Le Dentu et Delbet
systématiquement la ligature du deuxième canal déférent au Cours d’une opération unilatérale ; on évite à la'fois et la récidive du côté du testicule sain et l’évolution maligne des lésions prostatiques. » | Lorsque Legueu a fait [à castration unilatérale et qu'il trouve des lésions de la vésicule du côté sain il supprime donc toute communication entre le testicule sain et la vésicule ;ilisole la glande génitale des voies spermatiques supérieures, mais pourquoi tout d’abord, puisque le sujet est rendu infécond, mettre une si faible barrière entre les voies spermatiques saines et celles infectées ? Ne faut-il pas mieux faire comme l’indique le D: Lapeyre, une exérèse aussi large que possible de l’épididyme et du déférent ?
Il y a 26 °/, de récidives du côté opposé, il est vrai, : mais ici se pose une question qui ne devrait pas être débattue si la médecine était une science théorique répondant à des lois bien établies, mais notre art doit se conformer à l’état actuel de La société qui nous permet ou nous oblige à faire une distinction suivant la position sociale du malade à opérer. Mettons les choses à l’extrême.
Avons-nous affaire à un homme marié, déjà père de plusieurs enfants qui ne doit passe ménager pour gagner la vie des siens, dont la disparition plongerait la famille entière dans la misère, dont les enfants seraient ainsi : plus exposés aux infections et qui pourraient voir leur existence menacée, ou au contraire est-on en présence d’un malade aisé célibataire ou marié sans enfant. qui . peut suivre le traitement médical de toutes les tubercu-
loses locales : cure d'air, cure de repos, suralimentation, stations climatériques ?
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Ce sont,on le voit, deux cas bien différents. Ce dernier est dans les meilleures conditions pour guérir, l’autre ne l’est pas et de plus il faut qu'il vive. Doit-on au prix d’une future procréation hypothétique laisser ce malheureux susceptible d’avoir son deuxième testicule envahi et subir une opération, une émasculation dont la conséquence immédiate serait de le rendre moins apte à son travail ? Fig
La question devient donc complexe et délicate. Dans ce dernier cas si j’ai été obligé de faire la castration unilatérale, je n’hésiterai pas à lui pratiquer une vasoépididymectomie du côté opposé si les vésicules et,.la prostate présentent des lésions bilatérales, et même sachant combien souvent la prostate et les vésicules sont envahies lorsque le processus tuberculeux a eu le temps de se propager au testicule et le léser à tel point que son ablation soit indispensable, je n’hésiterai pas dans les cas douteux à pratiquer une exérèse de l’épididyme et du déférent du côté opposé, ne voulant pas faire courir à un malade qui ne viendrait pas souvent consulter après une opération unilatérale, les inconvénients d’une émasculation totale.
Mais vis-à-vis d’un malade qui a le temps et les moyens de se soigner, qui pourra être suivi attentivement, je songerai qu’il n'y a que 26 °/, de récidives et je n'interviendrai pas si j'ai été obligé de faire une castration unilatérale, les lésions de la prostate et de la vésicule du côté sain étant peu apparentes. Je n’interviendrai que lorsqu’il y aura de très grosses lésions des voies spermatiques supérieurs du côté sain, rendant presque impossible la non infection du déférent et de l’épididyme correspondants.
Nous avons encore d’autres cas à considérer. Les deux épididymes peuvent être atteints avec ousans coexistence de lésions testiculaires.
Doit-on faire une opération double ? Pauchet répond par la négative : « Si le malade se présente avec des lésions bilatérales, si en même temps son état général est précaire, il vaut mieux s’abstenir d'interventions radicales, » (1)
Pourquoi cette abstention ? Alors que Haas dans la castration unilatérale n’a que 46 °/, de guérisons, il en accuse 56 °/, pour castration double.
Ici nous appliquerons les règles développées dansles
indications opératoires. Si l’état général est satisfaisant et si l’appareil génital seul est atteint de tuberculose, pourquoi ne pas opérer ? C’est en effet dans ces cas qu'on obtient de beaux succès par la vasoépididymectomie double comme on peut le voir par les observavations qui suivent.
Il est bien rare qu’un malade vienne consulter alors qu’il est porteur de lésions doubles des testicules, il y aura bien toujours sinon un testicule entier sain, tout au moins une partie d’une glande à conserver qui suffira à parer à bien des ennuis futurs.
Que peut-on reprocher à la vasoépididymectomie bilatérale ?
Limiter le pouvoir procréateur d’un individu. Il y a un testicule sain, un épididyme et un canal déférent qui semblent non lésés avec une vésicule séminale et une
prostate augmentées de volume et bourrées de noyaux, on peut objecter que si l’on fait une extirpation dufdéférent et de l’épididyme, on rend ce malade stérile,