RENTE
Le pied est tombant, ballant ; légère rétraction du tendon d'Achille, la flexion des orteils est impossible à ce moment-là.
Anesthésie du talon à tous les modes. Douleur à la pression du sciatique poplité interne, du nerf tibial postérieur et des nerfs plantaires.
Troubles vaso-moteurs assez accentués. Refroidissement du pied. diminution de la sudation. OEdème à la fin de la journée.
Réflexes plantaire et achilléen nuls à droite. Peu de troubles des réactions électriques. Atrophie notable de la cuisse et de la jambe.
Le 23 juin 1915, c’est à dire près sept mois après l'intervention, iln'y a qu'une amélioration très lente des troubles moteurs et les phénomènes douloureux persistent encore bien qu'atténués.
En somme, insuccès de l'opération.
Les cinq interventions qui suivent ont été relatées par MM. les
Professeurs Pitres et Testut dans leur rapport mensuel de décembre 1915 (18).
OBservarTion XIX
Plaies par balle du bras droit. — Fracture de l’humérus. — Causalgie intense du médian. — Injection intra-tronculaire d'alcool dilué à 60 degrés. — Guérison.
Joseph G..., soldat au 296° régiment d'infanterie, blessé le 15 juin 1915, à Notre-Dame-de-Lorette, par une balle entrée à la face postérieure du bras droit, à 10 centimètres au-dessus de l’olécrane, sur la ligne axiale ; sortie à la même hauteur, à 2 centimètres en dedans de la ligne axiale antérieure, après avoir fracturé l’humérus.
A commencé à souffrir de douleurs brûlantes très intenses de la paume de la main aussitôt après la blessure et n’a pas cessé d’en souffrire depuis.
Arrivé dans le service de neurologie le 30 octobre 1915.
Fracture bien consolidée. Cal ni difforme, ni exubérant. Cicatrices cutanées souples. Pas de névrome senti le long du trajet vasculo-nerveux du bras; la pression au-dessous de la blessure provoque une
irradiation douloureuse jusqu'aux extrémités des doigts,
Eee LES
Causalgie de la main droite toujours très violente avec paroxysmes causés par le bruit, les mouvements, les émotions.
Le malade reste couché, la main en écharpe, entourée d'un volumineux pansement qu'il maintient toujours humide.
Main mince, eflilée, légèrement déviée vers le bord cubital. Peau rosée, recouverte de plaques d’écailles épidermiques. Déformation des ongles. Doigts en hyperextension. Mouvements volontaires du poignet et des doigts possibles mais lents, par crainte de provoquer les crises douloureuses. Secousses musculaires irrégulières au cours de ces mouvements. Atrophie légère des éminences thénar et hypothénar et de l'avant-bras.
L’exploration électrique révèle de l'inexcitabilité faradique avec inversion de la formule et secousses brèves au galvanique.
La sensibilité est difficile à rechercher ; elle paraît conservée, mais le moindre contact de la paume de la main et des doigts dans le territoire du médian provoque des sensations douloureuses très vives.
Pulsations de l'artère radiale normales.
Malade inquiet, irritable, toujours préoccupé de ses douleurs. Il s'isole durant le jour et prétend ne dormir que quelques heures chaque nuit.
Du 30 octobre au 22 novembre, son état n'ayant subi aucune modification, nous nous décidons à le faire opérer.
Le 23 novembre, 149 jonrs après le début de la causalgie, une incision est pratiquée au-dessus du niveau de la plaie de sortie de la balle. Le nerf médian élant découvert et paraissant inaltéré, on passe audessous de lui un fil de catgut et, après l'avoir légèrement soulevé, on injecte dans sa partie centrale 4 centimètre cube de solution alcoolique à 00 degrés.
Suites opératoires normales, Cicatrisation de la plaie per primam.
Dès le lendemain de l'opération, le malade se déclare très soulagé. Les douleurs brülantes ont presque complètement disparu. Il a bien dormi la plus grande partie de la nuit. Il n'éprouve plus le besoin de mouiller constamment sa main.
Les jours suivants, la guérison s'affirme, G... devient moins maussade. Il ne redoute plus les bruits ni les secousses. Il laisse examiner sa main sans appréhension. Les mouvements des doigts deviennent plus
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amples. Il nous demande instamment de le laisser rentrer dans sa famille. Nous l’évacuons, guéri de sa causalgie, le 13 janvier 1916, en le propasant pour la réforme temporaire avec gratification.
OBservaTIoN XX
Causalgie du médian. — Injection au-dessus de la lésion. — Guérison.
Le soldat Charles G..., du 162° d'infanterie, a été blessé le 25 septembre 1915, à Saint-Hilaire, d'une balle à l'épaule droite qui est entrée au niveau du sillon delto-pectorai, à 6 centimètres au-dessus du bord inférieur du grand pectoral. Pas de porte de sortie. Les radiographies n’ont pas permis de déceler la présence du projectile dans le tissu.
Apparition immédiate de violentes douleurs causalgiques dans le territoire du nerf médian. Tous les mouvements volontaires sont abolis pour les fléchisseurs, les abducteurs, les adducteurs de la main, les interosseux,les fléchisseurs et les extenseurs des doigts.
Tous les mouvements passifs sont abolis du fait de la résistance qu'oppose le malade par suite de la douleur.
Quelques mouvements ébauchés et très douloureux pour les autres groupes musculaires.
Anesthésie au contact avec hyperesthésie à la piqûre et paresthésie dans tout le domaine du médian.
Abolition de l’excitabilité faradique avec hypoexcitabilité galvanique R. D. et secousses lentes pour le nerf médian et tout son territoire musculaire, ainsi que pour l’adducteur du pouce. Troubles vaso-moteurs de la main. Glossy-skin. Dystrophie des ongles.
Le 10 décembre 1915 (77 jours après la blessure), découverte du médian dans le creux axillaire, injection dans le bout central du nerfde 2 centicubes d'alcool à 60 degrés.
Dès le lendemain, le malade déclare qu'il ne souffre plus; les jours suivants, les troubles vaso-moteurs de la peau s’atténuent, les mouvements des doigts deviennent plus faciles. La guérison de la causalgie persiste sans rechute le 25 décembre.