‹ Contribution à l'étude du traitement de certaines affections des voies digestives par le massageChapitre 8 sur 20 · I. — Esromac · texte numérisé non relu

I. — Esromac

« Pendant que nous voyons le massage des intestins tout à fait entré dans la pratique journalière, le massage de l’estomac est à peine ébauché.

» Nous ne comprenons pas pourquoi on a si peu songé jusqu’à présent à appliquer le massage dans le traitement des maladies de l’estomac. On cherchait par l'application de l'électricité à animer les contractions de l'estomac, on appliquait la pompe stomacale pour le débarrasser de son contenu dans des cas de dilatation; pourquoi n'a-t-on pas songé au massage, c'est un agent au moins aussi efficace que les autres moyens employés jusqu’à présent pour animer les contractions de l'estomac ?

» Il est vrai que de temps à autre nous trouvons le massage de l'estomac mentionné dans les écrits de différents médecins. Ainsi Georgi excite la tunique musculaire et la

muqueuse stomacale en imprimant un mouvement de tremble sur les fausses côtes gauches, dans la direction de bas en haut et de dehors en dedans. Ce mouvement agit sur la membrane musculaire de l'estomac. Percyet Laurent disent que certaines personnes accoutumées à manger beaucoup ne digèrent pour ainsi dire qu'à coups de poings; il faut qu'elles sefrappentlecreux de l'estomac avec la main ouverte et fermée, autrement les gaz qui les accablent ne pourraient s'échapper et la digestion n'aurait lieu que très lentement et très imparfaitement. D'après Arétée, dans les aigreurs, les renvois acides, les régurgitations, rien n'est plus favorable que le massage. » (Rubens Hirschberg, thèse de 1889).

Et cette action du massage se comprend d'autant mieux quand on connaît la facilité avec laquelle la main peut, pour ainsi dire, aller sur l'estomac lui-même éveiller ou exciter la contractilité musculaire.

On connaît l'élément moteur de l'estomac. C'est « une tunique charnue assez faible, à contractions rares et incapable de grands efforts, au moins chez l’homme et les mammifères voisins. Ces contractions péristaltiques, qui transportent, par une espèce de déglutition, le contenu de l'estomac du cardia au pylore et de là dans l'intestin. sont excssivement douces et lentes ». (Küss et Duval.)

Cette tunique musculaire se compose de fibres longitudinales allant d'une tubérosité à l'autre, de fibres circulaires ou en anses, entourant l'estomac, et enfin de fibres elliptiques, partant du voisinage du pylore pour se porter obliquement à gauche et former ce qu'on appelle la crarate de Suisse. M. Sappey paraît considérer comme faisant

partie de cette crarale les fibres circulaires entourant la petite courbure; cette opinion est rejetée par M. Laborde.

Si l’on veut avoir une idée des contractions stomacales, il faut aller cueillir dans l'abdomen d’un chien dont on vient de piquer le bulbe, l'estomac que l’on plonge immédiatement dans un bain d’eau salée à 37 degrés. Le moyen est artificiel, mais l'expérience représente aussi nettement que possible les mouvements d’un organe qui, extrait de l'animal, n’est plus soumis à aucune influence agissante.

Ce qui caractérise ces mouvements, ce n'est pas seulement le péristaltisme, c'est une sorte de peristallisme rythmique (Laborde). Il commence ordinairement vers le milieu de l'estomac. Quelques auteurs ont prétendu que le péristaltisme rythmique n'existait pas. Schütze, notamment, a voulu prouver que les aliments étaient jetés en bloc de gauche à droite et de droite à gauche, et n'étaient pas pressurés progressivement et circulairement pour ainsi dire : or, c'est faux (Laborde).

C’est Beaumont, avec son Canadien, qui a le premier établi que la masse alimentaire était promenée par les contractions de l’organe, qui commencent immédiatement après l'entrée des aliments dans l’estomac et durent quelquefois encore huit heures après. Beaumont introduisait une petite sonde dans l’estomac, la laissait cheminer en la tenant par un fil, et constatait que les aliments faisaient constamment un tour circulaire.

Lewen et d’autres expérimentateurs ont reproduit la même expérience sur des chiens curarisés et ont obtenu les mèmes résultats.

Brighton croit que la masse alimentaire se divise en deux

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