-lombaire, au niveau de la 11° côte droite, à 6 centimètres de la crête iliaque et à 10 centimètres de la ligne médiane. Il existe aussi une petite cicatrice non douloureuse à la pression, au niveau de l'ischion droit, On ignore si le projectile est ressorti. Début des douleurs une heure après la blessure : sensalion de constriction, surtout vive dans la partie inférieure de la jambe et dans le pied. Impossibilité de marcher.

Examen, le 21 janvier 1915. Douleurs continuelles nuit et jour, provoquant l'insomnie, avec paroxysmes sous l'influence des ébranlements, des efforts. Ces douleurs sont de deux sortes : élancements, suivant le trajet du nerf et brûlure du côté du pied. Les douleurs sont si violentes qu'on est obligé de faire deux injections de morphine par jour.

Le pied est en équinisme prononcé ; en hyperextension sur la jambe, en adduction légère ; les orteils sont fléchis.

Diminution de la largeur du pied malade,

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Hypertrichose légère : ongles striés transversalement.

Sudation exagérée du pied droit, qui est plus froid que le gauche.

Paralysie totale du pied. Mouvements de flexion et d'extension de la jambe sur la cuisse possibles, mais rendus pénibles par la douleur qu'ils provoquent.

Tous les mouvements de la cuisse sont conservés.

Anesthésie à tous les modes dans la zone du saphène externe. Douleur à la pression, sur tout le trajet du nerf. Signe de Lassègue positif. La Îlexion forcée du pied provoque des douleurs dans la jambe.

Pas de troubles de la sensibilité périanale.

Réflexes plantaires et achilléen nuls à droite. Autres réflexes normaux.

Température du pied droit (malade) plus élevée que du côté sain (de 2°).

Pas de troubles des sphincters.

La radiographie ne révèle aucun corps étranger, ni aucune lésion osseuse dans la région ischiatique.

Le 1° février, les douleurs sont aussi violentes et les crises aussi fréquentes. Aucune modification motrice.

On décide de pratiquer une intervention exploratrice.

Opération, le 2 février 1915, (deux mois environ après la blessure). Nerf sciatique mis à nu, sous le grand fessier, sur une longueur de 10 centimètres environ. Il ne présente aucune trace de section partielle ou totale, Il ne paraît pas contus. Au-dessous de lui, on trouve une bande de tissu fibreux moyennement induré, de 1 centimètre de large qui est enlevée aux ciseaux.

L’exploration électrique du nerf, mis à nu, montre la conservation de son excitabilité et de sa conductabilité au courant faradique.

A la suite de l'opération, amélioration très légère des phénomènes donloureux. ,

Cependant, le 23 juin 1915, donc plus de quatre mois et demi après l'intervention, les douleurs persistent quoique atténuées, surtout si le pied est en position déclive. Le bruit, les efforts ne provoquent plus les crises paroxystiques. Le malade reste au lit, le pied encore entouré d'un linge humide.

L'état général est meilleur ; les nuits sont bonnes.

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