‹ Contribution à l'Étude du Traitement Chirurgical Des Vertiges labyrinthiquesChapitre 16 sur 26 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous voulons simplement montrer dans ce chapitre, comment en présence d'un malade qui se plaint de vertiges, le médecin peut arriver à un diagnostic exact et complet, quelle est la marche à suivre et la série de problèmes à résoudre.

Il lui faut :

r) reconnaître le vertige ;

2°) reconnaître son origine;

3°) préciser le siège de la lésion ;

4°) préciser la nature de la lésion.

I. Diagnostic du vertige. — Reconnaitre le vertige est chose aisée généralement. Rappelons ce que nous disions au début de ce travail. Un sujet a du vertige quand il voit les objets tourner, où se déplacer autour de lui, ou quand lui-même croit être entraîné, ou se déplacer par rapport aux objets environnants.

Il y a cependant un certain nombre de causes d'erreurs à éviter

a) La perte de connaissance. — Dans le vertige,le malade garde conscience de ce quise passe autour de lui. Charcot faisait même de cette conservation de la conscience une loi absolue. En réalité, la plupart des otolo-

gistes admettent aujourd’hui dans certains cas de ver-

tige de Menière, la possibilité de la perte de connaissance. Mais le fait, à coup sûr, est exceptionnel.

b) Les troubles vagues et mal définis des neurasthéniques. — Rangés d’ailleurs parfois sous le nom mauvais de vertige névropathique, ils ne sont le plus souvent, comme le fait remarquer Déjerine, que des phobies, conséquences d’auto-suggestion, et les troubles objectifs que l’on peut observer ne représentent pas, comme dans le vertige de Menière, par exemple, des altérations bien grandes de l’équilibration.

c) Plus difficile parfois est de distinguer le vertige de certains troubles rencontrés chez les hypertendus, les gens âgés où entrent à la fois des phénomènes cérébraux, cardiaques et visuels et qui consistent surtout en obnubilation passagère, sensalion d'angoisse, éblouissements.

IL Diagnostic de son origine. — C'est là problème souvent délicat. Pour nous, otologistes, il nous faut :

a) Savoir reconnaître le vertige labyrinthique ;

b) Connaitre, pour pouvoir les éliminer, les autres causes de vertige.

CARACTÈRES DU VERTIGE LABYRINTHIQUE. — Le vertige labyrinthique a ses caractères bien définis :

a) Le vertige. — C'est peut-être dans le vertige labyrinthique que le sujet a le plus nettement cette sensation que « tout tourne » et qui doit immédiatement attirer l'attention du côté de l'appareil vestibulaire.

Les troubles de l’équilibration qui l’accompagnent présentent en outre des caractères spéciaux et vraiment pathognomoniques. Nystagmus, troubles de la station,

ca LE

troubles de la focomotion se montrent ici avec des particularités bien nettes. Un labyrinthique ne marche ni ne tombe comme un cérébelleux. Nous ne saurions au reste insister sur ces faits parfaitement bien décrits dans les divers ouvrages d’otologie.

b) Phénomènes concomittants. — Le vertige labyrinthique est rarement un phénomène isolé. Le plus souvent il s'accompagne de troubles de l'audition, fait important et qui doit presque d'emblée faire poser le diagnostic. Ce n’est cependant pas là une association constante et l’on peut voir de grands vertiges labyrinhiques survenir sans l’atteinte du nerf cochléaire. Dans ces cas, Hautant et Ramadier ont montré que la syphilis était souvent en cause.

Très importante encore est la présence de bruits subjectifs, également celle de nausées et de vomissements.

I! est enfin toute une série de symptômes accessoires dont la présence est d’ailleurs inconstante, tels : la diarrhée, les phénomènes vaso-moteurs. 3

c) Epreuves nystagmiques. — Epreuves capitales, elles permettent de reconnaître l’état fonctionnel de lappareïl vestibulaire, son degré d'excitabilité. Elles sont aujourd'hui la base de toute exploration de l'oreille interne.

AUTRES GAUSES DE VERTIGE. — Elles sont assez hombreuses. Examinons-en les principales : |

Le vertige visuel. — Il apparaît comme conséquence d’une diplopie de cause variable, des paralysies unilatérales ou des contractures des muscles de l'œil par lésion centrale ou périphérique.

nt ah RS ET STEP AE LE D LOT EE LEE

Le vertige cérébelleux. — Moins intense en général, moins violent également, il ne constitue qu’un symptôme accessoire du syndrome cérébelleux.

Le vertige épileptique. — On décrit souvent sous ce nom les accès de petit mal dans lesquels le malade pâlit et parfois s’affaisse brusquement sans convulsions. En réalité, le véritable vertige épileptique c’est l'aura vertigineuse qui se produit comme prodrome soit d’une petite attaque, soit d'une véritable grande attaque convulsive.

Le vertige réflexe. — La variété la plus intéressante en est le vertige stomacal, décrit autrefois par Trousseau. Mais ce n'est là, semble-t-il, qu’une entité clinique dont la pathogénie n’est pas encore nettement élucidée.

Telles sont les principales causes de vertiges. Il y en a d’autres et nous ne pouvons songer à les énumérer toutes. Ajoutons quil ne s’agit ici que d’une différenciation purement clinique.

III. Recherches du siège de la lésion. — Nous avous vu tout à l'heure que le vertige labyrinthique était dû à une irritation des voies vestibulaires ; or, celles-ci constituent un système s'étendant du labyrinthe

membraneux à l’écorce cérébrale. Il y a donc lieu de rechercher les caractères différentiels que peut présenter

un vertige selon le siège de l’irritation.

C’est là, il faut bien l'avouer, chose fort difficile, et avec Escat (1), lui-même d’accord avec Bonnier, « nous

reconnaîtrons que la physionomie du seul symptôme

1. Escat, Artériosclérose du labyrinthe et des centres acoustiques (Annales des maladies de l'oreille, 1906).

Page 1