‹ Contribution à l'étude du traitement de l'éclampsie par le SomnifèneChapitre 21 sur 26 · OBSERVATION N° IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° IV

S. C.., 23 ans. Primipare. — Eclampsie de la grossesse. Somnifène : 4 ce. — Accouchement prématuré. Enfant né vivant. Guérison.

Le 17 juin entre à la Maternité une jeune femme qui est dans le coma vigil. La présence de son médecin nous facilite l’interrogatoire.

Celui-ci nous raconte avoir été appelé pour la première fois le 14 juin près de sa cliente, atteinte brusquement de crises convulsives.

La malade, qui paraissait jusqu’alors en bonne santé, était tombée brusquement comme frappée du « haut mal » suivant le dires de l’entourage. En présence de cette éclampsie par ictus, le praticien pratiqua immédiatement une saignée de 400 grammes environ et fit une piqûre de morphine. La famille étant hostile à l’hospitalisation immédiate, il prescrivit la diète hydrique, un purgatif énergique et une potion au chloral.

Les urines obtenues par sondage et dont il ne put être fait de dosage contenaient une forte proportion d’albumine.

Du 14 au 17, la malade resta dans un état comateux presque continu. Ses crises, plus légères au lendemain de l’exécution des prescriptions du médecin, se multiplièrent par la suite avec violence. Elle en aurait éprouvé une dizaine.

Dans la nuit du 16 au 17, la malade fut agitée, se plaignit bruyamment. Le médecin qui la visita dans la matinée constata des contractions de l’utérus et, au toucher, diagnostiqua un col en période d’effacement.

L’hospitalisation fut alors décidée.

Nous nous trouvons en présence d’une jeune femme généralement et légèrement œdématisée, plongée dans le coma. La respiration est bruyante et accélérée. Les pupilles sont dilatées. La sensibilité est obtuse,

D’après les renseignements fournis, la grossesse toucherait la fin du huitième mois.

Il est 14 heures, Nous pratiquons un toucher qui nous fait percevoir l'effacement du col et sa perméabilité au doigt.

La tête est engagée en O.I.G.A. Les bruits fætaux sont percus faiblement.

Tension : 17-13. Température : 37°8. Pouls : 100.

Peu après survient une crise convulsive.

Dès les premiers signes nous faisons l'injection endoveineuse de 4 cc. de Somnifène. La crise est jugulée. La malade retombe anéantie, agitée seulement par les douleurs du travail.

Celui-ci se poursuit normalement, sans fatigue ni souffrance excessives.

A la suite de l’injection de Somnifène la malade est d’ailleurs beaucoup plus calme.

Le lendemain 18 juin à midi, la tête fœtale étant au détroit inférieur, nous nous aidons du forceps pour extraire plus rapidement un enfant vivant mais peu vigoureux pesant 1.950 grammes.

La délivrance a lieu 25 minutes après, sans incidents.

A partir de ce moment, la mère, qui n’a pas eu de nouvelles crises depuis l’injection de Somnifène, va se rétablir progressivement.

L'enfant meurt au sixième jour.

Sa naissance avant terme, à 8 mois à peine, sa constitution chétive et la difficulté à le nourrir nous avaient fait prévoir ce dénouement fatal.

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