C. Les procédés
Avant de procéder aux manipulations, on examinera le
ventre à l’aide de la percussion et de la palpation.
Comme une précaution importante est de ne pas surprendre le malade par une pression brusque, il faut commencer par des pressions douces et lentes et s'assurer de la souplesse des parois abdominales. Il faut aussi parer à la difficulté qui réside à masser les personnes chatouilleuses ; pour cela, nous conseillons de placer la main du malade sous celle du médecin, les deux ou trois premières fois : après ce temps, le malade est habitué et retire de lui-même sa main.
Il faut donc commencer par le massage des muscles abdominaux : c’est d’abord un effleurage des muscles droits, puis un eflleurage des muscles obliques ; puis des pressions et des malaxations légères, lentes, en prenant assez de soin pour ne pas pincer la peau, en n'allant pas assez profondément pour arriver aux viscères.
Ensuite, enfonçant progressivement la main on pétrit et on malaxe l'organe lui-même qui, aussi abordé lentement, est pour ainsi dire contenu dans votre main.
Siles muscles abdominaux ne se sont pas relàchés et présentent ainsi, par conséquent, une barrière ligneuse aux manipulations, au lieu des pressions et des pétrissages. on fera avec le bord de la main raidie des hachures sur la région à explorer. Ce procédé est malheureusement un peu douloureux.
Hirschberg conseille de terminer la séance par le mouvement de tremble de Georgi. Il conseille aussi, quand la région gastrique est trop douloureuse, d'employer le »1assag'e doux.
« La première partie de la séance est la même que dans le massage profond et consiste dans le massage des muscles
abdominaux. La deuxième partie se compose des mouvements d’effleurage et des frictions, produits avec la pulpe des doigts dans la direction de la grande courbure vers le pylore, dans la région de l’épigastre et autour del’ombilic. Ces mouvements seront très légers. On doit à peine toucher la peau. Mais l'eflet estnéanmoins très énergique, puisque nous voyons sous leur influence, par voie réflexe, se reproduire des contractions de l'estomac très fortes. Les pressions douces qui agissent comme calmant sont celles qu’on produit en appliquant la paume de la main sur la région stomacale, et en la laissant immobile, exerçant seulement une pression légère pendant quelques secondes jusqu’à une ou deux minutes. »
En général, l'énergie avec laquelle on doit masser varie avec les malades, avec les maladies, et quelquefois avec les jours. Le patient peut être plus ou moinsirritable. Il faudra raturellement masser plus doucement les femmes et les enfants; plus doucement aussi, pendant les premières séances que dans les suivantes.
Il ne faut pas masser l'abdomen d’une femme pendant qu'elle a ses règles ; il est courant d'observer une augmen-
‘tation de pertes à la suite des séances de massage. Des médecins ont même utilisé cette particularité dans des cas de dysménorrhée.
” On a beaucoup discuté sur la question de savoirs'il fallait masser à sec ou en se servant d’un corps gras. Je préfère me servir d'huile d'amandes douces ou d'olives : on évite ainsi aux malades dont l'abdomen est pourvu de poils quelque-
fois fort nombreux, des sensations fort désagréables. Je
proscris absolument la vaseline qui a l'inconvénient de rendre les ongles cassants.
Combien de temps doit durer chaque séance ? En général, pas plus de 15 à 20 minutes ; les premières séances surtout doivent être très courtes. Une séance plus longue serait trop fatigante et de plus inutile. Après 20 minutes les malades ressentent déjà une fatigue telle que la plupart ne demandent qu’à dormir. |
D'ailleurs, ainsi que l’a montré Maggiora (Archives de Biologie, 1892), l’action bienfaisante du massage n’est pas proportionnelle à sa durée. Cet auteur, expérimentant sur les muscles des doigts, a trouvé qu’un massage de cinq mi-
nutes déterminait une action à peu près maxima.