‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 12 sur 26 · ÉTUDE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CHIMIQUE

Les nombreux travaux qui ont été publiés sur le Somnifene et que nous indiquons dans la bibliographie nous permettront de ne pas exposer en détail la chimie, la pharmacodynamie et la toxicologie de ce médicament, ni les nombreuses expériences qui ont été faites pour aboutir à sa découverte. Il nous suffira de résumer les notions indispensables pour le situer dans le groupe des dérivés barbituriques auquel il appartient.

C’est en 1920 que furent réalisées les premières expé-. riences, à l’Institut Pharmacologique de Zurich, par Thomas-Alday Redonnet, en partant de la malonylurée ou acide barbiturique.

L’acide barbiturique dont nous donnons la formule chimique ci-dessous résulte de l’action de l’acide malonique sur l’urée, avec élimination de molécules d’eau :

H CONH

TA ORES C0 H CONH

Il s’en détache deux atomes d'hydrogène que l’on pourra faire disparaître en leur substituant des radicaux hypnogènes empruntés à la série grasse ou à un élément voisin Pallyl, C° H° par exemple, on non hypnogènes, empruntés à la série aromatique par exemple.

Nous pourrons obtenir, en variant les radicaux de substitution, de nombreux corps aux propriétés très diverses suivant les variétés de combinaisons.

Le véronal ou diéthylmalonyluré contient deux radicaux - hypnogènes : éthyl, CHF :

CH CONH

DAC > CO CAE CONH

Le dial ou diallyImalonyluré qui renferme deux radicaux hypnogènes C° H° :

GE CONH

Ce NEA, C: H° CONH

Le gardenal ou luminal se forme avec un radical hypnogène, éthyl : C? H5, et un radical aromatique : CS H° :

Ces trois corps sont de bons hypnotiques mais d’une posologie délicate. Leurs doses thérapeutiques utiles sont trop voisines de leurs doses toxiques. Leur insolubilité ajoute à ces inconvénients.

Carnot et Tiffeneau attribuent cette toxicité au nombre d’atomes de carbone rentrant dans la combinaison. Ainsi s’explique la plus grande toxicité des composés aromatiques. Le pouvoir hypnotique considérable obtenu se trouve donc trop vite limité par les effets toxiques qui l’accompagnent.

Ce sont les barbiturates contenant le radical allyl qui paraissent les moins toxiques par rapport à leur pouvoir hypnotique. De nombreuses expériences ont montré que l'acide allylisopropyl, d’une valeur hypnotique égale à celle du dial, était beaucoup moinx toxique que ce dernier. D'autre part, on a constaté que la présence des radicaux mixtes paraît exalter la propriété hypnotique.

C’est ainsi que T.-A. Redonnet est arrivé à la formule suivante de l'acide allyl-isopropyl-barbiturique qui renferme un radical isopropyl C* H° et un radical allyl C' HF :

C‘H: CONH

ÈS 60 C*H° CONH

En faisant agir sur ce nouveau corps, de même que sur le dial, une base faible, la diéthylamine, T.-A. Redonnet obtint deux produits stables :

Le diéthylbarbiturate de diéthylamine, Le diallylbarbiturate de diéthylamine, également très solubles dans l’eau.

on —

Leur activité se trouve en outre augmentée de 10 à 20 %.

L'augmentation de cette activité serait due, pour l’auteur, soit à une absorption plus complète, soit à l'influence des substances azotées qui favoriseraient la fixation de l’hypnotique sur le système nerveux.

L'association des deux composés obtenus par T.-A. Redonnet nous donne le Somnifène.

Depuis, Wiki a remplacé dans le mélange l’acide diallyl barbiturique par l'acide allyl-isopropyl barbiturique de même valeur hypnotique mais moins toxique.

Le Somnifène actuel se présente sous la forme d’un mélange faiblement glycériné et alcoolisé.

Chaque centimètre cube contient :

10 centigrammes d’acide allyl-isopropyl-barbiturique ; 10 centigrammes d’acide diéthyl-barbiturique ;

5 centigrammes de diéthylamine.

AD ie

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