USE
Ces interventions, comme le disait récemment Lecène à la Société de Chirurigie, nous semblent devoir être réservées aux lésions définitives des parois intestinales, aux lésions irrémédiables.
Tel n’est pas le cas, en général, dns l'affection qui nous occupe, où nous ne rencontrons que des lésions péricoliques, avec intégrité le plus souvent parfaite, des tuniques de l'intestin. ST. |
L'intervention rationnelle doit être conduite, nous semble-t-il de la façon suivante :
L'incision, d’abord, sera large et variera de siège suivant la localisation des lésions. Le plus souvent, elle sera latérale droite, incurvée le long des fausses côtes pour rejoindre la ligne médiane entre l’appendice xyphoïde et lombilic.
Quand il s’agit d’épiploïte avec brides siégeant sur le transverse, il Y‘aura intérêt parfois à passer par la ligne médiane.
Exceptionnellement, la voie latérale gauche sera indiquée : cette voie donnera accès sur la région de l’angle splénique.
Le ventre est ouvert avec les précautions ordinaires, et tout de suite nous examinons la région iiéo-cœcale.
Nous pratiquons alors l’ablation de l’appendice, et la libération systématique de l’angle iléo-cœcal, par la résection de la bride de Jackson, qui coude Ia fin de l’iléon :
(nous disons résection et non seulement section de cette bride).
Le cœcum est examiné. Généralement il se présente à nous dilaté et mobile et quelquefois, c’est là la seule lésion avec une bride de péricolite à la limite du cœcum et du côlon ascendant.
M. Rudelle, d'Agen, a coutume, dans tous ces cas, de pratiquer la cœcoplicature, suivant la technique de Pierre
Duval, sur les bandelettes longitudinales, avec des fils de lin non résorbables.
Les fils noués sont laissés libres et serviront à la fin à la cœcopexie dans les parois.
De proche en proche, le côlon ascendant est attiré, et le vélum péricolique excisé. Cette libération du côlon se fait sans aucune hémorragie, car ce vélum n’a pas à proprement parler d’adhérences avec la séreuse du conduit intestinal. L’angle sous-hépatique est ensuite attiré et libéré. C’est le point délicat de l’intervention, car souvent les brides sont très serrées à ce niveau, attirant l’angle très en arrière : comme la paroi intestinale est remarquablement mince, on pourrait l’intéresser au cours de cette libération.
Du reste, presque constamment, nous trouvons de lépiploïte au niveau de cet angle, et devons pratiquer le décollement côlo-épiploïque, depuis cet angle jusqu’à sa limite, sur le transverse, où nous retrouvons l’épiploon non enflammé, et l’intestin de calibre normal.
Le décollement de l’épiploon est plus laborieux au niveau de l’angle que sur le reste du tractus.
C’est vraiment là, au cas de brides et de paquets d’épiploïte indurés, et très adhérents que l’on rencontre des difficultés. Les autres parties de la libération sont simplement minutieuses. Nous voyons sous la main le côlon reprendre son calibre normal à mesure que la libération avance et que le volume est excisé. l’épiploon après le décollement est excisé par petits paquets.
Quand la libération paraît complète, et que le calibre au boyau est uniforme, le tout est simplement rentré dans le ventre sans aucune fixation, sauf au niveau de l’angle hépatique, quand son décollement est poussé très loin, et qu’il tombe dans la cavité abdominale. « Nous’ ne fixons jamais le transverse et jamis le côlon ascendant. » (Rudelle).