OBSERVATIONS
dues à l’obligeance de M. le Docteur RUDELLE, d'Agen,
Ancien interne en chirurgie des hôpitaux de Paris.
M"° L..., 57 ans, constipée toute sa vie, ne va à selle que tous les 8 ou 10 jours, avec l’emploi de purgations et lavements répétés.
En est arrivé à ne pouvoir s’alimenter qu'avec des liquides. L’eau sucrée est, depuis un mois, sa seule nourriture. Dyspepsie hypersthénique avec brûlures très intenses que rien ne peut calmer.
Examen radioscopique. — Pas de signes d’ulcus, mais hypersthénie manifeste; péricolite ascendante et épiploïte transverse; encoches multiples avec intestin moniliforme dans toutes les positions et toutes les pressions à la main.
Durée de la progression de la gélobarine : transit. très retardé, au-delà de 24 heures, avec stase iléale.
Intervention. — 27 maïl1921. Laparotomie médiane très étendue, qui permet la libération de tout le colon et la résection par petits paquets de tout le grand épiploon, après décollement colo-épiploïque.
= fo
Résultats. — Les suites opératoires ont été très simples. Les selles sont régulières et le sont demeurées depuis. Revue en très bon état, le 15 septembre 1922. L'amélioration a persisté et s’est même accentuée. Les troubles gastriques ont complètement disparus.
Il Al
M. CI, 45 ans. Etat général très mauvais. Crises subintrantes de subocclusion, dont une crise ayant duré plusieurs jours, et pour laquelle l'établissement d’un anus artifficiel avait été envisagé. Le syndrome de Kônig est, chez ce malade, schématique et le malade le raconte dans tous ses détails. Toute alimentation étant devenue impossible, et les souffrances intolérables, le malade accepte facilement l'intervention.
Examen radioscopique. — Stase iléale avec niveau horizontal, de Ia bouillie opaque, dans plusieurs anses, comme dans les cas de sténose de l'intestin grêle avec stase cœcale. Dans le cas présent, il y a sténose (vérifiée à l’opération) sur l'intestin grèle et le gros, avec obstacle cœco- ascendant, Observé pendant 8 heures, sans modification aucune des déformations.
Intervention. — 15 mars 1921. Je pensais vraiment trouver chez ce malade une rétrécissement organique de l'intestin, probablement tuberculeux.
Il n’en fut rien, mais la péricolite était extraordinairement serrée. Le calibre du colon droit et de l’angle hépatique était réduit au volume d’un crayon. La bride de Jackson était extrêmement développée, et l'embouchure de l’iléon était coudée très fortement. Je supprimai le voile membraneux et je vis, sous mon doigt et mes ciseaux, le côlon reprendre progressivement son volume normal. Les suites opératoires furent très simples. L'état général du malade est très amélioré, il mange de tout et l'intestin fonctionne normalement ; mais le malade qui était habitué à la morphine avant l'intervention continue malheureusement à se livrer aux mêmes piqüres.
hr
M'° M..., 20 ans. Ne vit que de liquides, et ne va à la selle que tous les quinze jours. Crises douloureuses fréquentes allant jusqu’à l’occlusion. Dit avoir dépensé une fortune (30.000 francs) pour se soigner en vain. Rien n’a pu la soulager. Il y a en plus des signes de dyspepsie hyperchlorhydrique qui ont fait penser à un uleus.
Examen radioscopique. — Sur le côlon droit, à la partie moyenne, bride qui ne laisse rien passer. L'image est la même DEA 36 heures.
Intervention, 20 juin 1922. — Incision latérale droite, On trouve une péricolite interne avec une bride très serrée, conslituée par de l’épiploite enroulée autour du côlon ascendant, Libération et résection de l’épiploon ainsi que toutes les br ides de péricolite. L’'opérée a repris 6 kilos en quelques semaines. Ses troubles d’hyperchlorhydrie ont persisté pendant plusieurs mois, |
Revue 14 mois après son opération en très bon état, se plaignant plus de rien.
M°° L..., 65 ans. Aspect général de néoplasique. Teint jaune paille. Se plaint de douleurs abdominales avec constipation opiniâtre. Perte de l'appétit. Amaigrissement énorme.
La palpation du ventre est douloureuse du côté droit et jusqu’à la ligne médiane sur le trajet colique.
Examen radioscopique. — Celui-ci permet d’éliminer le néo, mais brides à l'angle hépatique et sur le côlon transverse, jusqu’à la ligne médiane. Le cœcum est immobilisé dans la fosse iliaque droite. Accolement en canons de fusil des deux branches de l'angle colique droit, qui n’ont pu être dissociées à Ja palpation. La palpation précise nettement sur l'écran le lieu malade, mais pendant deux jours ces lésions arrêtent tout passage de la bouillie opaque.
= he
Intervention. Le 8 avril 1922. — Laparotomie latérale qui amène sur le côlon droit. Il y a une épiploïte avec coudure adhérente qui rétrécit considérablement le calibre colique.
Décollement de lépiploon avec résection de celui-ci, et les brides de péricolite sont excisées suivant la technique habituelle. Cette libération est particulièrement Iaborieuse.
Le résultat a été bon dès les premiers jours. Revue 6 mois après, la malade est enchantée, ne souffre plus, s’alimente normalement et a changé son teint pour un teint tout à fait normal. Elle a repris plusieurs kilos.
M°° L..., 33 ans. Conslipée chronique avec teint stercorémique, Syndrôme dyspeptique extrêmement marqué. Demande elle-même l'intervention, poussée par une amie déjà opérée pour la même affection.
Examen radioscopique. — Plusieurs brides étagées depuis le cœcum jusqu’au milieu du transverse. La bouillie n’avancé que très lentement,
Intervention. Le 12 juin 1922, — Laparotomie latérale droite incurvée comme de coutume. Libération assez simple et complète de l'intestin. Fixation du cœcum après cæœcoplicature.
Amélioration immédiate, mais les troubles gastriques persistent encore actuellement, quoique moins marqués. Il y a une augmentation sensible du poids, et les fonctions de l'intestin sont très sensiblement normales.
M"°F..., 50 ans. Véritable infirme du ventre, ne pouvant aller à la selle que rarement avec purges et lavements. Teint jaunâtre. Aucune amélioration par les divers traitements médicaux appliqués.
Examen radiologique. — Brides sur le côlon. Rien n’a
passé par l'angle colique droit 20 heures après la prise de gélobarine. 4 heures plus tard : aucun progrès. Un troisième examen montre que la bouillie dessine un intestin moniliforme que ne corrige pas la pression manuelle.
Intervention. Le 24 juin 1922. — Libération par excision des voiles péricoliques et du grand épiploon. Les suites ont été bonnes. La malade se déclare améliorée, son aspect général est bon, mais elle se plaint de souffrir encore de façon discontinue; elle ne va régulièrement à la selle qu'avec de l'huile de paraffine chaque jour répétée.