‹ Contribution à l'Étude du Traitement Chirurgical Des Vertiges labyrinthiquesChapitre 5 sur 26 · Leroux (art. Vertige. Dict. encyc. des sc. médicales · texte numérisé non relu

Leroux (art. Vertige. Dict. encyc. des sc. médicales

3. Grainger Stewart (Clinical lectures on giddiness. Edimbourg, 1884).

de l'instabilité denotre position dans l’espace, relativement aux objets environnants. »

Guéneau de Mussy (1) pense que le vertige «est un trouble cérébral, une erreur de sensation,sous l'influence de laquelle le malade croit que sa propre personne ou les objets environnants sont animés d’un mouvement giratoire ou oscillatoire ».

Et si nous ne craignions d’allonger inutilement ce chapitre nous pourrions encore citer Mackensie, Achard, Ranjard. « C’est qu'il n’est pas très aisé de donner une bonne définition du vertige » dit Grasset. Et si l’on cherche à creuser plus avant le problème, et à analyser du point de vue physiologique, le vertige on se trouve là encore en présence de conceptions diverses.

Pour Grasset (2), premier principe à bien poser « le vertige est une sensation, un phénomène subjectif de conscience ». Sensation vertigineuse et vertige se confondent ; mais ce quil faut distinguer du vertige, c’est le déséquilibre qui peut en être la conséquence. « Quand un individu est jeté à terre sans sentir le vertige, ce n’est pas du vertige, c’est de l'entraînement, de la propulsion, du déséquilibre, mais il n’y a pas vertige s’il n’y a pas perception. Et cette sensation qui constitue l’essence du vertige, sensation fausse bien entendu, est constituée en réalité par deux sensations : une sensation de désorientation, et une sensation de perte de l'équilibre.

1. Guéneau de Mussy, cité par: Déjerine (in Séméiologie des affections du système nerveux).

2. Grasset, le Vertige (Revue philosophique, 1901, mars et avril et Maladies de l'orientation et de l'équilibre. Paris, 1901).

Mais Bonnier (loc. cit.) n’accepte pas cette théorie et sépare du vertige la sensation vertigineuse. Celle-ci n'est que la perception du trouble (du trouble moteur). Celui-là est le trouble lui-même. La conscience d’un état n'est pas cet état lui-même.

Quoi qu’il en soit de tout ceci, et s’il semble vraiment bien difficile de donner une définition physiologique claire et exacte du mot, cliniquement le symptôme est précis et seul ce point de vue nousintéresse. Un sujet a du vertige quand il voit les objets environnants tourner ou se déplacer autour de lui, ou quand lui-même croit être entraîné, se déplacer par rapport aux objets environnants. À cette sensalion, s'ajoutent le plus souvent des troubles objectifs d’incoordination motrice se traduisant par l'impotence fonctionnelle de la station et de la locomotion (inclinaision, ‘latéro-pulsion, rotation à droite ou à gauche, chute en avant ou en arrière, effondrement, dérobement). Mais ces deux éléments souvent réunis et plus ou moins confondus peuvent être disso-

ciés.

Classement des vertiges (1)

A l’état normal, l’équilibration de l’homme se fait par «une fonction centripète d'orientation, une fonction

centrifuge d'équilibre, l’ensemble des deux formant une

1. Nous avons écrit ce chapitre en grande partie d'après Grasset (loc. cit.),nous n'avons fait d’ailleurs qu'esquisser rapidement la question pour nous permettre seulement de bien situer le vertige labyrinthique et montrer les difficultés possibles du diagnostic étiologique des vertiges.

J. Durand 2

fonction plus complexe que l’on peut appeler la fonction d’équilibration ».

Les voies centripètes d'orientation sont nombreuses. On en distingue trois principales :

a) Les voies kinesthésiques (sens musculaire) et de la sensibilité tactile ;

b) Les voies de l'appareil labyrinthique (vestibulaire surtout) ;

c) Les voies optiques. :

Les centres sont multiples. Le cervelet en est le moins discuté.

Les voies centrifuges de l'équilibre sont le faisceau pyramidal, le faisceau cérébelleux descendant, le faisceau rubrospinal.

C'est du trouble de l'appareil de l'orientation et des centres que naît le vertige, d'où deux grandes classes de vertiges :

Les vertiges périphériques ; j

Les vertiges centraux.

Vertiges périphériques. — Ce sont les vertiges produits par l’altération fonctionnelle de l’une des trois grandes voies d'orientation que nous avons étudiées. Il nous faut donc distinguer :

Les vertiges d'origine kinesthésique : dans ce groupe rentre le signe de Romberg, qui n’est à proprement parler qu'une sensation de désorientation et de déséqui libre ;

Les vertiges labyrinthiques ;

Les vertiges visuels.

Vertiges centraux. — Le mieux connu et indivi-

dualisé est le vertige cérébelleux, et l’on sait en effet que le vertige fait partie intégrante du syndrome cérébelleux.

Page 1